22 janvier 2009

RDC : Malgré l’accord de paix, les souffrances des civils perdurent

© CARE

L’accord de paix récemment conclu entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et le mouvement rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) va dans la bonne direction. Cependant la situation reste très instable et propice aux violations des droits de l’homme. Il est donc primordial de protéger les civils.

« Les personnes déplacées envisagent désormais de retourner chez elles, mais ne savent pas ce qu’elles vont y trouver ni si leur retour sera durable, a indiqué Maurizio Crivellaro, directeur de CARE en RDC. Les principales parties affichent leur volonté politique de rétablir la paix, mais en réalité, le risque de raviver les tensions entre les groupes rebelles est toujours présent et pourrait conduire à de nouveaux déplacements dans le Nord-Kivu, mais aussi dans le Sud-Kivu et l’ouest du Maniema. »

D’après  Maurizio Crivellaro, le cessez-le-feu actuel va permettre à CARE et aux autres organisations humanitaires d’intervenir plus efficacement pour réparer les dommages causés par la guerre : pillages massifs, pertes des activités de subsistance et des récoltes saisonnières, et surtout, impact psychologique chez les femmes et les enfants.

Depuis début décembre, le manque de sécurité et les combats réguliers n’ont pas permis à CARE d’apporter une assistance permanente aux populations déplacées à l’extérieur de Goma. Alors qu’à Goma, de nombreuses familles dans le besoin recevaient une aide d’urgence, d’autres se sont retrouvées dans les camps de réfugiés improvisés, qui se sont vite multipliés.

L’arrêt des hostilités ouvre la voie à une action conjointe des gouvernements rwandais et congolais.

Des rapports indiquent que des centaines de soldats rwandais sont entrés à l’est du Congo pour soutenir une opération menée par le gouvernement contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), principalement composées de milices Interahamwe, ayant fuit en RDC suite au génocide rwandais de 1994.

« Les populations civiles restent des otages potentiels de futurs combats », affirme Maurizio Crivellaro, rappelant que la communauté internationale doit apporter une protection appropriée aux civils qui risqueraient d’être pris dans des tirs croisés.

Maurizio Crivellaro ajoute que pour l’instant, « les détails de l’accord de paix sont flous et qu’il n’est donc pas aisé d’évaluer si cette paix sera durable. Cependant, une chose est certaine : l’effort fait pour traquer les milices du FDLR ne pourra que créer un mouvement de panique parmi les populations locales et entraîner de nouveaux déplacements. »

Contact presse :

Alexandra Banget-Mossaz

, 01 53 19 89 92,

banget-mossaz@carefrance.org

 

CARE est une association de solidarité internationale non confessionnelle et apolitique, reconnue d’utilité publique. Depuis plus de 60 ans, CARE aide et rend autonomes les plus démunis tout en protégeant leurs droits économiques et sociaux, s’attaquant à toutes les causes de la pauvreté, en menant des programmes de microfinance, d’éducation, de lutte contre le Sida, de sécurité alimentaire, d’accès à l’eau… En 2007, CARE est intervenu dans près de 70 pays auprès de 66 millions de personnes. Présent en RDC depuis 2002, CARE mène des programmes de santé et de nutrition, de protection de l'environnement, et de bonne gouvernance.