07 janvier 2005

Arrêter la collecte serait irresponsable et méprisant pour les victimes du raz de marée en Asie

Paris, le 6 janvier 2005

La mobilisation des moyens et le formidable élan mondial ne peuvent en aucun cas se limiter aux capacités de gestion de telle ou telle association, s'indigne Damien Desjonquères, directeur des programmes de CARE France,  suite au propos tenus récemment par des responsables de MSF.

Ce n'est pas aux 5 millions de victimes et déplacés du tsunami de s'adapter aux moyens de nos organisations, renchérit Damien Desjonquères, c'est à ces dernières de développer leurs moyens d'intervention pour répondre le plus largement possible à l'ampleur de la catastrophe. Les besoins sont immenses : ce sont d'ores et déjà des centaines de millions d'euros qui seront nécessaires dans chacun des pays touchés, tant dans la phase d'urgence (eau, alimentation, médical, abri) que pour celle de la reconstruction (habitat, infrastructures, activités agricoles et pêche...).

Il ne s'agit pas simplement de soigner, consoler, ou tendre la main : l'enjeu n'est rien moins que la reconstruction. Cela demande du temps, de l'énergie, de la persévérance. Il ne s'agit pas d'être avare dans les moyens mais ambitieux dans les objectifs, réaliste dans les délais et rigoureux dans la mise en œuvre. La remise sur pied des populations touchées est à ce prix.

Par ailleurs, prétendre que les ONG n’ont pas de rôle dans la reconstruction, c’est nier l’ampleur des programmes que des milliers d’ONG mènent à travers le monde dans ce domaine. Des dizaines de millions de personnes reconstruisent leurs vies grâce aux initiatives de petites et de grosses associations qui poursuivent avec succès la reconstruction morale et matérielle, sociale et économique des zones soumises à des conflits ou des catastrophes naturelles. Le rôle des ONG doit être complémentaire de celui des états et non antagoniste, insiste Damien Desjonquères .

Photo : Madhuri Dass