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Roumanie – les handicapés et les jeunes sortants des orphelinats : des populations délaissées/ l’exemple de Babeni

L’aide aux jeunes en difficulté :

Depuis 2008, SERA développe un projet pilote de récupération par le sport pour une vingtaine d’enfants handicapés d’un centre de placement de Bucarest ainsi que d’autres venant de la communauté. Les enfants et jeunes suivent un programme adapté, mis en place en partenariat avec l’association locale Gladiator. Ce programme de récupération physique et psychique à travers des exercices sportifs adaptés, avec l’aide d’un kiné et d’un instructeur de sport montre déjà des résultats impressionnants.

Les jeunes qui sortent des institutions (à 18 ans, ou jusque 26 ans s’ils ont un travail ou font des études) ont souvent besoin d’être soutenus, financièrement et socialement. Leur aptitude à s’assumer est souvent minime, ils manquent généralement de travail, de formation, de soutien de quelque sorte et d’aptitude à la vie sociale. Pour leur éviter de finir à la rue ou dans des situations précaires, SERA soutient quelques jeunes dans le financement de leurs études ou d’une chambre. Cette population sortante des orphelinats demande et demandera de plus en plus d’attention, car son nombre croît et dans le contexte de la crise, elle sera encore plus vulnérable.


Les jeunes et adultes handicapés :

Beaucoup d’enfants qui ont grandi dans les institutions sont en effet handicapés. Or lorsqu’ils atteignent l’âge de 18 ans, les enfants sont considérés comme adultes et sortent alors des statistiques, ce qui explique que le nombre officiel d’enfants diminue en dépit de la recrudescence des abandons. Mais ces adultes handicapés restent institutionnalisés et pour eux les conditions de vie ont peu évolué. Ils sont les laissés pour compte du système. En outre, les autres enfants institutionnalisés qui atteignent l’âge de 18 ans ne sont pas préparés à affronter la vie. Beaucoup n’ont pas reçu de formation professionnelle et sont donc contraints de rester en institution.

Un exemple : le centre de placement pour jeunes adultes handicapés de Babeni :

Babeni, village situé à 35 km de la ville de Ramnicu Vilcea, chef-lieu du Département de Vilcea, à 3 heures de route de Bucarest.
Jusqu’en 2001, le « camin spital » de Babeni comptait 226 pensionnaires âgés de 4 à 45 ans. Ils y étaient entassés dans seulement 11 chambres, et l’hygiène était des plus déplorables.


© Jean-Louis Courtinat/CARE - Dans les dortoirs du camin spital de Babeni avant sa réhabilitation en 2001

En 2001, avec la participation financière de SERA et le soutien des autorités locales, le centre est totalement réhabilité et les 151 enfants qui s’y trouvaient alors sont transférés dans d’autres centres où les conditions matérielles sont correctes ou dans des maisons de type familial.

Le rez-de-chaussée est réaménagé en centre de récupération pour adultes handicapés, pourvu d’une salle de balnéothérapie, d’une salle de kinésithérapie… Les chambres et sanitaires des 1er et 2è étages sont réhabilités.

Restent alors dans ce centre les 75 pensionnaires adultes. Malheureusement, il ne suffit de repeindre les murs et d’acheter des meubles neufs pour changer la prise en charge des personnes. Un changement radical est nécessaire notamment dans l’accueil et la manière dont le personnel prend soin de ses enfants. Or les équipes n’ont pas changées, elles sont en nombre insuffisant et ne bénéficient pas des compétences nécessaires pour prendre en charge des personnes lourdement handicapées.

Aussi 8 ans après la «réhabilitation » du centre de Babeni, le spectacle est désolant. Le centre de placement de Babeni pourrait être qualifié de « dépotoir » pour adultes handicapés :
Au 1e étage, 40 jeunes et adultes handicapés sont regroupés dans les chambres, garçons et filles séparés. Au sol, il ne reste que de la résine. Le linoléum a été enlevé à cause de l’odeur d’urine devenue trop nauséabonde. Aucun revêtement n’a été remis faute de budget. Les lits et les meubles ont été mal entretenus, ils sont endommagés par les coups que peuvent y donner certains pensionnaires qui peuvent être violents.

Au 2e étage, vivent 35 adultes grabataires qui n’ont aucun accès à la cour extérieure ni au réfectoire pour le déjeuner au rez-de-chaussée. L’ascenseur qui avait été installé est hors d’usage depuis des années et n’a jamais été réparé faute de budget. Les pensionnaires du 2e étage sont donc contraints à rester dans leur lit 24h/24. Un tel enfermement a des conséquences sur le comportement de ces jeunes adultes, comme l’agitation ou la violence.

> SERA continue son engagement pour ne pas laisser ces populations vulnérables à leur propre sort, pour trouver des solutions améliorant leurs conditions et développement.

Fiche projet

Photo : © Thomas Coëx / AFP

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