Il existe encore en Roumanie un nombre trop important d’enfants en institutions et certaines ont des conditions de vie difficiles, voire inhumaines. On fait la différence dans le pays maintenant entre « les institutions de type ancien » et les nouveaux services ou complexes de services. En 1989 on recensait 600 institutions pour enfants dans le pays, on compte aujourd’hui plus de 2500 services. On a assisté à un éclatement des grandes structures en des cellules plus petites et plus adaptées aux besoins des enfants. Ce sont surtout les centres de placement pour enfants ou jeunes handicapés qui restent les plus difficiles à fermer.
> SERA a contribué à la fermeture plus de 55 institutions depuis 1990, dont 35 de type « foyer-hôpital » pour enfants handicapés (sur les 37 recensés dans le pays), certains de véritables « mouroirs ».
> La politique de SERA est de s’attaquer aux causes de l’abandon d’enfants, et de leur offrir autant que possible la chance de grandir dans leurs familles, des familles d’accueil, ou des maisons familiales. Lorsque ce n’est pas possible, ou du moins pas encore, SERA travaille à rendre la vie en institutions plus supportable.
Un exemple de réalisation : le centre de placement de Bilteni.
Bilteni est un village isolé de 5.000 habitants, à une trentaine de kilomètres de la ville de Tirgu Jiu, chef-lieu du Département de Gorj, à 4 heures de route de Bucarest.
L’énorme orphelinat de 200 lits qui s’y trouve installé depuis 1970 appartient à la catégorie des « camin spital » : il est dévolu aux enfants les plus malheureux et les plus délaissés, ceux qui sont à la fois abandonnés et handicapés.

© Jean-Louis Courtinat/CARE 2003
Quand SERA a été créée, en 1990, c’est à Bilteni que l’association est intervenue en premier : l’orphelinat avait une réputation désastreuse et passait pour l’un des pires « mouroirs » pour enfants du pays.
Effectivement, nous y avions découvert une abomination : environ 200 enfants y mouraient de froid, de faim et de mauvais traitements, dans l’indifférence de tous.
Au cours des douze années qui ont suivi, SERA s'est attachée à relever le défi et a réussi à redresser la situation : les progrès matériels réalisés au début des années 1990 ont été spectaculaires et l'état des enfants, dont beaucoup sont devenus des adultes au fil des années, s'est considérablement amélioré.
A la longue, pourtant, il est apparu évident que SERA ne pouvait continuer indéfiniment à porter à bout de bras cet orphelinat, qui souffrait de trois défauts majeurs :
- D’abord l'éloignement : Tirgu Jiu, la ville la plus proche, était à une trentaine de kilomètres, sans moyen de transport collectif correct, si bien qu'il était très difficile de faire venir à Bilteni le personnel compétent, éducatif et médical, indispensable pour répondre aux « besoins spéciaux » de ces enfants handicapés.
- La vétusté : malgré les aménagements réalisés par SERA (chauffage, eau courante, sanitaires, etc…), les bâtiments demeuraient vétustes et insalubres.
- La taille : l'institution était énorme avec près de 200 pensionnaires, souffrant de toutes sortes de pathologies.
En 2002, il a paru préférable de transformer fondamentalement le sort des pensionnaires de cet orphelinat en réalisant une opération d'envergure qui aurait valeur d'exemple pour tout le pays. Le projet aura mis quatre ans à aboutir. Avec succès.
Cette opération, conçue en accord avec les autorités du Département, a consisté à « casser » l'orphelinat en trois entités :
La première étape a consisté à faire sortir les 53 enfants (moins de 18 ans). Ils sont installés, depuis le mois d'avril 2003, dans un bâtiment tout neuf édifié pour eux à Tirgu Jiu. L'investissement, financé intégralement par SERA, s'est élevé à environ un million d'Euros.
Cette somme a résulté de la générosité des donateurs de SERA, ainsi que de la générosité des téléspectateurs de M6, suite à une émission diffusée sur ce sujet par « zone interdite » le 29 novembre 2002.
Dans un deuxième temps, les 30 adultes les moins handicapés, ont été installés fin 2003, dans la ville de Tirgu Jiu. Ils peuvent y suivre une formation dans une école professionnelle et vivent dans de petits appartements par groupes de 3 ou 4.
En novembre 2005, les 140 adultes les plus lourdement handicapés ont été installés dans un centre à Tirgu Jiu, réhabilité, aménagé et équipé par SERA. L'investissement a été une nouvelle fois effectué par SERA, à hauteur de 600 000 €. Les pensionnaires bénéficient dans ce nouveau centre de tous les services nécessaires à une meilleure prise en charge : kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, psychothérapie, éducation spécialisée. SERA a recruté le personnel nécessaire compétent.

© Thomas Coëx / AFP - Les progrès réalisés par les enfants transférés sont spectaculaires. Ainsi la petite Iulia, qui à l'âge de 3 ans ne parlait pas et ne se tenait même pas debout. Aujourd’hui elle marche, parle et va même à l’école.
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