01 avril 2005

L’exposition qui a lieu ce 17 mars 2005 au matin au San Sebastian Hall de Batticaloa au Sri Lanka comporte de nombreuses et étonnantes oeuvres : un journal intime, une maison de poupée, une carcasse de téléviseur, une peluche bien abîmée et bien d’autres objets, pour la plupart accrochés à un filet de pêche.

Les femmes de “Batti” étaient déjà les premières à s’élever contre la violence spécialement envers elles, notamment au travers d’un programme mené par CARE Sri Lanka de lutte contre la violence envers les femmes. Ce sont elles, peu après le Tsunami, qui ont décidé de se réunir pour débuter cet indispensable travail psychologique après une catastrophe qui les a marqué bien plus encore que les millions de gens qui ont spontanément voulu les aider.

C’est donc en groupe et soutenues par CARE que les femmes de “Batti” ont décidées de monter un évènement culturel “We will live”, “pour ne jamais oublier mais surtout repartir de l’avant” nous explique Mary. Cette femme de 53 ans à l’élégant sari bleu turquoise est l’exemple même de ces femmes dont le Sri Lanka a besoin pour se relever de cette terrible catastrophe.

Le jour du raz de marée, Mary, qui vit dans le quartier de Kalladi au bord de la mer a entendu les enfants de la maison voisine crier en voyant de loin la mer revenir à toute vitesse vers le rivage. C’est grâce à eux qu’elle a eu le temps de réagir, quitter sa maison au plus vite et emmener de force, sur plusieurs centaines de mètres, son mari, tétanisé par la peur. C’est ce qu’il a empêché de s’occuper de ses jeunes vosins.

Responsable du WDF ( Women Development Formation), Mary fut l’une des initiatrices aux cotés de CARE de cette manifestation culturelle. Ce sont les femmes touchées par le Tsunami, et en mémoire de celles qui n’ont pas survécu, qui ont décidé ce qu’il fallait faire, avec qui et comment : une exposition d’objets retrouvés par leur propriétaire au milieu des décombres laissés par le Tsunami et un spectacle l’après-midi pour rendre hommage, en mini-pièces de théâtre et en chansons, aux victimes.

“Il faut redonner de la force et du courage, notamment aux femmes dont le Tsunami a emporté enfants, mari et maison et qui ne se posent aujourd’hui qu’une question : pourquoi sont-elles toujours là ?”

Mary n’a pas besoin de longs discours pour expliquer l’utilité de cet évènement festif et culturel.

Si Mary a tout perdu lors du Tsunami et n’a donc rien pu exposé, elle a voulu participer à cette journée en montant une des pièces du spectacle.

Pas tellement parce qu’elle a perdu sa maison, et tout ce qu’elle possédait, mais surtout pour ne jamais oublier 4 enfants, emportés par le Tsunami qu’elle aurait tellement voulu aider et dont les cris les ont sauvés, elle et son mari, le 26 décembre 2004 au matin.

Et surtout pour repartir de l’avant aux cotés de leur frère qui a survécu et de leurs