17 juillet 2014

Burundi : soutenir l'émancipation économique et sociale des femmes

Au Burundi, les femmes ne sont pas reconnues socialement. CARE soutient leur émancipation économique et sociale par le biais d'associations villageoises d'épargne et de crédit. Découvrez le témoignage de Consolata, mariée à 16 ans et aujourd'hui membre du Forum National des Femmes.

Au Burundi, près de 23 % des filles se marient avant l'âge de 18 ans

L'ONG CARE lutte contre les mariages forcés
© Maniraikiza Leat/CARE 2014

« Je m'appelle Consolata. J'ai 37 ans. Mes parents m'ont retirée de l'école après ma sixième année de scolarité. Ils m'ont dit : « Pour une fille, le diplôme le plus important, c'est un mari ». À l'âge de 16 ans, j'ai été forcée de me marier à un homme de 37 ans. Je n'avais pas d'autres choix, mes parents avaient déjà utilisé l'argent de ma dot »

Consolata n'est pas un cas isolé. Au Burundi, les filles sont appelées « umukobwa », mot qui signifie « destinée à la dot/ prix de la fiancée ». 

Les parents reçoivent de l'argent du futur époux de leur fille. Après quoi, cette dernière est considérée comme appartenant à son mari.

Pour de nombreuses familles au Burundi, il n'y a donc aucun intérêt à investir pour leurs filles. Durant les quelques années où elles vivent avec leurs parents, les filles s'occupent des tâches ménagère : préparer les repas, aller chercher du bois ou de l'eau, s'occuper des plus jeunes... Cela les prépare à leur futur rôle d'épouse.

CARE soutient l'émancipation économique et sociale des femmes

Les filles et les femmes sont dépendantes de leur mari ou de leur père, car elles ne peuvent pas hériter d'un bien et ont peu d'opportunités de gagner un revenu.

« Je n'ai pas aimé être mariée. La première femme de mon mari me haïssait. Mon mari me battait. Il a vendu le terrain où je cultivais des légumes. J'ai alors travaillé pour d'autres personnes pour pouvoir nourrir mes enfants. Je vivais de presque rien et mon mari ne m'aidait pas. En tant que seconde épouse, je n'étais pas légalement mariée. A cause de ça, je ne pouvais même pas aller à la messe, je restais à la maison et je n'avais pas d'amis », se souvient Consolata.

Heureusement, l'histoire de Consolata finit bien. En 2009, elle a rejoint une association villageoise d'épargne et de crédit créée par CARE. Consolata y a reçu une formation et un soutien économique. Elle a aussi participé à un groupe de soutien social pour les femmes.

Après trois ans, Consolata a pu économiser assez pour acheter un terrain et des biens d'une valeur de 1 000 dollars.

Aujourd'hui, Consolata lutte contre les mariages forcés

« Aujourd'hui, je travaille avec CARE et gère toutes les formations d'épargne et de crédit pour les femmes et les hommes de ma région. En 2013, j'ai été élue au comité de direction du Forum National des Femmes. Je peux maintenant aider d'autres femmes et jeunes filles. Cette année, je suis venue en aide à 6 jeunes filles dont les parents avaient déjà accepté le prix de la fiancée et prévoyaient de les marier. Avec de l'aide, les parents ont pu rembourser l'argent et les filles sont restées à l'école. »
CARE au Burundi

CARE travaille au Burundi depuis 1994 et soutient actuellement 2 600 associations villageoises d'épargne et de crédit. Le programme Umwizero aide 136 000 femmes à améliorer leur situation économique et leur statut social et politique.