23 juillet 2014

Au Népal, 41 % des filles se marient avant l'âge de 18 ans. Bahadur fait partie d'un groupe d'hommes qui se bat contre cette pratique et pour l'égalité des genres, avec le soutien de CARE.

Les effets négatifs des mariages précoces et du système des dots

L'ONG humanitaire CARE lutte contre les mariages forcés.
2014 / CARE

Au Népal, le père décide souvent de l'avenir des enfants sans les consulter. Ce n'est pas le cas de Bahadur Giri :

« Mon fils et moi avons discuté de son prochain mariage et avons décidé que nous ne voulons rien de la famille de ma belle-fille. Le système des dots a toujours eu des conséquences regrettables. »

Les effets négatifs sont en effet nombreux :

Les filles mariées trop jeunes abandonnent l'école, sont plus susceptibles d'être victimes de violences, et leurs enfants auront moins d'opportunités de réussir tout au long de leur vie.

Elles ont aussi plus de risques de mourir pendant l'accouchement. En effet, dans les pays en développement, les complications survenant lors de la grossesse et de l'accouchement sont la principale cause de décès chez les filles de 15-19 ans.

Mais le fait que les parents soient conscients de ces répercussions n'a pas pour autant suffit à mettre un terme aux mariages d'enfants.

Cela s'explique notamment par le fait que plus la fille est âgée, plus la dot que ses parents doivent verser est conséquente.

Les filles, dont les parents n'ont pas les moyens de payer une dot, risquent de ne jamais se marier et donc d'être exclues socialement. Si elles se marient, elles sont très souvent violentées voire totalement rejetées par leur belle-famille.

CARE soutient un groupe d'hommes qui s'engage pour les droits des femmes

La décision relative à la dot ne revient ni aux filles ou à leurs parents, mais à la famille du marié. En tant que beau-père, Bahadur a le pouvoir de changer les choses. Ce qu'il a décidé de faire.

C'est une démarche courageuse de la part de Bahadur et de son fils, car dans leur région, la pression sociale est forte.

La plupart des familles offrent un vélo ou une moto à leur futur beau-fils. Bahadur est d'ailleurs arrivé à la réunion communautaire organisée par CARE avec la moto qui avait été la dot de sa femme. Les jeunes hommes qui épousent des filles très pauvres s'achèteront une moto et prétendront qu'elle est la dot de leur femme, simplement pour éviter les critiques et protéger la réputation de leur épouse.

Bahadur fait partie d'un groupe de soutien pour les hommes mis en place par CARE et le Dalit Social Development Center, une organisation népalaise. Ce groupe aide justement les hommes qui veulent modifier les normes sociales qui entretiennent les discriminations contre les femmes. Les membres se soutiennent mutuellement et échangent avec d'autres hommes pour les convaincre des bienfaits de l'égalité des genres.

« Nous voulons devenir meilleurs, de meilleurs maris et pères. Nous devons donc changer », explique Bahadur.