25 mars 2004

CARE International et le Centre de Coopération Internationale publient aujourd’hui, sous le titre « Le prix d’un trop faible engagement », un rapport sur l’Afghanistan qui fait de la sécurité l’enjeu n°1 et demande à la communauté internationale de prendre quatre mesures spécifiques pour assurer la stabilité du pays.

En 1er lieu, stopper la montée rapide de la violence

, associée au trafic de drogue. " Le succès à long terme dépend de la capacité que nous donnons aux familles afghanes d¹assurer leurs revenus par des voies légales ", indique le rapport : l¹opium afghan représente actuellement 75 % de la production mondiale. En 2000, lorsque les Talibans proscrivaient cette production, elle ne dépassait pas 12 %.

Élaboré à l¹intention des gouvernements donateurs et des institutions financières internationales pour la Conférence de Berlin (31 mars/1er avril), le rapport demande également à la communauté internationale d¹accepter la requête du gouvernement afghan : une aide de 27,5 milliards de $ pour la reconstruction du pays sur les 7 prochaines années.

Le rapport appelle par ailleurs les Nations Unies et la Coalition militaire conduite par les USA à concentrer leurs efforts sur la capacité de l¹Afghanistan à assurer sa sécurité et l¹aider à mettre sur pied une police et une armée nationales. Bref, il s¹agit de rattraper le retard des aides à la reconstruction en prenant, lors de la Conférence de Berlin, des engagements sur plusieurs années.

Parallèlement, le gouvernement afghan devra travailler à construire ses propres capacités et rendre compte de l¹usage des fonds dispensés par la communauté internationale en toute transparence.

Pour souligner la nécessité de ressources susceptibles de mettre fin à la violence, Kevin Henry, Directeur du plaidoyer de CARE International, précise : " l¹absence de sécurité ralentira la reconstruction, ébranlera la confiance dans le gouvernement, favorisera la drogue et, plus généralement, l¹économie criminelle, rendra les conditions plus favorables pour les agissements terroristes en Afghanistan et le long des frontières ".

En effet, l¹insécurité est tenue pour largement responsable de la poursuite de l¹activité des Talibans, d¹Al-Qaïda et des groupes apparentés, des abus commis par les chefs militaires hors du contrôle du gouvernement, des rivalités entre " seigneurs de la guerre " et des gangs armés. " Les rivalités locales sont de plus en plus alimentées par le développement de la drogue ", note le rapport, qui déplore l¹augmentation inquiétante du nombre d¹agressions. La violence quotidienne à l¹encontre des Afghans est en hausse, mais aussi celle qui s¹exerce à l¹égard des humanitaires. Entre le 14 février et le 6 mars 2004, 11 humanitaires ont trouvé la mort, autant de victimes que pour l¹ensemble de l¹année 2003.

Le rapport établit les difficultés pour le gouvernement de lutter contre le trafic de drogue, sans ressources des donateurs internationaux. Les paysans qui cultivent le pavot gagnent 2520 $ par an, contre 670 $ pour ceux qui font une autre culture. La récolte du pavot rapporte 6,77 $ par jour, soit plus du double que pour le blé.

" Directement ou indirectement, l¹économie criminelle renforcera la menace que la communauté internationale est venue combattre en Afghanistan. L¹autre solution consiste à marginaliser l¹économie parallèle et à consolider les institutions gouvernementales ", poursuit le rapport. Et il conclut : le coût à long terme d¹un échec en Afghanistan pèsera certainement plus lourd que les investissements liés à la reconstruction et au maintien de la paix.

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       Loetitia Raymond- CARE France- Tél : 01 53 19 89 87.        Fax : 01 53 19 89 90. E mail : raymond@carefrance.org