08 mars 2007

CARE rend hommage aux femmes qui s’engagent dans la lutte contre l’excision.

CARE réitère son engagement contre l’excision et rend hommage aux femmes qui s’engagent pour l’abolir.

 

Abay, 28 ans, est éthiopienne et l’une de ces femmes. A l’âge de 8 ans, comme la plupart des fillettes de son village, sa mère lui a dit qu’elle devait subir le rite de passage : l’excision. A la surprise de sa mère, elle a refusé et, devant son insistance, elle a fini par fuir son village pour se réfugier chez un membre de sa famille à Addis Abeba. Quelques années plus tard, Abay est retournée dans son village alors qu’elle travaillait pour CARE. Elle y est venue pour construire une école, une clinique et aménager un système d’approvisionnement en eau. Dans le cadre de son travail, elle a également cherché à sensibiliser les femmes, mais aussi les hommes de son village, sur les graves conséquences des mutilations génitales féminines. Les discussions furent longues et houleuses. Et c’est seulement après avoir persuadé les femmes de la laisser filmer l’une des cérémonies d’excision et de montrer ce film aux hommes, qu’elle a réussi à convaincre l’ensemble de la communauté de mettre fin à cette pratique.

Chaque jour en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, 6000 jeunes filles subissent la douloureuse opération de l’excision. Les conditions d’hygiène sont la plupart du temps déplorables. L’excision entraîne de graves conséquences sur la santé des femmes qui la subissent, tant sur le plan physique que mental. Malgré les complications (risques d’hémorragie, infections, problèmes lors des rapports sexuels et de l’accouchement, risque de décès…), les communautés sont encore nombreuses à considérer l’excision comme partie intégrante de leur héritage culturel. Cette pratique - aussi barbare soit elle - correspond à un devoir religieux, une tradition et est considérée comme un moyen de s’assurer de la virginité des filles jusqu’au mariage. 

Pour CARE, la circoncision féminine est une atteinte à l’intégrité physique et morale, ainsi qu’aux droits fondamentaux des femmes. « Cette pratique étant profondément ancrée dans la culture, son abandon prendra du temps. C’est pourquoi CARE travaille en collaboration avec les communautés afin d’encourager un dialogue ouvert sur les effets dramatiques engendrés par l’excision et tente, comme l’a si bien réussi Abay, d’abolir définitivement cette pratique », déclare Philippe Lévêque, Directeur de CARE France.

A l’occasion de la journée internationale de la femme, CARE rend hommage à Abay et à toutes les femmes qui s’engagent dans la lutte contre l’excision.

CARE est une association de solidarité internationale non confessionnelle, apolitique et indépendante. Les femmes sont les premières victimes de la pauvreté, de la violence et des inégalités. Depuis 60 ans, l’association de solidarité internationale CARE s’est engagée dans la lutte contre la pauvreté. De ces années d’expérience, CARE a appris qu’améliorer la condition des femmes était essentiel pour opérer des changements en profondeur. Aujourd’hui, en travaillant avec les femmes dans plus de 70 pays, CARE contribue à construire un monde plus juste et à diminuer de manière significative le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

© 2006 Phil Borges