03 octobre 2008

CARE interpelle la communauté internationale sur l'urgence de répondre à l'appel du PAM.

© CARE

Le PAM, dont CARE est l’un des partenaires les plus importants au Zimbabwe, demande 151 millions (soit 110 millions d’euros) pour acheter du maïs au niveau régional, afin de combler le manque d’aide alimentaire de cette année, causé par de mauvaises récoltes et par la crise économique nationale. Les réserves alimentaires actuelles du PAM ne dureront que jusqu’à janvier 2009, période où il ne reste plus rien des récoltes précédentes aux familles les plus pauvres du pays.

« Nous sommes en pleine crise, et nous demandons une assistance immédiate, afin que cela n’évolue pas en famine, » a déclaré Stephen Gwynne-Vaughan, directeur de CARE Zimbabwe. « Pour le moment, nous disposons de réserves alimentaires suffisantes pour tenir jusqu’à janvier. Mais lorsque nous viendrons à bout de ces réserves, nous aurons un sérieux problème. »

« Le facteur temps est crucial. Les donateurs doivent répondre à l’appel du PAM dès maintenant, afin que l’aide alimentaire arrive ici avant le mois de janvier. »

Le Zimbabwe, qui comptait autrefois parmi les plus gros exportateurs alimentaires, a vu ses récoltes devenir de plus en plus maigres en raison de la spirale de crise économique dans laquelle se trouve le pays. La récolte de cette année suffit tout juste à nourrir un tiers de la population, ce qui signifie 1,2 million de tonnes de céréales manquantes. Le gouvernement prévoit d’importer 800 000 tonnes de nourriture destinées à remplir les marchés pour ceux qui ont encore les moyens de se nourrir, et le PAM distribuera une aide alimentaire pour les quelque millions de familles pauvres.

« Dans certaines communautés, jusqu’à 80 % de la population a besoin de l’aide alimentaire, » a déclaré Gwynne-Vaughan. « Pour faire face à la crise, les familles modifient leurs aliments de base en choisissant de la nourriture de qualité médiocre et de faible qualité nutritionnelle. Aujourd’hui il n’y a pas assez de nourriture sur les marchés, ce qui oblige les familles à réduire les quantités, ainsi que le nombre de repas par jour. »

CARE prévoit d’augmenter la distribution alimentaire mensuelle, en passant de 450 000 personnes en octobre à plus de 900 000 personnes entre janvier et mars, période où la famine atteint son paroxysme.

CARE travaille au Zimbabwe depuis 1992, et y mène des programmes de développement économique, de gestion des ressources agricoles et naturelles, d’eau et d’assainissement, de santé et d’interventions d’urgence. En août, le gouvernement Zimbabwéen avait temporairement levé une interdiction des différentes organisations présentes au Zimbabwe, dont CARE, de travailler dans le pays. A ce jour, CARE a redémarré toutes ses activités.