18 juillet 2008

« Repenser la réponse humanitaire à la faim dans le monde »

Malgré des années de travail de l’aide humanitaire internationale, la faim dans le monde continue de progresser. Chaque année, près de 10 millions de personnes meurent des effets de la malnutrition, et 850 millions souffrent de la faim dans le monde. Un nombre qui augmente de quatre millions par an. Récemment, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), qui apporte une aide à 73 millions de personnes dans le monde, a demandé un supplément de 500 millions de dollars pour couvrir la hausse des coûts du carburant et des denrées de base, pour éviter de devoir rationner l’aide alimentaire. Selon le président de la Banque Mondiale, Robert B. Zoellick, la flambée des prix des produits alimentaires serait synonyme de «sept années de perdues» dans la lutte contre la pauvreté. Il appelle à la mise en place d’une «nouvelle politique alimentaire mondiale».

Cette semaine, plus de 60 experts des 30 principales organisations d’aide internationale se réunissent au siège de la FAO (Food and Agricultural Organization) à Rome pour trouver des solutions à ce problème. « Le débat sera centré sur la manière de traiter les causes sous-jacentes de la faim », dit le docteur Robert Glasser, Secrétaire général de CARE International, qui fera le discours d'ouverture de la conférence le 16 avril.

Cette conférence de trois jours, « Repenser la réponse humanitaire à la faim dans le monde », est organisée par CARE et Oxfam, deux grandes organisations internationales d’aide humanitaire d’urgence et développement. Les discussions aborderont un certain nombre de questions soulevées dans le nouveau rapport de l'Université de Tufts (Boston, Etats-Unis). Ce rapport, disponible sur demande, est sous embargo jusqu'au 16 avril. L'étude démontre que bien que les grandes catastrophes font de moins de morts aujourd’hui, un plus grand nombre de personnes sont touchées par les pénuries alimentaires. Celles-ci sont le résultat de petits événements, de sécheresses et de guerres civiles, qui ne font pas la une des médias, mais qui ont un impact cumulé dévastateur sur l’économie des pays en développement. En ce moment notamment, nous décelons des signes d'une nouvelle grave crise alimentaire au centre de la Somalie, qui frappe déjà des centaines de milliers de personnes.

Pour permettre aux personnes de retrouver des conditions de vie dignes, l’accent doit être mis sur la réduction des risques de catastrophes, la production agricole - en particulier pour les petits agriculteurs -, la création de filets de sécurité sociale, et la protection du niveau de vie des plus vulnérables économiquement.

Bien que nécessaire, la réponse aux crises résultant de catastrophes n’est pas une solution sur le long terme. Les donateurs et les organisations humanitaires internationales doivent également se concentrer sur les causes sous-jacentes provoquant ces crises. Tel sera le thème principal de la conférence de Rome.