20 juillet 2014

Lutte contre les mariages forcés. Le rôle clé des belles-mères

CARE vient de démarrer un programme au Bangladesh et au Népal dont l'objectif est d'analyser les causes profondes des mariages précoces et d'impliquer les communautés afin de mettre un terme à cette pratique de façon durable.

Shutri, mariée de force à 14 ans et mère à 15 ans

© CARE

Rani, 17 ans, vit dans un village du Bangladesh où la plupart des filles quittent l'école à l'enfance et se marient entre 12 et 14 ans. Rani, elle, va au lycée. Pendant son temps libre, elle se rend dans un centre géré par CARE. Elle y aide d'autres filles à apprendre à écrire dont Shruti, sa belle-sœur de 16 ans. Si les parents de Rani n'ont pas voulu la marier pour ne pas limiter ses perspectives d'avenir, ils ont néanmoins marié leur fils à une fille de 14 ans.

Nos équipes ont rencontré Rani et Shruti lors du démarrage d'un programme de lutte contre les mariages précoces au Bangladesh et au Népal.

Dans ces deux pays, les femmes connaissaient leurs droits et souhaitaient que leurs filles finissent leur scolarité avant se marier. En même temps, elles veulent des belles-filles jeunes, qui aient des enfants rapidement et qui puissent s'occuper des tâches ménagères.

Le programme de CARE prend en compte les dynamiques au sein des communautés

Pour lutter contre les mariages forcés, il ne suffit donc pas d'éviter la déscolarisation des filles, de renforcer leurs compétences et de travailler avec les parents pour leur expliquer les conséquences d'un mariage précoce pour leurs propres filles.

Car travailler avec la mère de Rani signifie également travailler avec la belle-mère de Shruti. Et les équipes de CARE savent par expérience que les belles-mères ont un rôle déterminant dans le choix de l'âge de la fiancée de leur fils, du nombre d'enfants et de l'éventuel recours au planning familial.

Le nouveau programme de CARE va impliquer les différents acteurs d'une communauté dont les hommes et les belles-mères pour lutter contre les causes profondes des mariages précoces telles que :

  • Le lien entre le montant de la dot et l'âge du mariage. Dans de nombreuses communautés, les familles veulent des belles-filles qui sont jeunes car elles sont alors considérées comme plus faciles à contrôler. Elles sont prêtes à recevoir des dots moins importantes. Cela pousse les familles vulnérables à marier leurs filles très jeunes.
  • Le lien entre virginité et honneur familial. Certains parents et leaders religieux voient le mariage précoce comme un moyen d'empêcher les filles d'avoir des relations sexuelles avant le mariage et/ou de prévenir les violences sexuelles.

Plus d'informations sur www.care.org/tippingpoint.

Ce programme est soutenu par Kendeda Fund, et est élaboré en partenariat avec Siddhartha Samudayik Samaj, le Dalit Social Development Center, JASHIS et l'association pour les habitants des bidonvilles (Association for Slum Dwellers).