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Madagascar

CARE est présent à Madagascar depuis 1992. Ce pays est peuplé par 17 millions d’habitants. 70% vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les programmes sont axés sur l’accès à l’eau, la santé, le développement agricole, la prévention de catastrophes naturelles, l’environnement, l’urgence, la sécurité alimentaire et la bonne gouvernance.

 

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CARE Madagascar

Rue du Docteur Rajaonah - Ambodivona

Centre Commercial Tana Water Front

101 Antananarivo - Madagascar

 


 Voici une courte vidéo présentant des activités menées par CARE à Madagascar.

 

Témoignages du terrain

     © CARE

Par Benjamin Lacroix-Desmazes

Projet Tragnambo - Commune de Fenoevo
Mme Raharisoa, 38 ans a 4 enfants, âgés de 3 à 14 ans.
 
Les plates-bandes maraîchères de Mme Raharisoa sont bien entretenues. C’est une femme dynamique et courageuse. Les enfants du village m’ont suivi jusqu’ici et s’installent à quelques mètres de nous. Il faut dire qu’ils ne voient pas souvent de Wazza (étranger / occidental) par ici. Après une courte période d’observation, ils se rapprochent et me font de larges sourires.
 
La zone est tellement enclavée qu’il est même difficile d’y arriver en véhicule 4x4. L’un des volets du projet Tragnambo mis en place par CARE prévoit la réhabilitation des pistes, afin que les échanges marchands puissent se faire plus facilement et que les quantités de riz et cultures maraîchères produites grâce au projet puissent être vendues sur les marchés environnants.
 
« Avant le projet de CARE, je cultivais un peu de riz, du manioc et j’avais quelques activités de maraîchage, mais les rendements étaient mauvais » me confie Mme Raharisoa. « Un de mes enfants était sévèrement malnutris. En une année, j’utilisais pour lui plus de 3 carnets de visite médicale lorsque je me rendais dans le CSB (Centre de Santé Basique). C’est fini aujourd’hui : les conseils nutritionnels de la socio-animatrice de CARE, les semences fournies par le projet et les techniques de maraîchage nous permettent de mieux manger. Je cultive du concombre, des carottes, du chou, du petsay (choux chinois) et de l’oignon. Nous mangeons une bonne partie de la production et je vends le reste sur le marché pour pouvoir acheter du pétrole, de l’huile, du sucre et du sel. Résultat, je ne suis pas passée au CSB depuis plus d’un an, alors que j’étais obligée d’y aller une fois par semaine auparavant ! ».
 
Le projet a également permis la mise en place de 3 bassins de pisciculture. Un comité a été crée et formé pour pouvoir s’occuper des bassins. 80 poissons seront bientôt assez gros pour être mangés et/ou vendus.
 
Mme Rahrisoa est contente du projet. « J’ai appris beaucoup de choses, je peux cultiver des nouveaux produits et j’ai rencontré beaucoup de personnes intéressantes. Ma famille est en meilleure santé et nous gagnons plus d’argent ! ».
 
Je la quitte sur cette note positive, suivi par une vingtaine de gosses beaucoup moins craintifs qu’il y a une heure qui rigolent et me crient : « wazza, wazza, au revoir wazza » !
 
 

 
     © CARE

Par Benjamin Lacroix-Desmazes

Projet TRAGNAMBO  - Village de MAROSAVOA – Commune de Ranomafane
Mme Mahomertine, 33 ans a 3 enfants. L’aîné a 15 ans, le cadet 3 ans et demi et le petit dernier, qu’elle emmène tous les jours avec elle dans son champ, 2 mois.
 
Après plusieurs heures de voiture sur des pistes cabossées, je la retrouve au milieu de ses parcelles de cultures maraîchères qui surplombent un cours d’eau de quelques mètres de largeur. Il est 9h du matin, et le soleil tape déjà dur. Son mari, sa belle-mère et elle-même sont sur les parcelles depuis plusieurs heures déjà.
 
Avant le projet TRAGNAMBO mis en place par CARE dans la région, Mme Mahomertine faisait déjà du maraîchage de façon traditionnelle. Elle cultivait du Petsay, sorte de choux  chinois. Elle avait également une petite rizière et quelques pieds de manioc, qui ne lui permettaient pas de subvenir aux besoins de toute la famille, surtout durant la période de soudure. Nous nous installons à l’ombre d’un petit arbre. Mme Mahomertine se confie : « vous savez, me dit-elle, j’ai eu 6 enfants. 3 sont morts parce que nous n’arrivions pas à les nourrir suffisamment. Ils étaient trop faibles pour lutter contre les maladies, telles que les diarrhées ou le paludisme. Aujourd’hui, mes enfants sont en meilleure santé car ils mangent plus et la nourriture est plus diversifiée ».
 
CARE a débuté le projet en 2004. Les agents de terrain de CARE ont appris à Mme Mahomertine, ainsi qu’à plusieurs milliers de paysans de la région, à cultiver des carottes, des choux, des tomates, des haricots. Ils ont également implanté des nouvelles semences de riz, associées à des nouvelles techniques de production. Ils ont distribué des semences aux paysans, qui devaient les rendre après la première récolte, afin que CARE puisse à nouveau distribuer ces nouvelles semences à d’autres paysans. CARE a formé des volontaires, les encadre et leur fournit les moyens techniques et l’outillage indispensable pour augmenter et diversifier la production maraîchère ainsi que la riziculture.
 
« Désormais, je peux cultiver mes légumes et mon riz, nourrir ma famille et vendre le surplus sur le marché. Ainsi, nous pouvons faire face lors de la période de soudure et mes enfants sont plus solides ! ». Sur le marché, Mme Mahomertine vend pour 60 000 FMG (près de 5 €) de marchandises dans les bons jours. C’est une belle somme d’argent pour un paysan local. Grâce à cela, elle peut acheter des ustensiles de cuisine, de la viande, du poisson, de l’huile, du sel et des oeufs. Elle peut également payer les frais de santé de sa famille.
 
Je lui demande si elle avait déjà vu une carotte avant l’intervention de CARE. Elle sourit et me confie que personne dans la région ne savait ce qu’était une carotte il y a 2 ans ! « C’est difficile de cuisiner ces nouveaux produits. Avant, nous mangions du manioc et parfois du riz.  Heureusement que des animatrices du projet Tragnambo nous donnent des conseils pour cuisiner ! Nous faisons beaucoup d’efforts, mais ce n’est pas évident ». « Ma famille est en meilleure santé. Mais nous travaillons dur pour cela. Mon mari porte plus de 400 arrosoirs par jour, qu’il descend chercher dans le cours d’eau, là, en bas ! »
 
A Madagascar, surtout dans des zones rurales aussi reculées, le taux de scolarisation est faible. Je lui demande si ses enfants vont à l’école. « Mon fils aîné est allé un peu à l’école, les années où la récolte était bonne. Il sait un peu lire et écrire. Les autres années, il nous aidait dans les champs. »
 
Mais l’espoir est là : avec un large sourire et une fierté non dissimulée, elle m’annonce que son fils de 3 ans et demi ira à l’école. Grâce à ses nouveaux revenus et aux activités de maraîchage qui ramènent à manger et de l’argent au foyer, elle pourra financer sa scolarité et éviter de le faire travailler dans les champs.
 
« Je suis sereine aujourd’hui. Notre niveau de vie s’est amélioré. D’ailleurs, je suis désormais volontaire pour le projet Tragnambo et je participe à des actions de sensibilisation et de témoignage auprès des autres paysans de la commune pour les convaincre de prendre part au projet ».

 

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