10 janvier 2005

Bénévole au Sri Lanka pour aider les victimes de la catastrophe

Les bureaux de CARE Sri Lanka à Colombo viennent à peine d’ouvrir ce lundi lorsque Madame Vasanthi Vivekanandan (60 ans) vient nous proposer de l’aide : « Je voudrais faire quelque chose, aider d’une manière ou d’une autre, je suis disponible pour les jours à venir, je suis sri lankaise et je vis en Angleterre, je suis ici aujourd’hui parce que je suis donatrice de CARE et je voudrais vous aider. » nous explique-t-elle.

Madame Vasanthi Vivekanandan, que tous ici surnomment « Vive » vit en Angleterre depuis déjà 38 ans. D’origine Sri lankaise, Vive se rend tous les ans au Sri Lanka pour voir ses proches, notamment son fils qui vit à Colombo. Le 26 décembre, alors qu’elle s’apprêtait à embarquer dans l’avion en direction de son pays, elle apprend avec stupeur l’annonce de la terrible catastrophe. Bouleversée par la nouvelle, elle n’a qu’une hâte, arriver sur place et contacter les siens. Vive sait déjà que ces vacances là n’auront pas la même saveur,  l’ombre du drame ternie la joie des retrouvailles. Face à l’ampleur des dégâts, Vive n’envisage pas de rester les bras croisés alors que des milliers de sri lankais ont besoin d’aide. Elle voudrait partir vers le sud, sur le terrain, aider directement les sinistrés. Elle décide enfin de rester à Colombo, « parce que je ne suis pas médecin, ni infirmière, je ne pourrai pas vraiment aider ces gens sur place et je ne veux pas être un poids » précise-t-elle, à juste titre. « J’ai préféré rester à la capitale où je peux être utile car j’ai moi même des problèmes de santé » avouera Vive.

Pendant deux jours, du matin jusqu’à tard dans la soirée, Vive et les dizaines d’autres  bénévoles se sont afférés pour  préparer les 5500 paquets qui seront distribués à Batticaloa et Ampara, deux villes situées dans l’est du pays.  Ces colis qui contiennent des saris, des serviettes, des draps, du tissu,  du savon et des dessous permettront à environ 20 000 personnes de s’habiller et de se laver. Parmi les bénévoles, des femmes, mais aussi beaucoup d’hommes et des jeunes qui ont parfois demandé à leur patron de ne pas venir travailler pour venir nous aider. Une initiative à la mesure de l’immense élan de solidarité qui a porté les Sri lankais dès les premières heures qui ont suivi la catastrophe.

 Pour Vive, cela est bien naturel «  je m’imaginais mal passer des vacances comme si de rien n’était alors que mon pays est sans dessus dessous. Je donne à CARE depuis des années, ma nièce travaille au bureau de Jafna dans le nord du pays, ma présence allait de soi » explique-t-elle. Si Vive est affirmative sur son engagement, elle s’inquiète par contre du bon acheminement des dons : « je préfère donner à une association, au moins je suis certaine que ce que nous donnons arrivera directement aux bénéficiaires. Depuis l’arrivée des humanitaires l’aide est bien mieux organisée, je leur fait confiance ».

 Malgré la catastrophe, malgré l’immense tragédie, Vive se dit heureuse de voir son peuple uni, d’assister à cette merveilleuse mobilisation collective qui lui fait dire qu’elle est fière d’être sri lankaise.