08 février 2006

PORT AU PRINCE - 8 février 2006 -

Malgré la misère et l’insécurité, les Haïtiens se préparent activement à choisir leur président et leurs représentants, pour la première fois depuis le départ du président Jean-Bertrand Aristide démocratiquement élu en 2004. CARE, une des principales ONG œuvrant en Haïti, appelle aujourd’hui tous les partis à travailler ensemble et demande un investissement international à long terme pour le développement du pays.

« Ces élections offrent une opportunité à ne pas manquer pour initier le dialogue national pour un meilleur avenir pour Haïti », dit Philippe Lévêque, directeur général de CARE France. « Le pays ne peut avancer sans ce dialogue et sans un appui de la communauté internationale à long terme pour reconstruire les institutions et les infrastructures du pays ».

Présente en Haïti depuis 50 ans, CARE participe à des programmes de développement variés dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de l’éducation, de la société civile, de l’agriculture, de la santé et des services de base. Contribuant à des efforts pour renforcer la société civile, CARE a mis en place un programme d’un an pour sensibiliser la population à la démocratie et à l’importance d’aller voter. L’équipe de ce programme rapporte le fort désir de la population de participer au vote.

« A travers notre projet d’éducation des électeurs, dans les régions les plus éloignées, les gens nous disent qu’ils ont besoin d’un président et de représentants locaux pour gérer leur vie quotidienne », rapporte Sophie Pérez, coordonnatrice de la société civile pour CARE.

Les élections ont été reportées plusieurs fois, principalement à cause de l’insécurité, et seulement 3,5 millions de personnes sur une population d’environ 8 millions sont allées se faire enregistrer. Toutefois, une grande majorité des gens pense aller voter, surtout dans le milieu rural qui ne vit pas l’insécurité journalière qui est devenue le quotidien de la capitale, Port au Prince. Beaucoup de gens ont retiré leur carte électorale et des mesures sont prises pour permettre à ceux qui n’ont pas eu le temps de la retirer d’aller voter.

Il y a malgré tout peu de choses qu’un gouvernement peut réaliser sans les ressources financières nécessaires. «Il est crucial que la communauté internationale continue d’apporter son aide à Haïti afin que les Haïtiens eux-mêmes puissent réussir à bâtir le changement et le progrès », dit Philippe Lévêque. «Deux années ont passé depuis la conférence internationale des bailleurs pour Haïti et très peu des fonds promis sont arrivés dans le pays ».

Moins de 10 % du milliard d’euros promis à cette conférence en 2004 ont été jusqu’ici débloqués.

« Les Haïtiens ont vu l’aide internationale arriver et repartir trop de fois », dit Philippe Lévêque. « Le nouveau gouvernement haïtien et les nouveaux élus, avec le soutien des pays donateurs et des organisations internationales, devront travailler ensemble pour améliorer rapidement la sécurité et les services de base pour les citoyens.»  

CARE est une association de solidarité internationale non confessionnelle, apolitique et indépendante. Dans une démarche de développement durable, CARE aide et rend autonomes les plus démunis tout en protégeant leurs droits économiques et sociaux.

Contacts presse : 

Annie Leroy, Responsable Communication de CARE France

01 53 19 89 89 – leroy@carefrance.org

Philippe Lévêque, Directeur Général de CARE France

01 53 19 89 89 – leveque@carefrance.org