26 septembre 2002

La rentrée des classes ne sera pas pour tout le monde

. Si rien n’est fait, 113 millions d’enfants dans le monde, en âge d’aller à l’école primaire, des filles pour la majorité, resteront illettrés et ne seront pas en mesure de soutenir pleinement le développement de leur communauté lorsqu’ils deviendront adultes.

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En Afghanistan, par exemple, le système d’éducation a été détruit par 23 années de guerre. CARE y mène le projet COPE d’éducation primaire à l’attention des filles et des garçons. Ce programme, un de nos programmes les plus innovants et les plus efficaces, a été accepté par les communautés et a pu se développer en plein cœur du conflit grâce à son faible coût, sa capacité à durer, et son respect des normes locales. COPE est géré par les communautés, et touche plus de 23.000 élèves, dont 46% sont des filles. CARE a également démarré le projet de Formation de Femmes Professeurs, qui a déjà formé plus de 1.200 nouvelles institutrices, ainsi que un projet de rattrapage pour les étudiants qui n’ont pas pu aller à l’école plus tôt.

Si la situation en Afrique est terrible, 75 % des illétrés dans le monde – environ 666 millions de personnes – vivent en Asie. Avec la deuxième population la plus importante du monde, l’Inde, par exemple, a fait de l’éducation une priorité. Quand bien même, seulement un tiers des jeunes filles indiennes vont à l’école primaire. Afin d’améliorer cette situation, les communautés travaillent avec CARE et d’autres ONGs pour créer des écoles à bas prix. A l’ouverture des premières écoles, les élèves étaient si impatients de pouvoir suivre les cours que les professeurs ont du en refuser pour cause de manque de place. Le taux de réussite au sein de ces écoles est de 95 %, pour un coût moyen de 840 € par élève.

Au Pérou, dans certaines zones rurales, 50% des femmes entre 15 et 50 ans sont illétrées. Le projet de CARE, « De nouveaux horizons pour l’éducation des filles » est à la tête d’un réseau regroupant les ministères, les organisations locales et les bailleurs internationaux. Ce programme a pour objectif d’identifier et de résoudre les problèmes liés à l’éducation des filles au Pérou. Après un long et efficace travail de témoignage de la part de ce réseau, le Congrès péruvien a récemment approuvé une loi visant à promouvoir l’éducation des filles. C’est une grande victoire et une avancée concrête dans la promotion de l’accès à l’éducation pour tous les enfants.

Afin de permettre aux jeunes filles dans les zones rurales d’Afghanistan, dans les villages reculés des Andes, dans les grandes agglomérations de Chine, d’Inde ou de Malaisie, d’avoir accès à une éducation de qualité, des financements doivent être assurés. La Banque Mondiale estime que pour permettre l’accès à l’éducation pour tous, entre 2.5 et 5 milliards d’euros supplémentaires sont nécessaires.

Mais les financements seuls ne suffiront pas à assurer l’accès à l’éduction pour tous. La pauvreté est en effet le premier obstacle à l’éducation, suivi de près par la pratique très répandue de garder les filles à la maison pour qu’elles aident aux taches domestiques, comme aller chercher l’eau, s’occuper des frêres et sœurs ou encore préparer les repas. De plus, le niveau d’éducation dispensé dans les écoles est souvent tellement bas, que même lorsque les familles y envoient leurs enfants, ils n’arrivent pas à y apprendre à lire et à écrire.

Il est donc important de sensibiliser les familles sur les bénéfices d’une bonne éducation. Les femmes éduquées ont de meilleurs soins prénatals et par conséquent de meilleurs taux de survie lors des accouchements. Pour chaque année d’étude après l’école primaire, les ressources augementent de 20 %. L’éducation est également la meilleure arme dans la lutte contre le VIH/SIDA. Parmi les femmes non-éduquées, plus de 40% n’ont aucune connaissance sur le VIH/SIDA, contre 8% pour les femmes ayant reçu une éducation post-primaire. L’éducation est également un facteur majeur dans la lutte contre la pauvreté – un adulte ayant reçu une éducation primaire gagne en moyenne deux fois plus qu’un adulte qui n’a pas reçu d’éducation.

D’après la Banque Mondiale, les pays qui ont les meilleurs taux d’éducation pour les études secondaires sont également ceux qui ont la meilleure stabilité politique et le meilleur respect des droits de l’homme. Ces pays agissent alors dans l’intérêt d’un monde où chacun peut vivre dans la paix et la sécurité. En d’autres termes, donner à chaque enfant la possibilité d’apprendre bénéficie au monde entier, alors que priver un enfant d’éducation peut avoir des conséquences dramatiques pour tous.

Par Jane Benbow, Directeur du programme éducation de base et éducation des filles de CARE.

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