Je donne

Bénin

CARE a démarré ses activités au Bénin en 1998. Les projets visent l'amélioration des conditions de vie des ménages les plus vulnérables grâce au renforcement des structures communautaires et à la mise en place de mécanismes de gestion avec les structures déconcentrées de l'Etat et les collectivités locales. CARE appuie notamment le Réseau des ONG Béninoises de Santé (ROBS) au niveau institutionnel et programmatique.
La même approche est utilisée dans le secteur de la microfinance. CARE Bénin a sélectionné cinq institutions de microfinance à qui sont fournies des appuis pour renforcer leurs capacités institutionnelles et techniques.
 
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CARE Benin
Lot 51 Patte d’Oie
(Cadjehoun) Cotonou
Bénin
 

Témoignages du terrain

CARE vient en aide aux femmes productrices



Hounssi est la présidente du groupement d’entrepreneurs de Damè-doxo, une ferme située dans la commune de Savalou. Elle est productrice de manioc et de gari soihoui. Grâce au projet de renforcement de l'accès des ménages pauvres aux marchés financiers et de produits (PRORAME), dont elle bénéficie, elle contrôle ses ressources économiques, a amélioré la rentabilité de ses activités, diversifié ses sources de revenus, développé ses compétences et savoir-faire techniques et surtout a développé sa confiance en elle.
Son groupement a acquis une machine agricole qui est utilisée pour les besoins des membres mais qui est aussi mise en location. L’acquisition de cet outil a augmenté leur production. En effet, lorsqu’elles n’avaient pas cet équipement, elles râpaient individuellement une à deux bassines par jour. Aujourd’hui un seul membre peut râper jusqu'à 10 bassines par jour et à moindre coût.
« Grâce à PRORAME, nous avons appris comment faire du commerce, développer nos activités et nos revenus, et appris les techniques de stockage pour une meilleure rentabilité. Ces différentes formations nous ont permis d’être plus compétitives sur le marché.
Les bénéfices issus de nos activités nous permettent de satisfaire nos besoins et ceux de nos enfants, le reste est épargné.
Personnellement la participation à ce projet m’a permis de développer certaines capacités que je n’avais pas. Avant, je ne pouvais pas prendre la parole devant un groupe de 3 à 4 personnes, mais maintenant je peux m’exprimer devant une foule de 1000 personnes sans difficulté. J’ai aussi acquis des aptitudes en comptabilité. C’est formidable
».
 



Au Bénin, grâce au travail de CARE, la justice et les services sociaux interviennent pour soutenir une jeune fille victime de violences

Reportage de Gilbert DEOU Malé, Superviseur de la zone sud, CARE Bénin


Bâtir un monde d’espoir, de tolérance et de justice sociale, ou les populations vivent en sécurité et dans la dignité : un exemple concret.

Incarcéré pour avoir essayé d’empoisonner sa partenaire de 14 ans enceinte, précipitant ainsi un avortement, monsieur AKPLOGAN Efried est appréhendé grâce au travail de suivi de CARE et de son partenaire local.

Du 7 au 8 septembre 2009, Monsieur Marc de Lamotte, directeur de CARE International pour l’Afrique de l’Ouest, a effectué une mission au Bénin qui l’a amené à rencontrer une victime de violence.Situé à une centaine de kilomètres de Cotonou, Sehoue est un arrondissement de la commune de Toffo, dans le département de l’Atlantique au Bénin. La population majoritairement analphabète a comme principale activité l’agriculture.

Le 8 septembre 2009, la délégation de CARE International fut accueillie à Sehoue par la directrice exécutive de l’ONG partenaire de CARE dans la mise en œuvre du projet EMPOWER : SIN-DO. Le coordinateur de CARE au Bénin, le directeur régional, le superviseur de la zone et la directrice exécutive de SIN-DO se sont rendus au domicile de la victime où étaient présents la jeune fille, son père et sa mère, ainsi que son oncle et sa tante.

Résumé des faits
Chimène fréquentait Efried jusqu’au jour où elle découvrit sa grossesse. Lorsque ce dernier lui proposa d’avorter, elle opposa un non catégorique. Chimène vient d’une famille où règne une entente parfaite entre son père et sa mère. Ainsi, tous les membres de la famille savent tout ce qui se passe et maîtrisent les projets de la famille ainsi que leurs sources de revenus. Efried et sa mère ont profité de cette situation d’entente familiale et de la naïveté de Chimène pour l’amener à dilapider l’économie de ses parents. Au total, elle leur a remis 800 000 f CFA (environ $ 1.600).
Avec la complicité de sa mère et de deux amis, l’auteur de la grossesse utilisa une ruse pour amener Chimène à prendre une potion.

Sa mère témoigne :
« Je remercie CARE et je prie pour que cette organisation vive longtemps pour sauver ces milliers d’âmes féminines victimes de violences et pour que la justice soit faite en faveur des plus faibles comme nous».

