03 août 2005

CARE distribue gratuitement des vivres et des aliments pour le bétail dans les zones les plus vulnérables des régions de Tahoua, Maradi et Diffa. Dans le cadre de cette opération, 404 tonnes de mil et 130 tonnes d’aliments pour le bétail sont en cours de distribution à environ 150 000 bénéficiaires.

CARE met également en place, grâce au financement de ECHO, le département d’aide humanitaire de l’Union Européenne, un projet pour réduire la malnutrition à Zinder au profit de 28 000 enfants et 17 000 femmes. CARE devrait aussi distribuer 3 850 tonnes supplémentaires de vivres à 260 000 personnes dans les zones extrêmement vulnérables des régions de Maradi, Tahoua et Diffa.

Pour une intervention à impact significatif, CARE souhaite élargir l’échelle de sa réponse à la crise en s’appuyant sur sa très grande capacité logistique et son  expérience dans la gestion des urgences. CARE dispose d’une capacité logistique et d’une expérience qui peut aider à faire face à cette crise en partenariat avec les autres acteurs. CARE est présent dans sept des huit régions du pays. L’équipe de CARE, qui compte plus de 300 personnes, est mobilisée.

La réponse de CARE va crescendo au rythme de la mobilisation des ressources auprès des donateurs. L’objectif de CARE est à la fois de secourir en urgence les populations et d’aider les ménages durement touchés à reconstituer leur capital économique.

Le travail de CARE n’est donc pas une réponse ponctuelle. Il s’inscrit dans la perspective d’une sécurisation durable des conditions de vie des ménages.

CARE est présent au Niger depuis 1974.

Association de solidarité internationale, CARE International est au Niger depuis 1974. Ses premières interventions furent concentrées sur l’appui au gouvernement dans la lutte contre la famine à travers notamment la distribution de vivres. Au fil des années CARE va progressivement orienter ses interventions vers des programmes de développement tout en conservant ses capacités d’action en matière d’urgence.

C’est ce qui explique la grande place qu’occupe l’analyse de la vulnérabilité dans la mise en œuvre des programmes chez CARE. Chez CARE, les catastrophes ne sont pas que des perturbations temporaires à prendre en charge uniquement sur la base de réponses d’urgence ; la gravité de leurs conséquences dépend aussi des capacités des communautés à résister puis à réagir adéquatement. Pour CARE, c’est dans le renforcement des capacités des communautés à prévenir et à gérer les crises que réside la solution durable à l’insécurité alimentaire au Sahel. Cela ne sera possible que si l’on reconnaît à ces communautés un rôle à jouer et la pleine responsabilité dans la gestion de tous les processus d’alerte précoce et de réponse aux urgences.

Des mesures d’atténuation des risques

L’atténuation des risques pour les ménages dans les zones d’intervention de CARE est partie intégrante de toutes les interventions de CARE au Niger.

A la suite de l’annonce faite en mai 2004 par la Direction Nationale de la Protection de Végétaux sur la  menace d’une invasion acridienne, CARE a immédiatement redynamisé  son  dispositif de suivi de la vulnérabilité au niveau de ses zones d’intervention reparties dans toutes les régions du pays. Ceci  a permis à CARE  de bien suivre la situation et de partager très tôt les  informations avec les partenaires.

A la fin de la campagne agropastorale 2004 et suite à une évaluation de l’impact de la sécheresse et de l’invasion acridienne dans  ses zones d’interventions, CARE et le Programme d’Initiative pour la Sécurité Alimentaire au Niger ont procédé entre octobre et novembre 2004 à une distribution de 506 tonnes de blé dans les zones de Doutchi, Illela, Tanout et Agadez.

En janvier 2005, CARE (avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et la Cellule de Crise Alimentaire -CCA- du gouvernement Nigérien) a renforcé les stocks de vivres et d’aliments pour le bétail dans les régions de Diffa, Tahoua et Maradi. Ces stocks, créés de manière préventive dès 2003, ont depuis mai 2005, fonctionné comme une soupape de sécurité notamment pour les communautés pastorales de la région de Diffa. Avec l’appui de la FAO, CARE a également distribué des semences dans le département d’Illéla.

Mais les besoins en vivres sont encore très importants. En situation normale les ménages extrêmement vulnérables ont un déficit de trois à cinq mois dans l’année. En temps de crise, ces ménages sont totalement démunis et leurs enfants sévèrement touchés par la malnutrition. Les interventions ne répondent pas toujours aux besoins des ménages extrêmement vulnérables.  Dans certaines zones, les ménages les plus vulnérables abandonnent leurs champs pour vendre leur main d’œuvre quand ils ne vendent pas les champs déjà ensemencés.