21 juillet 2014

Egypte : quand les filles n'ont pas d'alternatives au mariage forcé

Dans de nombreux pays, le mariage semble être la seule solution pour une fille de subvenir à ses besoins et de respecter les normes sociales de sa communauté. Dans ses programmes contre les mariages précoces, CARE offre aux filles des alternatives au mariage qui sont viables pour elles et leur famille. Découvrez notre action en Egypte.

En Égypte, seules 24 % des femmes ont un emploi rémunéré

Quand Aaliyah s'est mariée pour la première fois, sa belle-famille lui a acheté un marchepied. Elle devait s'occuper des tâches ménagères et sans cet objet, elle était trop petite pour atteindre la cuisinière. Elle avait 14 ans et son mari 26 ans.

La famille d'Aaliyah était très pauvre. Elle et ses parents étaient analphabètes.

Dans les zones rurales, le mariage est une des seules options pour les femmes sans éducation. On attend d'une femme qu'elle se marie, ait des enfants et s'occupe du foyer.

« Ma belle-mère était très dure avec moi. Elle m'insultait tout le temps. Mon mari me battait si je faisais mal quelque chose. J'ai fait deux fausses couches parce que sa famille me faisait faire toutes les tâches ménagères. Je n'ai jamais eu la chance de recevoir des soins prénatals », a témoigné Aaliyah lors d'une réunion de sensibilisation sur les mariages précoces organisée par CARE.

Depuis 2012, CARE Égypte lutte contre les mariages précoces dans le gouvernorat de Minya en soutenant l'instauration d'un dialogue entre parents et enfants (garçons et filles âgés de 11 à 16 ans).

CARE offre aux filles et femmes des alternatives économiques au mariage forcé

L'ONG CARE lutte contre les mariages forcés
2014 / CARE

Aujourd'hui, Aaliyah s'inquiète des conséquences que ce mariage précoce aura sur ses enfants. Elle craint qu'ils n'aient aucune alternative, tout comme elle.

« Aujourd'hui, j'ai 26 ans et j'ai trois enfants. Je me sens coupable de n'avoir pas pu les élever comme j'aurais dû le faire. Je ne savais pas comment obtenir un certificat de naissance pour mon premier enfant, il n'a pas pu être scolarisé et ne s'est pas fait vacciner. J'ai insisté pour obtenir un certificat pour mes deux autres enfants, mais mon ainé restera pauvre parce qu'il n'est pas allé à l'école », explique Aaliyah.

Aaliyah a pourtant trouvé la force de changer de vie. CARE Egypte travaille avec des entreprises afin de pouvoir offrir des alternatives économiques aux jeunes filles de cette région. Grace à cela, Aaliyah a trouvé un emploi dans une usine et veut suivre des cours d'alphabétisation.

Pour Aaliyah, disposer de nouvelles opportunités a fait toute la différence. Elle a désormais non seulement les ressources nécessaires pour améliorer la vie de ses enfants, mais également assez confiance en elle pour témoigner.

« J'ai raconté mon histoire à des mères. Je les ai conseillés de ne pas marier leurs filles jeunes. Je veux que ces filles puissent poursuivre leurs études pour qu'elles soient en mesure de faire face aux difficultés de leur mariage, aux exigences de leur mari et aux besoins de leurs enfants. Je ne veux pas que d'autres filles souffrent comme moi. »