Je donne

Birmanie

CARE est présent en Birmanie depuis 1994, et mène des programmes de sécurité alimentaire, de santé, de prévention du VIH/SIDA, d'eau, d'assainissement et d'urgence. CARE dispose sur place d'une équipe de 500 personnes travaillant dans 120 villes et villages à travers le pays.
 
CARE Myanmar
Manaw Hari Street,
Dagon Township, Yangon,
11191 Myanmar
 
 

Témoignages du terrain

Un kit familial pour regagner l’école et sa dignité
Témoignage de Ma Ni NI - Birmanie, Janvier 2009
 

Je m’appelle Ma Ni Ni et j’ai trois enfants. L’aîné a 11 ans, le cadet 10 ans et le benjamin est né un mois après le cyclone. Mon mari est travailleur manuel. Avant le cyclone, mon mari et moi gagnions notre vie en transportant de la terre pour la préparation des terrains à la construction. Quand le cyclone est arrivé, mon mari n’était pas à la maison et j’étais proche du terme de ma grossesse. Lorsque la maison s’est effondrée, j’ai pris mes enfants et nous sommes allés nous réfugier dans une pagode. Nous avons eu beaucoup de chance de nous en sortir, même si nous avons tout perdu. Nous avons essayé de reconstruire notre maison avec les débris laissés par le cyclone, mais nos vêtements et nos biens étaient irrécupérables. Nous n’avons pas pu en racheter, car notre revenu journalier n’est que de 1,5 kyat (10 cts d’euro). Cela nous permet d’acheter du riz, mais pas de viande. Quand l’école a repris, je n’ai pas eu de quoi racheter des vêtements à mes enfants. Depuis, j’ai reçu un kit familial de CARE, qui comprend tout un tas d’articles dont nous avions besoin. Il y a des vêtements pour enfants, ainsi que pour un couple, et assez d’ustensiles de cuisine pour une famille. J’ai vraiment apprécié que CARE cible les besoins de chaque membre de la famille.

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Une femme courageuse
Témoignage de Daw Myint - Birmanie, Janvier 2009
 

CARE Birmanie a aidé les communautés affectées par le cyclone en distribuant de la nourriture, des matériaux pour construire des abris ainsi que des produits non alimentaires dans les provinces de Rangoon et de l’Irrawaddy. Au cours d’une visite de contrôle au village de Kyone Kyike, de la commune de Pyapon, le personnel de CARE a rencontré une femme qui souriait courageusement. Son nom est Daw Myint, et elle est mère de cinq enfants, dont trois vont toujours à l’école. Avant le cyclone, elle dirigeait une cafeteria traditionnelle, et son mari s’occupait de tâches diverses dans le village. Le cyclone a temporairement obligé Daw Myint et son mari à cesser leurs activités. Mais la volonté et l’optimisme de Daw Myint lui ont permis de reconstruire les moyens de subsistance de sa famille.

Le jour de la catastrophe, sa famille s’est réfugiée au damaryon, au monastère du village. Le cyclone et l’inondation ont emporté tous leurs biens, excepté la meule, essentielle pour le snack de Daw Myint. C’est, dit-elle, ce qui l’a aidé à ne pas renoncer. Tout de suite après le cyclone, CARE et les autres ONG présentes ont fourni à sa famille nourriture, eau et abri provisoire, répondant ainsi à leurs besoins élémentaires.

Daw Myint et sa famille ont effectué des réparations provisoires sur leur maison, grâce aux matériaux fournis par CARE ou trouvés sur place, comme les branches des arbres tombés ou des feuilles de cocotiers. « Nous ne resterons pas plus longtemps au damaryon, car mes filles doivent reprendre l’école quand elle rouvrira », dit-elle. Heureusement, un travail de nettoyage a été proposé à son mari au village, ce qui leur a permis de mettre un peu d’argent de côté pour relancer la cafeteria de Daw Myint, qui fonctionne de nouveau depuis fin mai. « Lorsque nous auront suffisamment d’argent, nous remplacerons les feuilles de cocotier et les branches, qui ne tiendront que quelques mois, par des matériaux plus solides. Nous ne devons pas rester assis à attendre plus de dons. Nous devons agir », dit-elle. Cependant, elle a apprécié l’aide des donateurs privés et des organisations, sans laquelle ils « n’auraient peut-être pas survécu ou n’auraient pas réussi à repartir » dans un premier temps. CARE a également fourni à d’autres familles comme celle de Daw Myint des kits d’outils afin de les aider à reconstruire des habitations plus solides.

