01 mars 2000

Un état des lieux montre que les femmes ont un rôle déterminant à jouer dans la dynamique de développement durable. Pourtant, elles sont très majoritairement écartées du système bancaire et de la prise de décision.

Des initiatives institutionnelles et l’action des ONG prennent désormais en compte le soutien aux activités économiques et l’accès au crédit fait partie des moyens mis en oeuvre en faveur des femmes.

Le microcrédit , en particulier, est un outil essentiel pour promouvoir le rôle des femmes dans les pays en développement. Les premières innovations remontent à 1976, avec la création de la Grameen Bank (qui ne compte que 6% d’hommes parmi ses membres).

 Qu’est-ce que le microcrédit ?

 Le microcrédit est un prêt consenti à des hommes et des femmes, a priori insolvables et ignorés des banques commerciales, de petites sommes d’argent (850 F en moyenne) pour leur permettre de créer leur activité et d’augmenter leur revenu. Ces prêts, aux échéances hebdomadaires, sont de très courte durée : de quelques semaines à un an. Ils sont accordés à des taux largement inférieurs à celui que pratiquent les usuriers. Le plus souvent ces prêts ne sont soumis à aucune garantie matérielle, mais à une épargne préalable et/ou sur le principe de la caution solidaire : l’emprunteur fait partie d’un groupe qui s’engage à rembourser l’emprunt en cas de défaillance d’un de ses membres. La médiation permet de sécuriser le remboursement et de développer le lien social et la solidarité.

Actuellement 10 millions de personnes bénéficient du microcrédit, pour un montant de 1,7 milliard de dollars, prêtés par 7000 institutions de microcrédit à travers le monde.

À l’échelle mondiale, 58% des expériences de microcrédit sont destinées prioritairement aux femmes. Cependant la moyenne des prêts qui leur sont consentis (168$) est largement inférieure à celle des prêts masculins ( 562$).

Parmi les opérateurs du microcrédit, les ONG internationales, comme Care, sont celles qui développent le plus le crédit féminin : plus de 60% des ONG agissant dans le domaine du microcrédit ont une clientèle composée à 50% de femmes, contre 30% pour les réseaux coopératifs et mutualistes et 14% pour les banques de microfinance.

Les programmes menés par les ONG, comme Care, s’accompagnent de services complémentaires : formation, aide à la gestion, analyse des risques, qui sont autant de mesures d’aide au développement autonome et durable. Avec plus de 50 programmes en cours de réalisation dans le domaine des petites activités économiques, Care participe activement au débat en cours sur les questions de microfinancement et des femmes dans les pays en développement.

L’impact socioéconomique du microcrédit est indéniable : s’il s’exerce dans la durée, il devient un instrument d’indépendance financière et sociale et donc de dignité personnelle. Il est aussi le seul moyen de lutter contre le crédit usurier. Il entraîne des effets d’apprentissage économique, juridique et de gestion ainsi qu’une véritable prise de responsabilité.

Le microcrédit favorise par ailleurs l’accès aux services sociaux de base, aux soins de santé, à l’eau potable, à l’assainissement, à la planification familiale. Il s’avère que les femmes qui en bénéficient inscrivent plus volontiers leurs enfants (notamment leurs filles) à l’école.

Enfin, même s’il reste impuissant à atteindre « les plus pauvres des plus pauvres », le microcrédit est un facteur de développement de la solidarité et de la démocratie, grâce à l’application du principe de caution solidaire et de médiation.

Care France, l’une des 10 associations de Care International, intervient actuellement en Afrique (Niger et Togo) et en Asie (Cambodge) pour des programmes de microcrédit. Les femmes, qui sont bien souvent les plus défavorisées parmi les pauvres, les plus démunies en moyens et en formation, sont les principales bénéficiaires des projets de Care France en matière de microcrédit.

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