19 septembre 2008

Repenser la réponse humanitaire à la faim dans le monde

CARE tire à nouveau le signal d’alarme sur la situation alimentaire de 220 millions de personnes dans le monde, menacées par la famine.

En 2006, CARE publiait un rapport intitulé « Living on the Edge of Emergency: an agenda for change ». CARE y appelait à une meilleure utilisation de l’aide internationale pour lutter contre la faim en portant plus d’efforts sur la prévention des crises alimentaires.

Aujourd’hui, CARE publie un nouveau rapport « Living on the edge of Emergency - Paying the Price of Inaction.” Ce rapport est un véritable cri d’alarme. Il dresse le bilan de ces deux dernières années. Loin de s’améliorer, la situation n’a fait qu’empirer : nos estimations montrent que le nombre de personnes qui dépendent de l’aide alimentaire a doublé ces deux dernières années.

« L’essentiel de l’aide internationale reste concentrée sur une réponse à l’urgence. Un seul objectif : sauver des vies alors que si, comme CARE le préconisait en 2006, plus de moyens étaient affectés à la prévention de ces catastrophes, des milliers de vie pourraient être sauvées et en plus des économies substantielles pourraient être réalisées. » souligne Philippe Lévêque, Directeur Général de CARE France.

Le rapport publié par CARE soulève également les nouveaux défis auxquels l’aide internationale se trouve confrontée dans la lutte contre la faim : la hausse des prix de la nourriture, le changement climatique, l’impact des cultures destinées aux biocarburants aux détriments de denrées alimentaires et l’apparition d’une nouvelle population en situation d’insécurité alimentaire, celle des villes.

Tous les jours CARE doit faire face à cette nouvelle donne : au Cameroun, en Haïti ou encore en Côte d’Ivoire, nombre des bénéficiaires de nos projets en sont réduits à un seul repas par jour.

A l’occasion de la réunion organisée par les Nations Unies le 25 septembre prochain sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement :

CARE France appelle le gouvernement Français à respecter enfin ses engagements d'aide au développement, qui devrait correspondre à 0.7 % du PNB et qui n’est actuellement que de 0.4%.

CARE France renouvelle sa demande de création d'un Fonds Mondial de lutte contre la Faim et la Malnutrition. Ce « Fonds » doit être financé par des aides additionnelles à celles déjà existantes. Il doit financer des activités d'aide alimentaire et agricole selon les priorités locales, ne doit pas servir les intérêts des politiques agricoles des pays riches et favoriser le développement de l'agriculture vivrière. Il doit être géré en étroite coopération avec les acteurs reconnus de l'aide internationale : ONG, Gouvernements nationaux et surtout les représentants d’organisations paysannes locales.