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Cyclone Nargis : se remettre de la tragédie
Témoignage de Thida – Birmanie, novembre 2008
 

Thida refoule ses larmes lorsqu’elle parle de ses sœurs jumelles, de son frère et de ses parents, tous tués par le cyclone Nargis, qui a dévasté son village.Depuis, le chagrin causé par cette perte est toujours aussi vif, mais elle reste forte pour ses jeunes frères et sa petite sœur qui ont besoin d’elle. La famille ne compte plus que quatre membres désormais, et bien que le soutien de CARE soit toujours essentiel, ils sont déterminés à retrouver les conditions de vie qu’ils avaient avant la tempête.

Pour une femme de 29 ans avec trois frères et sœur à charge, cet objectif demande du courage.
« Parfois, cela me pèse d’être une femme à la tête de la famille, et je voudrais qu’un de mes parents soit encore en vie. Pour l’instant, CARE nous apporte de la nourriture, mais nous devons essayer de reconstruire nos vies pour qu’elles reviennent à la normale » raconte Thida. 

La jeune femme, très timide, vit avec la famille qu’il lui reste dans une petite maison flambant neuve. L’unique pièce, dans laquelle toute la famille mange et dort, est impeccable et le contraste avec la boue et les débris de l’extérieur est saisissant. Thida explique que l’ancienne maison familiale, plus grande, a été rasée par le raz de marée et que leur nouvelle habitation, comme presque tous les bâtiments dans le petit village de Aung Chan Thar, est recouverte de bâches en plastique bleu destinées à protéger la maison des pluies de mousson, qui tombent en permanence. 
 
Avant le cyclone, la famille vivait de l’agriculture, et a donc la chance de posséder trois hectares de terre sur lesquelles est cultivé du riz. Celui-ci constitue l’aliment de base de la famille, et le reste est vendu. Grâce au soutien de CARE, ils ont pu en replanter, et la récolte pourra avoir lieu dans un mois et demi. Cependant, toutes les réserves de riz de la famille ont été perdues lors du passage du cyclone et il n’en restera donc pas pour la vente. Comme la rizière ne rapporte aucun revenu, Thida travaille comme ouvrière pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle tisse le nipah, une feuille de palmier utilisée pour les toitures dans la région du delta, qui remplacera les bâches en plastique des maisons du village une fois que la pluie aura cessé.
 
Thida se souvient qu’après le passage du cyclone, elle est retournée voir son village dévasté, et n’a pas reconnu ce qu’elle voyait. Tout ce qui s’y trouvait avant avait été détruit. « Mais je me console en me disant que je ne suis pas la seule à avoir été touchée par le cyclone ; nous avons tous été affectés de la même manière et sommes tous traumatisés. Si cela n’était pas le cas, je crois que je deviendrais folle. »
 
Sur les 900 personnes qui vivaient dans le village de Thida, 500 ont été tuées par la tempête. Désormais, Thida, sa famille et le reste de la population d’Aung Chan Thar rêvent d’un avenir meilleur et tentent de se remettre des tragédies du passé.
« Nous attendons simplement le jour où nous pourrons de nouveau tenir sur nos pieds. »
 
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Le cyclone Nargis n’a épargné personne    
Témoignage de Ni Ni – Set San, Birmanie, novembre 2008
 

Ni Ni, qui fait partie des 25 collaborateurs présents sur le terrain à CARE Set San, vit et travaille au cœur du delta de l’Irrawaddy. Là, CARE continue à apporter son soutien aux personnes les plus touchées par le cyclone, notamment en les aidant à rétablir leurs moyens de subsistance. En effet, cette tempête dévastatrice, qui a ravagé une partie de Birmanie, laisse derrière elle 130 000 morts et disparus, ainsi que plus de 2,4 millions de personnes touchées, parmi lesquelles Ni Ni et sa famille. En la voyant rire avec ses collègues, discuter des distributions et des autres activités à faire dans la journée pour les 31 villages gérés par CARE Set San, difficile d’imaginer le traumatisme qu’a été pour elle le cyclone Nargis.

