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Salvador

CARE a démarré ses activités au Salvador en 1956 à travers des programmes de développement, notamment et d'accès à l’eau potable. CARE a dû se retirer en 1978 pour des raisons de sécurité et n'a maintenu ses activités pendant cette période qu'a travers un programme de prothèses pour les victimes de la guerre entre 1985 et 1988. Suite aux accords de paix, CARE a rétabli sa présence en 1993. Actuellement, CARE développe des programmes dans les domaines suivants : agriculture et ressources naturelles, eau et assainissement, répartition des terres, développement infantile. CARE mène aussi des programmes de réponses aux situations d'urgence (catastrophes naturelles…).
 
CARE El Salvador
Calle 3, Casa # 20
Lomas de San Francisco
San Salvador
El Salvador

Témoignages du terrain

Gestion des risques par des formations anticipées

Les vrais héros
Témoignage d’Ana Cecilia Ceron
Décembre 2005
 
Rosa García vit dans le hameau El Coyol de Santa María, municipalité de San Pedro Masahuat, département de La Paz. Son humble petite maison en briques, située près du fleuve Jiboa, est victime des inondations qui affectent la région, année après année. Mais cette fois-ci, le scénario, bien que difficile, a été différent pour Rosa et beaucoup d'autres personnes de la sa communauté. En effet ils ont été formés au préalable pour faire face à ce type d'événements et ont également été avertis de la menace constituée par l'ouragan Stan suffisamment tôt pour y faire face et minimiser les dommages.
 
Les voisins de Rosa ont été premiers à constater que le fleuve avait débordé et que leur vie et leur maison étaient menacées. Quand Rosa a pris conscience de la situation, elle n'a pas hésité avant de laisser ses quatre enfants auprès de mère pour aller aider les personnes dans le besoin. La priorité a été donnée aux enfants et aux personnes âgées.
 
L'eau était si haute que les véhicules ne pouvaient pas passer. Rosa a essayé de se souvenir des étapes et des pratiques montrées pendant la formation aux premiers soins qu’elle a reçu, et c’est en utilisant une corde qu'elle a réussi à traverser le fleuve et sauver des personnes, les guidant vers les itinéraires d'évacuation et les lieux de concentration, précédemment établis. Entendre les pleurs des enfants lui a donné l’adrénaline suffisante pour prendre des risques et aller dans le fleuve, avec pour seul espoir de sauver des vies. « Tout a été inondé ici. L'eau montait jusqu'aux lits, peut-être même au delà d'un mètre de haut, et coulait comme un fleuve. Nous n’avons pu sauver que certaines choses, le reste a été perdu, mais heureusement, personne n’est mort. Les choses matérielles peuvent être remplacées, pas les vies », dit Rosa.
 
Dans ce moment d’angoisse et d'inquiétude, Rosa s’est mise à penser à la formation de CARE. Elle n'avait jamais pensé que le moment de mettre en pratique ce qu’elle avait appris viendrait si vite. Rosa s'est rappelé qu'il était important de garder son calme, afin de se souvenir des itinéraires d'évacuation et d’apporter les premiers soins. L’importance de tout cela est alors devenue très claire. « CARE est venu juste à temps pour nous montrer comment agir en cas d'urgence et comment procéder lors d’une évacuation. Si CARE n’était pas intervenu, peut-être aurions nous juste croisé les bras ne sachant que faire dans une telle situation. CARE nous a enseigné comment nous devions agir en cas d'urgence, comment aider les personnes en danger, mais seulement si nous nous en sentons capables. C'est pourquoi je tiens encore une fois à remercier l’équipe CARE de manière générale pour nous avoir appris comment agir avant et après une situation d’urgence. Actuellement, ils nous forment sur l’action à envisager selon le type d’urgence, en plus de ce que nous savons déjà » ajoute Rosa.
 
Carlos Rodríguez, un autre habitant de la même communauté, a des années d'expérience en tant que chef. Il est actuellement président d'ADESCO et coordinateur du Comité d’Urgence Locale. Carlos précise que l'expérience de Mitch n'est pas comparable à l’inondation provoquée par Stan. « J'ai vécu ici pendant 22 ans et je n'ai jamais rien vu de tel », dit-il avec consternation. Il ajoute : « Avec Mitch, quelques sacs de sable suffisaient pour empêcher que l’eau n’entre dans la maison, mais avec Stan, ce n'était pas assez parce que l'eau est montée plus haut, et ma maison s'est effondrée ». Carlos se souvient que beaucoup d'organismes se sont rendus au sein de leur communauté avant CARE, mais personne ne leur a enseigné comment être préparés en cas d'urgence, et il a trouvé la formation très utile. « Maintenant je suis capable de sauver une personne en détresse, de soigner une coupure, d’apporter les premiers soins et amener les blessés jusqu’aux centres de santé », ajoute-t-il avecsatisfaction.
 
Carlos est un fermier de 55 ans et le père de 8 enfants. Il n'est jamais allé à l'école, ne sait ni lire ni écrire, et a énormément apprécié la formation apportée par CARE. « Quand le fleuve a débordé et inondé notre maison, nous avons été obligés de partir pour chercher un refuge. Mais mon épouse ne voulait pas venir, et tout en pleurant, je lui ai dit que nous devions partir, bien que je n’avais aucune envie de quitter ma ferme. J’étais déçu et triste, mais nous avons dû aller nous réfugier à Astoria, où nous sommes restés environ une semaine. Nous avons aidé tous ceux qui se trouvaient dans cet abri. Quand nous sommes revenus, j’ai eu envie de pleurer en trouvant notre maison effondrée. Mais malgré tout nous sommes vivants, et c’est ça qui est important », conclut Carlos.
 
Sonia Maritza Marinero, 26 ans et ses 4 enfants habitent à San Felipe, département de La Paz. Elle a vécu la même expérience. « Víctor (membre de CARE) est venu nous voir un samedi, pour nous former aux premiers soins et à l’environnement. Quand la catastrophe est survenue, avec d’autres femmes du Comité, nous sommes rapidement allés aux secours des personnes dans le besoin. Et il y avait beaucoup à faire… L'église catholique nous a servi d’abri. Nous nous sommes tous organisés en commissions et étions au courant des agissements de chacun. Ma responsabilité était d’apporter mon soutien dans les abris. Nous avons dû aider les personnes dans le besoin, calmer les personnes nerveuses, réceptionner la nourriture, préparer les repas pour chacun. » Elle ajoute : « La formation de CARE a été très importante pour moi car avant qu'ils viennent, je n'aurais pas su quoi faire dans une telle situation d’urgence : quelle aide apporter dans les abris, comment s'occuper de tant de personnes, maintenir l'endroit propre, conserver la nourriture toujours comestible, et préparer des plans de secours. » Sonia conclut : « Jamais je n’aurais imaginé que ce que nous avons appris allait être utile aussi rapidement. Maintenant je crois que nous sommes bien préparés et que nous avons acquis l'expérience que nous n’avions pas auparavant. »

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