17 avril 2001

Procès de Prétoria : Care demande instamment à l'industrie pharmaceutique de retirer sa plainte contre le gouvernement Sud-Africain.

Care International, qui gère des programmes VIH/SIDA dans 20 pays, prend fermement position en faveur de l’accès aux médicaments pour les malades du SIDA des pays en développement.

La bataille menée par l’industrie pharmaceutique contre le gouvernement sud-africain est inacceptable, alors qu’il s’agit de sauver des millions de vies. Le procès de Pretoria constitue un obstacle à la coopération immédiate de tous les acteurs impliqués.

Si les détenteurs de brevets ne veulent pas baisser leurs prix à des niveaux abordables, alors ils doivent donner leurs produits sans conditions, ou s’écarter pour laisser la place aux médicaments génériques.

L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) met actuellement en vigueur un nouveau régime de brevets internationaux, qui ne prend pas clairement en compte les immenses et complexes besoins des pays en développement, en matière de santé, parmi lesquels la lutte contre le VIH/SIDA. La question de l’accès aux médicaments est au cœur de ce problème. L’accord du Conseil des Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce (ADPIC), risque de contribuer au renchérissement des médicaments, les mettant hors de portée de millions de personnes qui en ont désespérément besoin.

Les protections des brevets sont une composante légitime et importante du commerce international. Mais les gouvernements doivent conserver autorité et flexibilité pour pouvoir faire passer, lorsque la situation l’exige, les intérêts de santé publique avant les intérêts privés. Pour Care, il convient de clarifier les ADPIC sur deux points : la préservation des droits des états ainsi que la prise en compte des besoins spécifiques en matière de santé et des moyens pour y répondre.

L’accès aux médicaments ne représente qu’une partie de la délicate problématique du SIDA, mais c’est une étape décisive, qui doit être franchie immédiatement. La mise à disposition des médicaments antirétroviraux encouragera les populations à effectuer plus rapidement les tests de dépistage et à entamer les traitements, réduisant ainsi potentiellement les taux de transmission.

Les pays riches ont aussi leur rôle à jouer. Ils peuvent faciliter l’accès aux médicaments en réformant la loi ADPIC sur les brevets, et créer un fond permettant de fournir des médicaments essentiels aux pays qui ne peuvent les payer. Toutefois, les contributions à ce fond ne doivent pas se faire au détriment d’autres programmes de développement auprès des populations les plus vulnérables.

Les gouvernements des pays touchés doivent intensifier leurs efforts pour dissiper les mythes, promouvoir la prévention, les soins et le soutien communautaire. Ils doivent décourager les attitudes discriminatoires des employeurs envers les personnes touchées et redoubler leurs efforts pour offrir des services de santé publique adaptés.

Si chacun des acteurs joue son rôle, nous pouvons faire d’avril 2001 un tournant historique dans le combat contre le VIH/SIDA.

Care gère des programmes VIH/SIDA dans 20 pays et les intensifiera au cours des 5 prochaines années pour y consacrer un budget de plus de 100 millions d’euros, avec les objectifs suivants :

  • assister les services publics des pays en développement dans la réponse apportée aux besoins en fournitures médicales de base, en préservatifs, en médicaments et en personnel médical
  • soutenir les organisations locales et la société civile dans les soins qu’ils apportent aux foyers touchés ainsi que dans leur démarche de témoignage pour le respect des droits des personnes affectées par le virus
  • réduire la transmission des MST et du VIH
  • promouvoir une implication plus importante de la communauté dans le processus de prévention et inciter les démarches volontaires pour les tests et l’accès à des conseils
  • augmenter le soutien aux plus vulnérables à l’égard des conséquences socio-économiques du VIH/SIDA (orphelins, adolescents, personnes plus âgées). 


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