Si elle parvient à cacher sa tristesse, son enthousiasme pour aider ceux qui ont tout perdu lors de la tempête est évident. « Mon objectif, pour cette année que je vais passer ici, est de voir les gens retrouver leurs conditions de vie d’avant le cyclone. Qu’ils aient à nouveau un travail, de la nourriture, qu’ils soient préparés si cela se reproduit. » Quelques mois, voir même l’année que Ni Ni va passer à CARE Set San, ne seront pas suffisants pour que ces personnes reconstruisent leurs vies : les trois prochaines années, au moins, seront nécessaires.

Ni Ni a commencé à travailler en tant que chargée de projet à CARE peu après le passage de la tempête, dans une démarche très personnelle. « Avant de rejoindre CARE, je travaillais pour le Programme des Nations Unies pour le développement à Rangoon. Ma sœur, son mari et mes neveux vivaient à Neputta. Les sept jours suivant le passage du cyclone, nous n’avons eu aucune nouvelle de ma sœur. Le huitième jour, nous avons appris qu’elle et ses enfants avaient été tués. C’est pourquoi je suis à Set San aujourd’hui et que je travaille pour CARE : je veux être impliquée et aider les gens qui n’ont plus rien à reconstruire ce qu’ils ont perdu ».

La commune de Set San et le petit village qui l’entoure revivent à nouveau : les maisons sont reconstruites, les pêcheurs s’approvisionnent dans la rivière et de petites boutiques parsèment les ruelles. Ce n’est qu’en regardant de plus près qu’on aperçoit les gravats entre les maisons nouvellement édifiées, ou les bâtiments penchant dangereusement vers le sol et dont la chute n’est arrêtée que par quelques soutiens bien placés : ce sont les seules marques du cyclone et du raz de marée qui ont déferlé il y a tout juste six mois, les pires depuis des années, anéantissant presque tout le village. Si on s’éloigne de Set San pour aller dans les petits villages qui l’entourent, ou la vie semble être revenue à un semblant de normalité, seules les bâches en plastique qui couvrent les toits de la plupart de bâtiments rappellent les horreurs de la tempête. Cependant, il a fallut longtemps aux populations et aux villages pour se rétablir. Quand Ni Ni est arrivée à Set San, ces villages ainsi que ceux de la commune de Pathein étaient méconnaissables.

« Les maisons étaient détruites, et les gens ne parlaient que de la vie avant le cyclone. Ils étaient en colère. Les communautés et les familles étaient brisées. Ils n’avaient pas d’argent et tout avait été détruit. J’étais très triste : comment remplacer les choses qu’ils avaient perdues ? ». Malgré tout, alors que le besoin semble immense, Ni Ni et son équipe font tout ce qui est en leur pouvoir pour aider ceux qui en ont le plus besoin, en dépit de leur propre souffrance.

« Au départ, nous les aidions en leur apportant de la nourriture, des pastilles pour purifier l’eau, en leur fournissant des abris et en nettoyant les étangs. Maintenant, nous les aidons à rétablir leurs moyens de subsistance en leur donnant des filets de pêche, à construire des bateaux, à élever du bétail, à planter des rizières. Voilà ce dont ils ont besoin ». Son objectif pour les communautés est clair : leur permettre de retrouver la vie qu’elles avaient avant le passage du cyclone. « Quand j’en aurai fini ici, je veux que les gens retrouvent leurs conditions de vie de départ. Je veux savoir que quand je partirai, ils seront capables de prendre soins d’eux-mêmes ».

