Par pays |
Je m’appelle Ma Ni Ni et j’ai trois enfants. L’aîné a 11 ans, le cadet 10 ans et le benjamin est né un mois après le cyclone. Mon mari est travailleur manuel. Avant le cyclone, mon mari et moi gagnions notre vie en transportant de la terre pour la préparation des terrains à la construction. Quand le cyclone est arrivé, mon mari n’était pas à la maison et j’étais proche du terme de ma grossesse. Lorsque la maison s’est effondrée, j’ai pris mes enfants et nous sommes allés nous réfugier dans une pagode. Nous avons eu beaucoup de chance de nous en sortir, même si nous avons tout perdu. Nous avons essayé de reconstruire notre maison avec les débris laissés par le cyclone, mais nos vêtements et nos biens étaient irrécupérables. Nous n’avons pas pu en racheter, car notre revenu journalier n’est que de 1,5 kyat (10 cts d’euro). Cela nous permet d’acheter du riz, mais pas de viande. Quand l’école a repris, je n’ai pas eu de quoi racheter des vêtements à mes enfants. Depuis, j’ai reçu un kit familial de CARE, qui comprend tout un tas d’articles dont nous avions besoin. Il y a des vêtements pour enfants, ainsi que pour un couple, et assez d’ustensiles de cuisine pour une famille. J’ai vraiment apprécié que CARE cible les besoins de chaque membre de la famille.
CARE Birmanie a aidé les communautés affectées par le cyclone en distribuant de la nourriture, des matériaux pour construire des abris ainsi que des produits non alimentaires dans les provinces de Rangoon et de l’Irrawaddy. Au cours d’une visite de contrôle au village de Kyone Kyike, de la commune de Pyapon, le personnel de CARE a rencontré une femme qui souriait courageusement. Son nom est Daw Myint, et elle est mère de cinq enfants, dont trois vont toujours à l’école. Avant le cyclone, elle dirigeait une cafeteria traditionnelle, et son mari s’occupait de tâches diverses dans le village. Le cyclone a temporairement obligé Daw Myint et son mari à cesser leurs activités. Mais la volonté et l’optimisme de Daw Myint lui ont permis de reconstruire les moyens de subsistance de sa famille.
Le jour de la catastrophe, sa famille s’est réfugiée au damaryon, au monastère du village. Le cyclone et l’inondation ont emporté tous leurs biens, excepté la meule, essentielle pour le snack de Daw Myint. C’est, dit-elle, ce qui l’a aidé à ne pas renoncer. Tout de suite après le cyclone, CARE et les autres ONG présentes ont fourni à sa famille nourriture, eau et abri provisoire, répondant ainsi à leurs besoins élémentaires.
Daw Myint et sa famille ont effectué des réparations provisoires sur leur maison, grâce aux matériaux fournis par CARE ou trouvés sur place, comme les branches des arbres tombés ou des feuilles de cocotiers. « Nous ne resterons pas plus longtemps au damaryon, car mes filles doivent reprendre l’école quand elle rouvrira », dit-elle. Heureusement, un travail de nettoyage a été proposé à son mari au village, ce qui leur a permis de mettre un peu d’argent de côté pour relancer la cafeteria de Daw Myint, qui fonctionne de nouveau depuis fin mai. « Lorsque nous auront suffisamment d’argent, nous remplacerons les feuilles de cocotier et les branches, qui ne tiendront que quelques mois, par des matériaux plus solides. Nous ne devons pas rester assis à attendre plus de dons. Nous devons agir », dit-elle. Cependant, elle a apprécié l’aide des donateurs privés et des organisations, sans laquelle ils « n’auraient peut-être pas survécu ou n’auraient pas réussi à repartir » dans un premier temps. CARE a également fourni à d’autres familles comme celle de Daw Myint des kits d’outils afin de les aider à reconstruire des habitations plus solides.
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Thida refoule ses larmes lorsqu’elle parle de ses sœurs jumelles, de son frère et de ses parents, tous tués par le cyclone Nargis, qui a dévasté son village.Depuis, le chagrin causé par cette perte est toujours aussi vif, mais elle reste forte pour ses jeunes frères et sa petite sœur qui ont besoin d’elle. La famille ne compte plus que quatre membres désormais, et bien que le soutien de CARE soit toujours essentiel, ils sont déterminés à retrouver les conditions de vie qu’ils avaient avant la tempête.
