17 mai 2017

Région du lac Tchad : les épidémies et la famine menacent les vies de millions de personnes

La propagation des épidémies dans la région du lac Tchad associée à une augmentation du nombre de personnes touchées par la famine au Nigeria exige de trouver rapidement une solution politique à un conflit complexe et de mettre à disposition des fonds indispensables. Les bailleurs doivent respecter les engagements pris en février lors de la conférence d’Oslo et débloquer des fonds.

Selon les dernières études, dans les trois mois à venir, deux millions de personnes supplémentaires s’apprêtent à affronter une insécurité alimentaire extrême au Nigeria, amenant le nombre de personnes qui se couchent chaque soir le ventre vide à près de 9 millions. « En juin, environ 50 000 personnes subiront la famine sans pouvoir recevoir de soutien humanitaire d’urgence », prévient Garth Van’t Hul, directeur de CARE Nigeria par interim. 

Plus tôt dans l’année, les épidémies ont frappé le Niger et le Nigeria. Près de 10 000 cas présumés de méningites et plus de 830 décès ont été recensés au Nigeria depuis le début de l’épidémie en avril. Dans le Niger voisin, violemment déchiré par un conflit, l’hépatite E est apparue pour la première fois, touchant ainsi l’un des pays les plus pauvres au monde dont les services de santé sont très insuffisants. 

« C’est une couche supplémentaire de misère pour les gens qui essaient de survivre à un conflit violent et à une insécurité alimentaire croissante. Il est également très préoccupant de constater que les femmes sont les plus touchées par l’épidémie d’hépatite. Tous les décès sont survenus parmi les femmes enceintes. Nous devons agir vite pour contenir l’épidémie », explique Vant’Hul.

Suite à la conférence d’Oslo sur les financements consacrés à la région du lac Tchad en février dernier, seuls 21 % des 1,1 milliard USD promis ont été débloqués. « Cela entrave sévèrement les efforts de secours et nous exhortons les bailleurs de libérer ces fonds dès que possible. Il est inacceptable d’abandonner ces millions de personnes à leurs souffrances. Les bailleurs doivent respecter leurs engagements pour réduire la faim et limiter la crise épidémique imminente », appelle Van’t Hul.

Par ailleurs, il faut trouver une solution politique pour mettre fin au conflit dans la région du lac Tchad. « Le conflit reste négligé par les dirigeants politiques et absent des agendas des bailleurs. Cependant, nous ne devons pas attendre que la famine soit officiellement déclarée au Nigeria. Les familles ont besoin d’une aide humanitaire maintenant. Nous éviterons ainsi le pire et les aiderons à reconstruire leur vie. »

CARE intervient au Nigeria : 900 000 personnes ont déjà bénéficié de distributions de nourriture, de biens de première nécessité ainsi que de services de santé sexuelle et reproductive. Un soutien psychosocial est également proposé aux femmes touchées par les violences basées sur le genre.

Au Niger, CARE distribue du matériel de sensibilisation aux maladies et a fourni 9 000 jerricans d’eau potable ainsi que des tablettes de purification pour éviter l’épidémie d’hépatite E dans l’ensemble de la région.

À ce jour, CARE a soutenu 53 000 personnes au Cameroun, 47 000 au Tchad et plus de 250 000 personnes au Niger avec des distributions d’eau, de nourriture, d’abris, de fournitures agricoles, d’articles ménagers et de cuisine ainsi que de kits d’hygiène. 

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