16 avril 2005

Entretiens avec nos chargés de projet de retour du Sri Lanka et d'Indonésie.

Jean-Dominique Bodard a passé un mois au Sri Lanka et nous raconte le projet mené par CARE France.

En quoi consiste le projet mené par CARE France au Sri Lanka ?

L'urgence passée, il s'agit aujourd'hui de recréer les conditions de vie normales des Sri Lankais touchés par le Tsunami. Dans la province de Jaffna, au nord du pays,  400 moteurs sont en cours de réparation pour réhabiliter des bateaux endommagés. CARE France va également redonner à 340 familles réparties dans 5 communes le moyen de repartir pêcher en leur fournissant 170 bateaux (1 pour 2 familles)...

Ces bateaux permettent à leurs propriétaires de retourner à leur seul moyen de survie : la pêche. Il est aussi prévu d'aider à reconstruire les coopératives de pêcheurs détruites par le raz de marée et indispensables pour organiser la pêche dans chaque commune et coordonner les pêcheurs. Des formations environnementales, techniques et administratives seront mises en oeuvre pour faciliter et améliorer le fonctionnement des coopératives et les méthodes de pêche.

Quelles sont les difficultés rencontrées sur place ?

CARE intervient dans un pays où le pouvoir est partagé entre le gouvernement cinghalais en place et les rebelles Tamouls. C'est un facteur à prendre en considération et nous faisons attention à ne jamais privilégier une population ou l'autre. C'est une des raisons pour lesquelles CARE est accepté dans le pays par les deux parties depuis des dizaines d'années.

L'autre difficulté rencontrée par CARE est de trouver des terrains appartenant à l'état et où les villageois victimes du raz de marée peuvent être relogés. Cela est d'autant plus dur que le gouvernement Sri Lankais met du temps à déterminer ces emplacements et qu'il faut dorénavant respecter une zone de sécurité interdite à la reconstruction entre 100 à 300 mètres des plages.

Que peut-on faire pour les femmes de pêcheurs ?

Les femmes assurent sur les côtes Sri Lankaises un revenu d'appoint indispensable aux familles de pêcheurs. Elles pratiquaient la couture, le petit élevage, s'occupaient de revendre le poisson pêché par leur mari. Ce sont des activités qu'il faut relancer. CARE France va donc aider ces femmes en leur permettant de récupérer, selon leurs besoins, sel pour conserver le poisson, couteaux et autres ustensiles pour le transformer ou bicyclettes pour aller le revendre.

Patrick Boittin revient d'Indonésie et nous explique ce qui a été fait en Indonésie et ce que CARE France va faire pour participer à la reconstruction.

Quels sont les premiers besoins des personnes déplacées depuis le Tsunami ?

Les besoins sont nombreux mais les principaux sont les plus rudimentaires : des logements et de l'argent. Il va falloir encore quelques semaines voire des mois pour pouvoir reconstruire toutes les maisons détruites par le Tsunami en Indonésie. En revanche dès maintenant les gens veulent travailler et gagner de l'argent même très peu pour pouvoir recommencer une vie normale. CARE France va donc continuer à rémunérer ceux qui nettoient jour après jour les décombres laissés depuis le raz-de-marée et ceux plus récents du second tremblement de terre qui a principalement touché le nord de l'Indonésie.

Que peut-on faire pour aider sur le long terme les personnes qui ont tout perdu dans cette catastrophe ?

Il faut que toutes les personnes touchées puissent retrouver du travail dans la durée. Nous leur fournissons actuellement un travail et un revenu d'appoint mais ce n'est pas suffisant. C'est pour cette raison que CARE France va restaurer les rizières et les étangs à crevettes pour que pêcheurs et agriculteurs puissent au plus vite recommencer leur activité.

Par ailleurs et parce que ces personnes ont aussi perdu les outils ou produits dont ils avaient besoin pour leur travail, nous allons leur fournir selon leurs besoins et leur métier des semences, des filets pour la pêche en étang, des outils agricoles...

Et en Indonésie, est-ce que CARE France va aussi s'occuper des pêcheurs en mer ?

Comme dans les autres pays victimes du Tsunami, les pêcheurs sont une des populations les plus touchées. A Aceh Bessar, une région au nord ouest de l'Indonésie et à l'est de la ville de Banda Aceh, nous prévoyons de commander plusieurs dizaines de pirogues en bois et à moteur pour parer aux besoins les plus urgents et d'en faire construire une autre partie par des charpentiers de marine qui seront formés grâce à un projet soutenu par CARE France. Chacun des projets dont nous nous occupons doit intégrer toute la population de la région que nous aidons pour que personne, homme ou femme et quel que soit son métier, ne soit oublié.