06 février 2008

Crise alimentaire au Kenya : CARE tire la sonnette d’alarme

8 Février 2008 – Après plus d’un mois de conflit suite aux élections de décembre dernier, le Kenya doit aujourd’hui faire face à une grave crise alimentaire. CARE tire la sonnette d’alarme : il est indispensable d’intervenir dans les 15 prochains jours si l’on ne veut pas que ce pays plonge dans une situation plus dramatique encore.

De nombreux fermiers ont fui. Par conséquent, environ 20 % des cultures de maïs n’ont pu être récoltées et sont d’ores et déjà perdues. Les combats et les déplacements de populations ont rendu le stockage des récoltes très problématique. De plus, les populations n’ont souvent eu d’autre choix, pour survivre, que de se nourrir des semences destinées à la culture.

Pour CARE la priorité doit être donnée à la distribution de semences aux fermiers qui sont restés et qui effectueront leurs récoltes dans les deux semaines à venir.

De cette manière, ils pourront semer à temps pour la prochaine récolte, ce qui permettra d’assurer la sécurité alimentaire de la région et d’éviter le pire. Mais si rien n’est fait, la pénurie guette la population.

L’incapacité dans laquelle se trouvent les fermiers à semer et à moissonner risque en effet de provoquer une pénurie alimentaire : les prix des denrées alimentaires vont augmenter au point de devenir inabordables pour les plus pauvres. Depuis le début des hostilités déjà, le prix des plats à base de mais a augmenté de 50 % dans les bidonvilles de Nairobi, et jusqu'à 300 % dans ceux de Kisumu, 3e plus grande ville du pays. Il est évident que les dégâts provoqués sont déjà suffisamment importants pour déclencher une crise alimentaire sérieuse dans les six mois à venir, si le conflit politique perdure.

CARE vient en aide à près de 200 000 déplacés parmi les plus pauvres des bidonvilles de Kibera et de Mathare à Nairobi, et à Kisumu, en leur fournissant de l’eau, de la nourriture, et le nécessaire de base (savon, couvertures, moustiquaires, ustensiles de cuisine, bâches en plastique et jerrycans).

Photo : © Matteo Fraschini