C’est par ces mots que la mère de la victime a commencé le récit de sa mésaventure. Elle ajoute : « c’est par l’intermédiaire d’une victime de violences, appuyée par CARE pour sa réhabilitation, que j’ai connu le projet EMPOWER. Et lorsque le cas de ma fille est survenu, j’ai fait appel au partenaire de CARE sur le terrain. L’ancien petit copain de ma fille, n’avait pas su que je pouvais avoir un appui du genre. Il était même allé porter plainte contre moi pour fausse accusation à la brigade avec l’appui de ses parents. L’ONG SIN-DO a dépêché un de ses employés sur les lieux qui m’a assistée. Le chef de la brigade après nous avoir écoutés a estimé que le plaignant ne pouvait plus rentrer chez lui et qu’il devait le présenter au procureur compte tenu de la gravité des faits et surtout de l’état de santé de ma fille. Pendant que la procédure suivait son cours, SIN-DO a conduit ma fille aux soins. La nécessité de la référer à un hôpital s’est imposée. Ma fille a été référée dans une clinique hospitalière à Cotonou où elle a suivi des soins intensifs de qualité grâce à l’appui de CARE. Les analyses cliniques ont révélé que suite à la potion qu’on lui a fait prendre, depuis la langue jusque dans le ventre, elle souffre d’importantes brûlures. Je n’ai actuellement aucune assurance que ma fille pourra encore concevoir dans sa vie, parce que les douleurs au bas ventre persistent. Malgré ces faits troublants, les parents du jeune homme me menacent à tout moment, directement ou par personne interposée. Ainsi, ma fille et moi sommes l’objet de violences verbales et de menaces d’envoûtement au cas où je m’obstinerai à faire aboutir la procédure judiciaire. Mais à tout moment l’ONG SIN-DO m’a apporté le soutien, le réarmement moral et psychologique pour tenir le coup ainsi que la gendarmerie et le Centre Social.
Nous en étions là quand le père d’Efried fut arrêté pour avoir abusé d’une fillette de 9 ans qui par surcroît est son élève. Il a été appréhendé par la même brigade de gendarmerie, écouté et présenté au Procureur qui a ordonné son mandat de dépôt. Il a alors rejoint son fils à la prison civile de Cotonou
. »

Chimène témoigna: « Ma naïveté a failli me coûter la vie. CARE et ses partenaires m’ont sauvé de justesse. Je regrette le tort que j’ai causé à ma mère. Je me porte volontaire pour conseiller mes camarades afin de les aguerrir contre des faits du genre. Au début j’avais confiance en lui et pensais qu’il n’était pas en mesure de me faire du mal. Pour me convaincre à prendre le produit il m’a rassurée de ce que c’est la même potion que son père donnait à ses femmes pour que les fœtus se portent bien et que la potion se prend les yeux bandés. Mais juste après que j’ai pris la potion, il m’a demandé de rentrer automatiquement parce qu’il savait que j’allais perdre connaissance. Réellement 30 minutes après, pendant que je rentrais chez moi, je suis tombée évanouie. Je ne me suis réveillée qu’au centre de santé, croupissant sous le poids des douleurs abdominales.
Je demande aux populations, surtout celles juvéniles d’écouter leurs parents au risque de tomber dans des pièges comme ce fut mon cas. Je souhaiterais que les parents s’occupent davantage de leurs enfants, qu’ils soient plus à l’écoute de leurs enfants, et qu’ils soient des confidents de leurs enfants.
J’adresse toute ma gratitude à CARE International qui continue de m’aider
»

Chimène poursuit actuellement les cours au Collège d’Enseignement Général de SEHOUE dans sa localité de résidence en vue de préparer son avenir.


Conclusion
Fidèle à sa mission d’œuvrer pour un monde d’espoir, de tolérance et de justice sociale où les populations vivent dans la sécurité et dans la dignité, CARE International met actuellement en œuvre le projet EMPOWER au Bénin et agit pour faire reculer systématiquement les violences faites aux femmes et aux filles à travers une synergie dynamique avec les principaux acteurs gouvernementaux, les acteurs non gouvernementaux et la société civile organisée. Dans les faits, cette lutte passe non seulement par la Communication pour un Changement de Comportement, la poursuite des auteurs, mais aussi et surtout par l’assistance et la prise en charge des victimes, à travers leur réhabilitation physique, morale, psychologique, judiciaire, économique et sociale.
Grâce à CARE et à ses partenaires dans le cadre d’EMPOWER, ce sont des milliers de femmes qui retrouvent l’espoir de vivre dans la dignité comme des êtres humains à part entière dans un monde où la culture et les mœurs favorisent toujours la violation flagrante de leurs droits fondamentaux. Grâce à cette synergie d’acteurs et d’actions, CARE International au Bénin mobilise gendarmes, policiers, magistrats, agents de services sociaux, médecins, organisations de la société civile, élus locaux, autorités politico administratives, chefs religieux, leaders traditionnels, acteurs locaux de développement, pour que les couches vulnérables, en l’occurrence les femmes et les filles, fassent entendre leur voix et puissent se faire entendre. Chimène et ses parents en sont des exemples types.
 

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