Maroc
Projets en cours
- Maroc : Améliorer la réussite d'élèves issus de familles défavorisées (FAME phase 2)
- Maroc : Amélioration de l'éducation préscolaire dans le quartier Sidi Moumen à Casablanca
- Maroc : Soutien aux organisations communautaires dans leur demande d'équité pour l'accès aux services de base
- Maroc : Favoriser et améliorer l'éducation préscolaire
Projets terminés
L'Initiative Nationale pour le Développement Humain (l'INDH) lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 18 mai 2005 a pour objectif de combler le retard du Maroc dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. L'INDH - qui vise au renforcement de l'action de l'Etat, des collectivités locales et la structuration des capacités de toutes les composantes de la société civile - a retenu trois principaux axes d'intervention : l'accès aux services de base pour tous (santé, éducation, culture, services urbains, transports...), la promotion des activités génératrices de revenus et l'aide aux personnes les plus vulnérables. Elle est réalisée à travers un partenariat entre l'Etat, les collectivités locales et les organismes internationaux.
CARE voit dans cette initiative novatrice et ambitieuse une réelle opportunité de répondre aux besoins de développement du pays, où les inégalités restent très fortes. CARE a donc initié des premières démarches en 2007 au Maroc, avec pour objectif de mettre en œuvre des programmes d'accès aux services de bases, de renforcement des capacités des acteurs locaux et de développement socio-économique des populations les plus vulnérables.

CARE Maroc
134, Angle route Ouled Ziane & rue Asswane
Imm B, 3ème étage, appt n°5 & 6
Casablanca
Tel: (+212) 22 45 29 16
Fax: (+212) 22 45 29 22
Email : info@caremaroc.org
En images
Pour en savoir plus
- CARE International Maroc (pdf - 2.6Mo)
- L'étude sur l'analyse des causes profondes de la pauvreté au Maroc, juin 2012 (pdf - 2.0Mo)
- Rapport annuel 2011 de CARE Maroc (pdf - 2.0Mo)
CARE Maroc sur son atelier stratégique
Du 5 au 7 juin 2012
Après cinq années d'existence, CARE International Maroc a tenu du 5 au 7 juin 2012 son atelier de planification stratégique pour les dix prochaines années. Il ressort de ces échanges initiés entre organisations de la société civile, bailleurs de fonds et autorités nationales, le souhait de travailler en priorité auprès des jeunes et des femmes de ce pays pour les accompagner dans les transformations et l'évolution de la société marocaine.
Témoignage
Je suis puissante !
Je m'appelle Jamila Gail. Je suis née dans la vieille Medina de Casablanca, mais depuis mon mariage, je vis à Dar Bouazza, une banlieue de Casablanca, dans un bidonville appelé Silbat Ain Gueddid. J'ai deux filles et un fils.
J'ai transformé une pièce de ma maison en classe maternelle et j'enseigne là depuis une vingtaine d'années, accueillant les enfants du voisinage. Je suis très fière car je peux subvenir aux besoins de ma famille avec les revenus de ma classe préscolaire, surtout depuis que mon mari ne travaille plus à cause de sa maladie.
Au début, je devais faire face à de nombreuses difficultés : l'équipement et le mobilier pour les enfants étaient très chers, je ne pouvais pas me permettre de les acheter, et les enfants passaient les journées dans un environnement inadéquat. J'essayais d'expliquer aux parents que je ne voulais pas devenir une simple école coranique traditionnelle (Kutab), je me souciais des enfants, mais je ne savais pas comment faire et comment enseigner autrement.
La première fois que j'ai rencontré CARE, c'était en septembre 2008, quand une de leurs équipes était en train de faire un diagnostic à Dar Bouazza pour commencer un projet d'éducation et de renforcement des capacités. J'ai été choisie comme bénéficiaire, de même que 33 autres enseignantes. Pour la première fois quelqu'un venait frapper à ma porte pour m'inviter à travailler ensemble, voilà ce qui m'a encouragée à participer dans ce projet.
La formation que nous avons reçue sur les nouvelles méthodes pédagogiques nous a vraiment beaucoup apporté, puisque nous n'avions toujours connu que les méthodes traditionnelles. Le support de CARE nous a aussi permis d'appliquer ces nouvelles capacités directement dans nos classes. C'était très concret: nous pouvions voir les changements au fur et à mesure que nous mettions en pratique les nouvelles méthodes. Nous avons aussi reçu des nouveaux équipements plus adaptés, ce qui nous a grandement motivés à faire nous aussi des travaux de réhabilitation, comme percer des fenêtres, ou repeindre les classes.
Un autre domaine qui a totalement changé est notre relation avec les autorités locales. Nous étions auparavant terrifiées, car si les autorités découvraient nos classes informelles, elles les fermaient immédiatement. Le projet a coordonné des rencontres avec le Ministère de l'Education et a organisé des visites de supervision sur le terrain. Ce n'a pas été un processus facile, mais vers la fin du projet et avec l'encouragement de CARE, 8 enseignantes et moi avons décidé de créer une association pour améliorer et partager nos connaissances. L'association IKAA (Lire) a été créée en 2011 et nous sommes à présent 30 membres, et nous continuons de recevoir de nouvelles demandes d'adhésion. Nous avons finalement obtenu la reconnaissance des autorités, et plus récemment IKAA a signé un accord de partenariat avec la représentation locale du Ministère de l'Education pour la création de classes maternelles spécialisées pour les enfants à besoins spécifiques.
A présent, les activités de l'association ne cessent d'augmenter : nous organisons des camps d'été pour 100 enfants de Dar Bouazza avec le support de la municipalité pour le transport ; nous organisons des journées de l'environnement pour sensibiliser la population à la protection de l'environnement, améliorer les conditions de santé et aider les nouveaux enseignants ; nous organisons des formations en coordination avec le Ministère de l'Education.
Maintenant, je me sens UTILE ! Je mets en pratique ce que j'ai appris pour aider les autres. J'ai aidé 8 nouveaux enseignants à créer leur propre classe maternelle.
Maintenant, je me sens PUISSANTE ! Les gens de ma communauté viennent me voir, surtout les femmes seules (divorcées ou veuves) et me demandent de parler pour elles à la municipalité pour recevoir de l'aide.
Maintenant, je me sens FIERE ! La municipalité m'aide à mettre en œuvre mes activités et la délégation du Ministère de l'Education m'accueille toujours chaleureusement et a recours à moi pour mobiliser les autres enseignants de Dar Bouazza.

