28 janvier 2009
© Kate Brooks / CARE

De retour de mission dans les Territoires Palestiniens Occupés, Jonathan Mitchell, Directeur des urgences de CARE, fait le point sur la situation à Gaza et la réponse de CARE.

La situation à Gaza :

Le conflit, qui a débuté le 27 décembre et pris fin le 18 janvier avec la proclamation d’un cessez-le-feu par les deux parties, a fait de nombreuses victimes et provoqué de terribles dégâts. Côté palestinien, on déplore plus de 1 300 morts et 5 300 blessés. D’après des estimations des Nations Unies, les civils représentent plus 65 % des victimes palestiniennes. Côté israélien, les attaques de roquettes ont causé la mort de 4 personnes et en ont blessé 346. De plus, 9 soldats ont été tués et 336 blessés lors de l’offensive terrestre.

Les attaques ont également provoqué des dégâts matériels, détruisant notamment de nombreuses maisons, des écoles, des hôpitaux et d’autres infrastructures élémentaires. La totalité des 15 millions d’habitants de la bande de Gaza ont ainsi été touchés d’une manière ou d’une autre par ce terrible conflit. Le travail de réhabilitation qui attend les organisations humanitaires comme CARE est considérable : il faut maintenant reconstruire les habitations, les infrastructures de base et les moyens de subsistance détruits par les combats, qui ont heureusement cessé.

Il est en outre essentiel de rappeler que pendant les 18 mois qui ont précédé ce conflit, les conditions de vie des palestiniens s’étaient déjà fortement détériorées par le renforcement des restrictions d’accès et du blocus commercial imposés à Gaza. À titre d’exemple, plus de 50 % des habitants étaient déjà dépendants de l’aide alimentaire avant le début des hostilités. La crise qui vient de toucher Gaza n’est donc que la dernière manifestation tragique du conflit qui oppose depuis longtemps palestiniens et israéliens.

La réponse de CARE :

Conformément à notre vision, notre mission et à nos principes, la réponse de CARE à Gaza comporte deux éléments principaux : l’urgence et le plaidoyer. CARE répond aux besoins les plus urgents des personnes affectées, tout en poursuivant ses actions de plaidoyer afin d’attirer l’attention sur les politiques – qui touchent non seulement le conflit sous-jacent, mais aussi les vies de personnes ordinaires.

Dès le début de ce conflit et dans des circonstances extrêmes, CARE a pu apporter une assistance humanitaire aux personnes affectées : matériel médical pour les hôpitaux, aliments frais, fournitures pour l’hiver et kits d’hygiène pour les personnes déplacées.

CARE et ses partenaires à Gaza ont dû faire face à des risques considérables, subissant les bombardements et les combats pendants près de 22 jours. Certains membres des équipes ont dû partir de chez eux ou ont subi de nombreux dégâts, et comptent souvent des personnes tuées ou blessées parmi leurs proches. Un membre d’une organisation partenaire de CARE, Mohammed Samouni, a été tué le 5 janvier, ainsi qu’une partie de sa famille. Malgré les conflits pour le moins intenses, CARE et ses partenaires ont pu effectuer des distributions presque quotidiennement. Leur courage et leur engagement est remarquable.

L’équipe de CARE à Gaza a également fourni beaucoup d’informations concernant l’évolution de la situation à destination des médias : témoignages, photos, etc. Certains des membres de l’équipe ont également été interviewés par des médias internationaux, comme c’est le cas de notre collègue Jawad Harb qui a écrit sans relâche de bouleversants témoignages. (Cliquer sur « Témoignages du terrain »)

La réponse d’urgence de CARE à la crise de Gaza a été rapide et étendue, bien que limitée par les combats et les restrictions d’accès. De nombreux défis sont encore à relever : malgré le cessez-le-feu, il est toujours difficile d’accéder à la bande de Gaza ; de plus, nos récentes estimations montrent que la situation humanitaire reste préoccupante.

Depuis le début du conflit, CARE distribue des produits frais, du matériel médical, des appareils de chauffage, des couvertures et bâches en plastique aux hôpitaux, aux familles et aux centres alimentaires de Gaza.