02 avril 2004

Berlin, (jeudi 1er avril). Les 8,2 milliards d’USD accordés à l'Afghanistan par les donateurs internationaux lors de la conférence de Berlin concourent à une augmentation significative des fonds. Selon l'organisation humanitaire internationale CARE, qui opère en Afghanistan depuis 30 ans, l'implication concernant les engagements à long terme, reste inférieure aux attentes.

"L'année à venir constitue un test sur l'engagement de l'Afghanistan et de ses donateurs", souligne Kevin Henry, porte-parole de CARE. "La communauté internationale doit s'engager à distribuer des fonds et le gouvernement afghan doit s'employer à utiliser ces ressources de manière pertinente et transparente".

Si chacune des parties tient ses engagements, on peut espérer une plus grande implication pour la reconstruction de l'Afghanistan. "Cette année permettra d'établir un premier bilan", déclare Barnett Rubin du CIC* de l'Université de New York. Il faut souhaiter que les donateurs renforcent leurs engagements pour les années à venir.

Selon une récente évaluation des besoins réalisée par le gouvernement afghan, la reconstruction exigera une aide de 27,5 milliards d’USD sur les 7 prochaines années. L'attribution de 4,5 milliards d’USD la première année dépasse légèrement le montant demandé et a donné satisfaction au gouvernement afghan, soulignent CARE et le CIC*.

Cependant, seulement 1,4 milliard d’USD d'engagements fermes, soit 36 % du montant demandé, ont été obtenus pour la 3ème année, bien loin des 4 milliards d’USD de fonds annuels jugés nécessaires pour parvenir à la reconstruction de l'Afghanistan.

Sans engagement à long terme, le gouvernement afghan ne pourra pas assumer les projets de reconstruction prévus au cours du plan septennal. Alors que plusieurs donateurs ont promis des fonds à long terme sur plusieurs années, beaucoup d'entre eux continuent à distribuer les fonds sur une base annuelle.

Ce manque d'engagement contribue à l'aggravation des menaces d'insécurité, générées par les milices et par les groupes terroristes et à l'escalade du commerce de l'opium, de plus en plus difficile à contrôler. L'OTAN a exprimé son intention de renforcer la présence des forces de sécurité à l'extérieur de Kaboul, décision très appréciée alors que peu d'engagements concrets en ce sens ont été annoncés lors de la conférence. Un accord conclu la semaine dernière pour le contrôle des armes lourdes et le désarmement des combattants doit être encore rendu effectif.

"Il est très encourageant, déclare Kevin Henry, que l'ensemble de la communauté internationale reconnaisse aujourd'hui les menaces d'insécurité auxquelles l'Afghanistan doit faire face". Cependant dans la perspective des élections prévues en septembre 2004, les actions terrain sont indispensables dans les zones de désarmement ; la présence des forces de sécurité, l'assistance internationale et les efforts mis en place pour contrer l'expansion du commerce des narcotiques doivent être renforcées.

* Center on International Cooperation

Consultez le rapport complet de CARE et du CIC sur la reconstruction de l'Afghanistan

Contacts presse :

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