Ni Ni, qui fait partie des 25 collaborateurs présents sur le terrain à CARE Set San, vit et travaille au cœur du delta de l’Irrawaddy. Là, CARE continue à apporter son soutien aux personnes les plus touchées par le cyclone, notamment en les aidant à rétablir leurs moyens de subsistance. En effet, cette tempête dévastatrice, qui a ravagé une partie de Birmanie, laisse derrière elle 130 000 morts et disparus, ainsi que plus de 2,4 millions de personnes touchées, parmi lesquelles Ni Ni et sa famille. En la voyant rire avec ses collègues, discuter des distributions et des autres activités à faire dans la journée pour les 31 villages gérés par CARE Set San, difficile d’imaginer le traumatisme qu’a été pour elle le cyclone Nargis.
Si elle parvient à cacher sa tristesse, son enthousiasme pour aider ceux qui ont tout perdu lors de la tempête est évident. « Mon objectif, pour cette année que je vais passer ici, est de voir les gens retrouver leurs conditions de vie d’avant le cyclone. Qu’ils aient à nouveau un travail, de la nourriture, qu’ils soient préparés si cela se reproduit. » Quelques mois, voir même l’année que Ni Ni va passer à CARE Set San, ne seront pas suffisants pour que ces personnes reconstruisent leurs vies : les trois prochaines années, au moins, seront nécessaires.
Ni Ni a commencé à travailler en tant que chargée de projet à CARE peu après le passage de la tempête, dans une démarche très personnelle. « Avant de rejoindre CARE, je travaillais pour le Programme des Nations Unies pour le développement à Rangoon. Ma sœur, son mari et mes neveux vivaient à Neputta. Les sept jours suivant le passage du cyclone, nous n’avons eu aucune nouvelle de ma sœur. Le huitième jour, nous avons appris qu’elle et ses enfants avaient été tués. C’est pourquoi je suis à Set San aujourd’hui et que je travaille pour CARE : je veux être impliquée et aider les gens qui n’ont plus rien à reconstruire ce qu’ils ont perdu ».
La commune de Set San et le petit village qui l’entoure revivent à nouveau : les maisons sont reconstruites, les pêcheurs s’approvisionnent dans la rivière et de petites boutiques parsèment les ruelles. Ce n’est qu’en regardant de plus près qu’on aperçoit les gravats entre les maisons nouvellement édifiées, ou les bâtiments penchant dangereusement vers le sol et dont la chute n’est arrêtée que par quelques soutiens bien placés : ce sont les seules marques du cyclone et du raz de marée qui ont déferlé il y a tout juste six mois, les pires depuis des années, anéantissant presque tout le village. Si on s’éloigne de Set San pour aller dans les petits villages qui l’entourent, ou la vie semble être revenue à un semblant de normalité, seules les bâches en plastique qui couvrent les toits de la plupart de bâtiments rappellent les horreurs de la tempête. Cependant, il a fallut longtemps aux populations et aux villages pour se rétablir. Quand Ni Ni est arrivée à Set San, ces villages ainsi que ceux de la commune de Pathein étaient méconnaissables.
« Les maisons étaient détruites, et les gens ne parlaient que de la vie avant le cyclone. Ils étaient en colère. Les communautés et les familles étaient brisées. Ils n’avaient pas d’argent et tout avait été détruit. J’étais très triste : comment remplacer les choses qu’ils avaient perdues ? ». Malgré tout, alors que le besoin semble immense, Ni Ni et son équipe font tout ce qui est en leur pouvoir pour aider ceux qui en ont le plus besoin, en dépit de leur propre souffrance.
« Au départ, nous les aidions en leur apportant de la nourriture, des pastilles pour purifier l’eau, en leur fournissant des abris et en nettoyant les étangs. Maintenant, nous les aidons à rétablir leurs moyens de subsistance en leur donnant des filets de pêche, à construire des bateaux, à élever du bétail, à planter des rizières. Voilà ce dont ils ont besoin ». Son objectif pour les communautés est clair : leur permettre de retrouver la vie qu’elles avaient avant le passage du cyclone. « Quand j’en aurai fini ici, je veux que les gens retrouvent leurs conditions de vie de départ. Je veux savoir que quand je partirai, ils seront capables de prendre soins d’eux-mêmes ».
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« Ils n’avaient pas eu de dîner cette nuit-là », raconte Ma Htay Thi, 32 ans. Lorsqu’elle parle de la nuit où le cyclone Nargis a emporté ses deux enfants, elle en parle toujours comme si c’était arrivé la veille.