01 décembre 2001

La communauté internationale a rendu hommage aux 6 000 personnes mortes tragiquement le 11 septembre dernier, par 3 minutes de silence.

Si le même élan s’exprimait en faveur des victimes du Sida, le monde retiendrait ses paroles et son souffle pendant bien plus longtemps.

3 millions de morts du Sida en 2000 mériteraient 4 minutes 6 secondes de silence par jour, chaque jour de l’année.

Le nombre de personnes contaminées par le virus depuis 20 ans (58 millions de personnes) représente presque l’équivalent de la population française. La progression du virus est inéluctable : chaque jour, 15 000 personnes de plus sont infectées. Pour la moitié d’entre elles il s’agit de jeunes, âgés de 15 à 24 ans. Aujourd’hui 36 millions de personnes vivent avec le virus du Sida. Plus de 95 % d’entre elles se trouvent dans les pays en développement (Chiffres de la Banque Mondiale).

Ce bilan a conduit les Nations Unies à organiser du 25 au 27 juin 2001 une Session extraordinaire, consacrée au VIH/Sida. Le sommet a reconnu la gravité de la crise et des décisions de principe ont été prises. Reste à les appliquer dans la réalité, avec une perception claire de

Care, qui s’est engagé dans la lutte contre le Sida depuis 1987 et mène aujourd’hui 44 programmes dans le monde, aborde aussi la catastrophe du Sida comme une crise du développement. C’est dans une perspective globale que Care situe son combat contre la pandémie, comme axe prioritaire de la lutte plus largement menée contre la pauvreté.

Care considère en effet que le problème du VIH/Sida doit être pris en compte dans tous les programmes d’urgence et de développement. Parce que le Sida a une incidence sur l’impact des programmes, Care intègre la prévention, la sensibilisation et le soutien aux malades au sein de chacun de ses projets traditionnels.

Philippe Lévêque, Directeur Général de Care met également l’accent sur l’impérieuse nécessité de l’accès aux antirétroviraux et au traitement des maladies opportunistes . Il soutient « que le Fonds Thérapeutique Mondial doit être en partie utilisé pour acheter des ARV aux firmes qui proposent le meilleur prix avec la qualité indispensable –dans la plupart des cas des génériques produits dans les pays en développement- afin de résoudre le dilemme prévention/traitement ».

Ceci d’autant plus que, selon l’expérience de Care, la mise à disposition des ARV encouragera les populations à effectuer plus rapidement les tests de dépistage, à faire évoluer les comportements à risque et à entamer des traitements, réduisant ainsi les taux de transmission du virus. Les ARV sont l’élément indispensable pour porter un 1er coup d’arrêt à la pandémie. Care s’est donc engagé à mettre son expertise du terrain et des stratégies de développement au service de cette nouvelle politique ainsi qu’à faire campagne pour l’accès aux médicaments et le respect des droits fondamentaux des personnes vivant avec le VIH/Sida.

Enfin, Care insiste particulièrement, dans la lutte contre le Sida, sur les groupes les plus vulnérables.

(à cause de conflits, de catastrophes naturelles, ou pour des raisons économiques)

. C’est pour eux en priorité que Care a engagé des programmes spécifiques en Afrique, en Asie et en Amérique