09 août 2017

Yémen : « Si on avait pu prendre un vol de Sanaa, on aurait pu lui sauver la vie. »

« Si on avait pu prendre un vol de Sanaa, on aurait pu lui sauver la vie. Mon père aurait pu avoir accès au traitement dont il avait besoin en seulement 3 heures », témoigne Mohammed. Suite à la fermeture de l’aéroport international de Sanaa, il y un an, 10 000 personnes sont mortes faute de pouvoir se rendre à l’étranger pour recevoir des soins médicaux. Le père de Mohammed en fait partie. 

« Il a besoin de voyager pour être soigné mais il risque de mourir pendant le trajet. Vous devez prendre une décision. »

Les docteurs m’ont dit que l’état de santé de mon père n’était pas bon. Au Yémen, il ne pouvait pas être soigné. Depuis le début de la guerre, les médicaments n’arrivent plus dans le pays. La principale raison est la fermeture de l’aéroport international de Sanaa. Et ils n’arrivent pas non plus depuis le port de Hudaydah.

Mon père avait une fibrose au foie, notre seul espoir était qu’il reçoive une greffe à l'étranger. Les docteurs nous ont conseillé d’essayer de prendre un vol de Sanaa (via un vol humanitaire). Ils nous ont dit que mon père était trop faible pour faire 20h de route en voiture jusqu’à l’aéroport de Seiyun, qu'il risquait de mourir durant le trajet. Cette route est dangereuse, très dangereuse. 

Je leur ai demandé : « Alors que faire ? ». Ils m’ont dit : « Il a besoin d’être soigné, de voyager pour être soigné. C’est la seule option pour qu’il survive mais il risque de mourir pendant le trajet. Il est très faible. Vous devez prendre une décision. » 

« Mon père répétait : "Quand je reviendrai, quand je reviendrai." Puis il est mort. »

Mon père était optimiste. Ça me faisait de la peine de le voir comme ça. Il espérait être soigné à l’étranger et revenir à la maison. Il a laissé de choses en suspens parce qu’il pensait pouvoir s’en occuper à son retour. Il répétait : « Quand je reviendrai, quand je reviendrai. » Puis il est mort soudainement. C’était horrible. 

Si on avait pu prendre un vol de Sanaa, on aurait pu lui sauver la vie. Mon père aurait pu avoir accès au traitement dont il avait besoin en seulement 3 heures.

La situation au Yémen est devenue catastrophique. Des gens meurent dans les hôpitaux yéménites, d’autres essaient de trouver un moyen de sortir du pays. Certains meurent sur la route ou une fois arrivés dans la ville de Seiyun. 

Les ONG réclament l'ouverture de l'aéroport de Sanaa.

Cela fait un an que l’aéroport international de Sanaa a été fermé officiellement. Les ONG présentes au Yémen, dont CARE, demandent la réouverture immédiate de toutes les voies de circulations domestiques et internationales. 

Le Yémen a besoin d’aide.

CARE a déjà soutenu 2 millions de personnes au Yémen. Notre bureau local aide les populations yéménites en leur apportant de l’eau potable, de la nourriture et des kits d’hygiène. Mais les besoins humanitaires sont très importants : l'ONU et les ONG ont besoin de 1,2 milliard de dollars pour couvrir les besoins les plus urgents des populations. 

Vous pouvez soutenir les actions d’urgence menées par CARE au Yémen et partout dans le monde.