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Le traumatisme
Témoignage de Ma Htay Thi - Kungyangon, Birmanie, juin 2008
 
« Ils n’avaient pas eu de dîner cette nuit-là », raconte Ma Htay Thi, 32 ans. Lorsqu’elle parle de la nuit où le cyclone Nargis a emporté ses deux enfants, elle en parle toujours comme si c’était arrivé la veille.
« Ils me demandèrent « Tu vas nous sauver, maman, n’est-ce pas ? ». Je leur ai promis.  
« Ne vous inquiétez pas, je vous sauverai » mais je n’ai rien pu faire quand l’énorme vague a surgit et les a emporté », raconte Ma Htay Thi, en essuyant les larmes qui coulaient de ses yeux.
 
Le cyclone Nargis lui a non seulement arraché ses enfants, mais il a aussi balayé presque tout ce qu’elle possédait, épargnant son mari et son fils aîné, assez chanceux pour échapper au cyclone. Son fils aîné était allé rendre visite à ses grands-parents, et se trouvait dans leur maison, au village, lorsque le cyclone a frappé.
 
Comme pour la famille Ma Htay Thi, d’autres familles dans le village de Tawtide à Kungyangon ont ainsi vu leurs moyens de subsistance anéantis, en perdant leur bétail, leurs filets et leurs bateaux de pêche par exemple. Les ouvriers agricoles ont aussi été touchés par la perte de leurs moyens de subsistance, trouvant leurs terres envahies de débris et d’eau salée. Les fermiers n’ont pas pu recommencer à planter car le riz à ensemencer, stocké pour la saison agricole suivante, avait pourri.
 
Dans le village de Tawtide à Kungyangon, les gens qui vivent dans les rizières sont ceux qui ont été les plus touchés par le cyclone. La plupart de leurs huttes étaient faites de simples bambous avec des toits de chaume, si bien qu’elles n’ont pu résister à la vague géante de 4 mètres qui les a réduits en miettes. Les villageois ont été prévenus de l’arrivée du cyclone, mais ils ne s’attendaient pas à une telle puissance. La plupart des femmes et des enfants n’ont pas eu la force d’échapper aux 3,65 mètres de haut d’eau de crue qui a englouti le village entier.
 
Ma Khin Thet Cho, 30 ans, vit dans le même village. Elle a perdu son fils de deux ans dans le cyclone. Elle a perdu tout ce qu’elle possédait. Déterminée, elle raconte : « Mais à présent je me console avec mes deux autres enfants, et je suis bien décidée à m’occuper d’eux comme il faut ». « Elle ne supporterait pas de perdre d’autres enfants au cours de sa vie », dit-elle.
 
Les survivants, eux, songeaient à la manière dont ils allaient reconstruire leur vie. « C’est un miracle que nous soyons en vie », ont-ils dit, « mais à présent nous ne savons pas comment nous allons être capables de continuer ».
« Des donateurs privés m’ont envoyé des habits d’enfant. On dirait qu’ils sont à la taille de mes enfants, donc je les ai gardés. Je regarderai ces habits d’enfants chaque fois que Yamin et Pho Thar me manqueront », nous dit Ma Htay Thi. Aujourd’hui leur famille vit et dort dans le grenier qui appartenait au propriétaire de leur terre. « Même si nous ne pouvons pas reconstruire notre maison, nous avons maintenant de la nourriture pour notre famille, ce qui me soulage à moitié » raconte Ma Htay Thi, montrant du doigt le sac de riz distribué par CARE.
 
Trois mois ont passé depuis le cyclone Nargis, mais les gens ont toujours à l’esprit à quel point le cyclone était terrifiant. Depuis que le cyclone a frappé, CARE a fourni aux 233 101 survivants de la nourriture, de l’eau, et d’autres produits d’urgence.
CARE se préoccupe d’abord de reloger les survivants, et de les aider à retrouver des moyens de subsistance. Un programme d’aide psychologique a été mis en œuvre pour les populations ayant été traumatisées par la catastrophe.
Au cours de la saison des pluies, les populations vivant dans cette région ont essayé de retrouver des moyens de subsistance avec le peu dont ils disposaient. En essayant d’accomplir leurs tâches ordinaires, les gens s’efforcent d’oublier la tragédie causée par le cyclone Nargis. L’impact du cyclone reste toujours dans leurs esprits, comme le cauchemar de leur vie.

 

 

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