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Roumanie – l’adoption/ notre position

Sous la dictature de Ceausescu, l’adoption internationale servait à faire entrer des devises dans le pays, la procédure était longue et de nombreux déplacements nécessaires.

Dès la chute du régime et la découverte des orphelinats, de nombreuses familles du monde entier se tournent vers la Roumanie pour adopter des enfants abandonnés.

En 1993 le pays adhère à la Convention Européenne sur les adoptions internationales. Une loi vient compléter la législation sur l’adoption, redéfinissant l’abandon. En 1994 il ratifie la Convention sur la protection de l’Enfance et de la coopération en matière d’adoptions internationales (La Haye).

Cela entraine de nouveau un flot d’adoptions internationales, qui va pousser les autorités roumaines, sous la pression d’organisations internationales telles que l’Union Européenne, à appliquer un moratoire en 2001 gelant les adoptions internationales, afin de réguler le système jugé corrompu. L’adoption internationale est interdite par une loi en 2004 – loi qui complique aussi les démarches d’adoption nationale – suite aux pressions incessantes menées par la Baronne Emma Nicholson, rapporteur pour l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne, qui parle de véritable exode et trafics d’enfants.

En réalité, l’«exode inquiétant des enfants roumains vers 47 pays» se résume essentiellement à l’adoption de 3000 enfants par an vers, principalement, 7 pays (Etats-Unis, Espagne, France, Italie, Suisse, Israël, Canada). S’il est vrai que certaines pratiques autour de l’adoption étaient à regarder de près, il paraît absurde d’avoir eu recours à l’arrêt total des adoptions internationales en réponse à quelques débordements, et ce sur une dizaine d’années, étant donné qu’aujourd’hui, 9 ans plus tard, l’adoption internationale est toujours interdite. D’autres pays d’Europe de l’est (Pologne, Lituanie) sont entrés dans l’Union Européenne alors qu’ils avaient recours à l’adoption internationale. Il existe bien deux poids deux mesures, et en attendant des milliers d’enfants abandonnés roumains sont privés de famille. L’adoption internationale aurait pu être la meilleure mesure de protection pour des milliers d’enfants et permettre, en désengorgeant le système, de soutenir sa réforme de fond.

Entre 1997 et 2000, jusqu’à 4000 enfants ont pu être adoptés par an (1000 environ en Roumanie et le reste à l’étranger). En 2009 on compte moins de 800 enfants adoptés dans le pays.
 

Fiche projet

Photo : CARE-SERA lutte pour le droit de chaque enfant à une famille

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