14 janvier 2008

Les récentes violences auront des conséquences à long terme pour les personnes déplacées au Kenya

14 janvier 2008

- Au lendemain des violences post-électorales, les équipes de CARE au Kenya ont visité les camps et les campements des personnes déplacées dans l'ouest du pays et parlent d’une crise majeure. Des milliers de personnes et de familles cherchent encore refuge dans les églises, les commissariats de police et les écoles car leurs maisons ont été détruites.

« Les besoins des personnes qui ont fui leur foyer restent importants alors que de nombreux camps sont déjà surpeuplés et dans des conditions sanitaires déplorables », explique Bud Crandall, Directeur de CARE au Kenya. Les statistiques officielles font état de près de 100 000 personnes déplacées dans la seule Vallée du Rift.

La plupart des camps dans l'ouest du Kenya accueillent un nombre important d’enfants en bas âge, de femmes enceintes, de mères allaitantes et de personnes âgées, qui ont tous besoin d’une alimentation particulière et de soins spécifiques. A l’heure actuelle, de nombreux camps se trouvent dans l’incapacité de répondre à ces besoins.

Bien qu’ayant déjà pu recevoir des articles de première nécessité tels que des bâches en plastique, des bidons, des ustensiles de cuisine, du savon, des serviettes hygiéniques et des couvertures, de nombreuses familles expriment leur inquiétude quant à l’impossibilité d'envoyer leurs enfants à l'école qui doit reprendre cette semaine.

« Notre maison a brûlé et, avec elle, tous mes livres d'école et mes notes pour l'examen de l'enseignement secondaire», dit Rispa Irungu, 15 ans, réfugié dans une station de police de la région de Burnt Forest, dans l'ouest du pays. « Si seulement quelqu’un pouvait m’aider, parce que je ne veux pas rater mes études et passer mon examen final. »

Des représentants de la Croix-Rouge à Molo ont indiqué que les personnes déplacées séjournant dans les écoles devraient probablement quitter les lieux cette semaine, du fait de la rentrée. Une solution de recours est à l’étude, compte tenu du peu de terrains disponibles et de locaux sûrs. 

De nombreuses personnes, en particulier les femmes et les enfants, ont exprimé leur crainte de retourner chez eux, évoquant les attaques nocturnes et témoignant leur sentiment général d'insécurité. Même si certains sont parvenus à regagner leurs champs pour récupérer leur récolte et quelques biens, beaucoup ont retrouvé leur propriété brûlée ou pillée. 

Des communautés entières sont confrontées à de graves pertes économiques. Le long de la route de et vers l'ouest du Kenya, les équipes de CARE ont été les témoins de pillages et de vandalisme généralisé, et ont constaté de nombreuses maisons brûlées. Le coût des produits de base a quadruplé, laissant ainsi aux familles un sentiment de restriction.

Les habitants de l'immense bidonville de Kibera, à Nairobi, sont profondément touchés par la violence. « Toutes les kiosques ont brûlé, et peu de gens sont dans les rues par rapport aux foules qui d’habitude peuplent cette zone de Nairobi », dit Stephen Okello, chargé de projet pour CARE à Kibera. « On voit également très peu d'enfants dehors. Femmes et enfants ont fui vers les églises et autres lieux sûrs à travers Nairobi. De nombreuses personnes ayant perdu leurs moyens de subsistance sont désormais obligées de sortir de Kibera pour trouver de la nourriture et tout simplement un moyen de survivre. »