Tchad

Tchad : projet d'appui aux ménages affectés par l'insécurité alimentaire et nutritionnelle à l'Est du Tchad, région de Wadi Fira, sous-préfecture d'Amzoer

Fiche projet

Début : juin 2015
Fin : février 2016
Localisation : Tchad
Budget : 600 000 €
Partenaires locaux :

Financé par : Financé par l'Union européenne - Aide humanitaire (ECHO)
Bénéficiaires : 27 419 personnes (plus particulièrement des nourrissons, des jeunes enfants et des femmes)

Ce projet a pour but de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages les plus vulnérables de cette région via la mise en place d’un système de prévention de la malnutrition chez les tout-petits ainsi que par des distributions d’argent.

Contexte :

Le Tchad est l’un des pays les plus pauvres au monde, classé 184e sur 187 en 2014 selon l'indice de développement humain (IDH) du PNUD, avec un IDH de 0,372. Plus de 64% de la population vit avec moins de 1 US$/jour/personne.

La région du Wadi Fira dans la bande sahélienne est une région du Tchad particulièrement touchée par l’insécurité alimentaire due à

  • une faible production agro-pastorale, liée à la mauvaise répartition spatiale et temporaire des pluies et le non-accès aux infrastructures hydro-agricoles de base pour la production en contre saison ;
  • un faible pouvoir d'achat de la population, avec un revenu moyen mensuel estimé à moins d'1€/jour/personne, pour une taille moyenne de 7 personnes par ménage ;
  • les chocs climatiques et environnementaux récurrents ;
  • la fragilisation de l’environnement par la désertification, la déforestation, la croissance démographique accrue qui met une pression importante sur les ressources, notamment la terre et les services sociaux et économiques en place.

Par ailleurs, la situation nutritionnelle des ménages dans la zone est critique, avec un taux de malnutrition aigüe globale de 14%, dont 1,8% de malnutrition aigüe sévère (rapport SMART d’UNICEF, septembre 2014). Quant à la malnutrition chronique, elle reste très élevée dans l’ensemble du Wadi Fira, avec une prévalence estimée à 32,3% dont 8,7% de malnutrition chronique sévère.

Ces éléments conduisent à des crises alimentaires cycliques qui affectent des millions de personnes, obligeant les ménages les plus pauvres à adopter des stratégies de survie néfastes (déstockage, migration de longue durée, déforestation, etc.) mettant ainsi en danger la durabilité de leurs moyens d’existence.

Les ménages les plus pauvres sont d’autant plus vulnérables à l’insécurité alimentaire et à toute variation des prix sur le marché durant la période de soudure pendant laquelle les récoltes précédentes sont épuisées et les nouvelles récoltes pas encore récoltées. Les ménages sont alors dépendants des produits du marché pour couvrir leurs besoins alimentaires et non-alimentaires.

Objectifs :

Objectif global : Contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages très pauvres affectés par les crises récurrentes à l'Est du Tchad, région du Wadi Fira.

Objectif spécifique : Répondre aux besoins immédiats des ménages très pauvres à risque de déficit de survie dans les départements de Biltine, sous-préfecture d'Amzoer, pour améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le projet a pour objectif de permettre aux ménages très pauvres, en déficit de protection des moyens d'existence et à risque de déficit de survie, de couvrir leurs besoins alimentaires minimum, en qualité et quantité, pendant la période de soudure, à travers des opérations de distribution d’argent.

Les ménages les plus vulnérables de la zone de Biltine où la population vit principalement d’activités agropastorales seront confrontés à une crise alimentaire pendant la période de soudure à partir de juin 2015.

Par ailleurs, ces mêmes ménages sont déjà confrontés à un déficit de protection de leurs moyens d'existence : ils ont recours à des stratégies d'adaptation qui se révèlent néfastes et mettent en danger leurs moyens d'existence.

Par conséquent, ils sont exposés au déficit de survie.

Les distributions d’argent seront organisées pendant les périodes critiques (de juin à septembre) ; elles leur permettront d'avoir accès à de la nourriture pendant la période de soudure et de couvrir d'autres besoins non-alimentaires essentiels, ce qui réduirait le recours à des stratégies négatives et restrictives de leurs moyens d'existence.

Dans un contexte nutritionnel très préoccupant, le projet a également pour objectif de limiter l'apparition de nouveaux cas de malnutrition et d'améliorer la prise en charge des enfants malnutris. CARE interviendra donc au niveau de la prévention : des distributions de suppléments nutritionnels aux enfants de 6 à 23 mois issus des ménages ciblés par le projet seront organisées en partenariat avec le programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), en plus des séances de sensibilisation communautaire. CARE organisera également des sorties de dépistage actif, de référencement des enfants malnutris, ensuite orientés vers les centres de santé, avec mise en place d’un suivi de leur prise en charge, conformément à la politique nationale, en collaboration avec le district sanitaire de Biltine.

Activités :

La sécurité alimentaire d'au moins 3 917 ménages très pauvres affectés par le déficit alimentaire est significativement améliorée d'ici la fin de l'action.

Activités :

  • Mise en place d’une campagne d'information auprès des autorités locales et de la population sur le projet et création de comités d'identification des bénéficiaires.
  • Ciblage et établissement des listes de bénéficiaires.
  • Distribution de coupons aux bénéficiaires : ces coupons sont échangeables contre de l’argent liquide lors des distributions monétaires et ne sont valables que pour un tour de distribution. CARE conduira trois distributions de 20 000 F CFA pour 3917 ménages très pauvres en déficit de protection et à risque de déficit de survie.
  • Mise en place d’un suivi de proximité, d’un monitoring post-distribution et d’une enquête socio-économique.

Un système de prévention et de prise en charge de la malnutrition aiguë globale est effectif en coordination avec les centres de santé qui dispensent les traitements.

Activités :

  • Identification des enfants âgés de 6 à23 mois.
  • Distribution de compléments nutritionnels pour les enfants identifiés.
  • Suivi de l’état nutritionnel des enfants recevant des compléments nutritionnels.
  • Mise en place d'un système de dépistage actif et de référencement des cas de malnutrition aiguë.
  • Organisation de séances communautaires de sensibilisation aux bonnes pratiques en matière d'hygiène, d'assainissement et de nutrition à distribution.