07 juillet 2007

Mi-parcours des Objectifs du Millénaire pour le Développement :

Paris, le 6 juillet 2007 - En septembre 2000, 147 gouvernements ont signé la Déclaration du Millénaire des Nations Unies, s’engageant ainsi à diminuer l’extrême pauvreté de moitié d’ici à 2015. Pour ce faire, ils ont fixé huit objectifs - les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) - et ont reconnu l’importance du rôle des femmes dans la lutte contre la pauvreté.

Demain, le 7 juillet 2007, nous arriverons à mi-parcours du délai imparti pour atteindre les OMD. A cette occasion, CARE interpelle la communauté internationale sur une triste réalité : « Les progrès sont très nettement insuffisants pour l’atteinte des objectifs, ce qui a un effet considérable sur la condition des femmes vivant dans l’extrême pauvreté », déclare Philippe Lévêque, Directeur de CARE France.

L’extrême pauvreté a un visage de femme

 :

·     Près d’1 milliard de personnes vivent dans l’extrême pauvreté, c'est-à-dire celles vivant avec moins de 1 dollar par jour. Parmi elles, 70 % sont des femmes.

·     Sur les 781 millions de personnes illettrées, les deux tiers sont des femmes.

·     Les femmes produisent 80 % de la nourriture et effectuent 70 % du travail non rémunéré. Pourtant, elles ne reçoivent que 10 % du revenu.

·     Seulement 1 % des terres appartient à des femmes.

·     Chaque année, quelque 600 000 femmes meurent en couches ou de complications liées à la grossesse, soit une toutes les minutes.

·     En 20 ans, la proportion de femmes est passée de 35 à 50 % des patients infectés par le VIH/SIDA.

Pourtant, les Objectifs du Millénaire pour le Développement ne prennent pas en compte les causes sous-jacentes spécifiques de la pauvreté des femmes et des jeunes filles. « L’éradication de la pauvreté des femmes et des jeunes filles implique une différenciation de l’accès et du contrôle des services et des ressources pour les hommes et les femmes. Ces différences doivent être traitées de manière plus explicite dans chacun des huit objectifs », revendique Philippe Lévêque.

Les femmes et les jeunes filles font face à de nombreux défis, qui ne sont pourtant pas considérés dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement, tels que :

·     la violence conjugale, la mutilation génitale féminine, le mariage des très jeunes filles, le trafic et le travail forcé ;

·     une législation discriminatoire, un manque de protection légale et l’absence de lois égalitaires ;

·     l’augmentation de la charge de travail pour les femmes car les Etats ne réussissent pas à financer les principaux services publics ;

·     la discrimination sur le marché du travail et la violation des droits du travail.

·     7  % des parlementaires sont des femmes et l’on ne compte que 13 femmes chefs d’Etat.

Les OMD ne prennent pas en compte le statut particulier des femmes et des jeunes filles dans la plupart des indicateurs. Seul le 3e objectif concerne l’égalité homme/femme. Or il ne contient qu’une seule cible sur 18 au total pour les 8 objectifs. Cela soulève la question du sérieux accordé à cet objectif par les signataires.  

CARE milite pour remettre les femmes au cœur des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

CARE reconnaît le travail accompli par l’équipe du Développement du Millénaire concernant l’éducation et l’Egalité homme/femme pour atteindre le 3e objectif. Mais pour CARE, les OMD ne peuvent être atteints que si les questions d’exclusion, d’inégalité et de discrimination sont davantage prises en compte. Les femmes sont encore trop souvent considérées comme inférieures aux hommes, ce qui ne fait que prolonger et aggraver la pauvreté.

C’est pourquoi CARE encourage vivement la communauté internationale à :

·     inclure l’égalité homme/femme comme l’une des cibles de chaque OMD ;

·     s’assurer que les cibles et les indicateurs concernant la violence homme/femme soient pris en compte dans les OMD ;

·     s’assurer que toutes les données liées aux OMD soient différenciées selon le sexe, afin de mieux distinguer l’impact sur les femmes ;

·     s’assurer que les gouvernements et la communauté internationale mobilisent les ressources adéquates pour les initiatives favorisant l’égalité homme/femme.

CARE est une association de solidarité internationale non confessionnelle, apolitique et indépendante. Dans une démarche de développement durable, CARE aide et rend autonomes les plus démunis tout en protégeant leurs droits économiques et sociaux.