Colloque pour les 30 ans de CARE France : les femmes comme clé du développement

Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale et Arielle de Rothschild, présidente de CARE France, réuniront experts, institutionnels, travailleurs humanitaires, intellectuels et représentants de la société civile pour une matinée d'échanges et de débats sur le rôle des femmes en tant qu'actrices du changement et du développement.

Il est désormais clair que les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD 2000-2015) concernant les femmes et les filles ne seront pas atteints dans les délais impartis : réduction de la mortalité maternelle, réduction de l'inégalité des sexes au niveau du pouvoir décisionnel, aussi bien dans la sphère publique que privée.

Ce colloque veut être une contribution positive à la position française sur l'agenda post 2015.

Programme

9h00 à 9h15 : Introduction

Elisabeth Guigou, députée, présidente de la Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée nationale
Arielle de Rothschild, présidente de CARE France, vice-présidente de CARE International

9h15 à 10h00 : Femmes et pouvoir économique : un pari gagnant pour le développement ?

Intervenants :
Claudine Mensah Awute, Directrice-Pays, CARE International au Mali
Catherine Garreta, Directrice exécutive en charge des relations extérieures et des partenariats, Agence Française de Développement
Catherine Boiteux Pelletier, Senior Advisor, Responsabilité d'entreprise Groupe AXA
Lionel Zinsou, Président de PAI Partners, membre du Conseil d'Administration de CARE France

A travers le monde, les femmes contribuent de manière significative à la survie économique de leur communauté et à la croissance de leur pays en accomplissant un large éventail d'emplois et d'activités dans des secteurs peu valorisés (travaux domestiques, économie informelle...). Or elles le font le plus souvent dans des conditions de travail difficiles, sans avoir de garantie sur la pérennité de leur emploi ou activité et pour un niveau de revenu peu élevé. Généralement privées d'un accès au patrimoine, au capital et à toute forme d'assurance sociale, les femmes et les filles font face à une vulnérabilité économique chronique. Elles représentent 70% du 1,3 milliard de personnes qui vivent avec moins de 1 dollar par jour.

Or divers programmes de développement ont démontré qu'en investissant dans l'éducation et la formation des femmes et des filles, en leur donnant accès aux moyens économiques (capital, propriété foncière..) et en les plaçant au cœur des programmes et projets de développement, on constate un effet multiplicateur bénéfique- économique, social et politique- pour elles, leurs familles et leurs communautés.

Cette table ronde se basera sur un exemple concret de développement par et pour les femmes mis en œuvre depuis 30 ans principalement en Afrique : les Associations Villageoises d'Epargne et de Crédit (AVEC). Quels sont les succès et défis de ce modèle dans une perspective de réduction des inégalités de genre et d'empowerment des femmes et des filles ? Quelles initiatives et politiques peuvent être formulées par les institutions (gouvernements, bailleurs, etc) et le secteur privé pour une inclusion systématique, juste et durable des femmes dans la sphère économique ?

10h00 à 10h45 : Faire évoluer les lois, les normes et les pratiques pour un avenir au féminin pluriel

Intervenants :
Nicole Ameline, Députée du Calvados et Présidente du Comité des Nations Unies pour l'Elimination des discriminations faites aux femmes
Hakima Fassi Fihri, Directrice des Ressources Humaines et des Affaires Juridiques, Université Internationale de Rabat au Maroc

Dans la plupart des pays qui ont ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), des lois sexistes régissent toujours le mariage, la propriété et l'héritage. Or les indicateurs de développement démontrent que les populations des sociétés plus équitables à l'égard des femmes sont, en moyenne, plus riches, en meilleure santé et mieux éduquées que celles des pays où les femmes sont marginalisées.

Cette table ronde s'appuiera notamment sur une récente étude menée sur la participation des femmes au Printemps arabe et à la vie politique en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (Maroc, Egypte, Yémen et Territoires palestiniens occupés) ayant mis en évidence l'émergence d'une société civile forte et sur des témoignages des femmes qui ont participé à ces processus de transformation politique et sociale.

Quelles sont les leçons issues de ces récentes mobilisations et les évolutions constatées en termes de droits humains, et notamment des droits des femmes ? Quels sont les freins et les perspectives de progrès pour un engagement accru et des mesures concrètes en faveur de l'égalité des sexes de la part des états et autres acteurs institutionnels ? Comment peut-on s'assurer que l'agenda de développement post-2015 placera ces thématiques au cœur des débats et des actions de la communauté internationale ?

11h00 à 11h45 : Femmes, hommes : la construction de la différence

Discussion avec Françoise Héritier, Anthropologue africaniste et Professeure honoraire, Collège de France

La construction des rôles sociaux de genre est inhérente à toute époque et à toute société. Chaque culture définit des attentes, consciemment ou non, à l'égard des femmes et des hommes, des filles et des garçons. Poursuivre l'objectif d'égalité entre les femmes et les hommes nécessite de prendre conscience de ces normes.

Cette session prendra la forme d'un entretien privilégié avec Françoise Héritier, anthropologue africaniste et Professeure honoraire, Collège de France  qui donnera sa vision de l'évolution des rôles sociaux de genre à travers l'histoire mais aussi les territoires.

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