23 février 2009

Au Zimbabwe, l'épidémie de choléra pourrait devenir chronique.

© CARE / Teresa Chiesa

Le manque de financements et de ressources pour restaurer les infrastructures d’accès à l’eau et à l’assainissement menace l’épidémie de choléra de devenir chronique.

Avec 78 882 cas diagnostiqués et 3 712 morts, l’épidémie, d'une ampleur telle que l'Afrique n'en avait plus connue depuis 15 ans, a déjà franchi les limites du scénario catastrophe qui avait été envisagé.

Les financements obtenus jusqu’alors servent essentiellement à soigner les patients atteints de choléra et à distribuer de l'eau potable, des pastilles de chlore et du savon pour répondre à l’urgence. Mais sans un approvisionnement durable en eau potable et sans installations sanitaires, les personnes actuellement soignées dans les centres de traitement du choléra seront de nouveaux infectées quand elles retourneront chez elles, où l’eau est contaminée.

Stephen Gwynne-Vaughan, directeur de CARE au Zimbabwe, raconte que « chaque jour, des gens viennent nous voir pour nous demander de l'aide, mais nous n'avons ni les approvisionnements ni l'argent nécessaires. Les infrastructures d’accès à l’eau et à l’assainissement doivent être réparées immédiatement, sinon cette crise deviendra chronique et tuera davantage. Cette situation est inacceptable. Il existe des traitements contre le choléra. Personne ne devrait mourir de cette maladie. »

Le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies vient d'annoncer que 11 millions de dollars supplémentaires seraient débloqués pour le Zimbabwe, mais les financements pour lutter contre l'épidémie de choléra tardent à se matérialiser.

Pour l'instant, CARE n'a pu lever qu'une partie des 3,15 millions de dollars nécessaires pour mener les activités d’urgence : réalisation de forages, construction de réservoirs d'eau et d'infrastructures sanitaires et d'approvisionnement en eau dans les écoles et les centres de soins, distributions de savons, de récipients pour stocker l'eau, de pastilles purificatrices et de solutions de réhydratation orale. La population, déjà touchée par le chômage, les pénuries de nourriture et une inflation sans précédent, n'a pas les moyens de mettre en place ces activités sans aide extérieure.

« Au-delà des actions de sensibilisation aux mesures d'hygiène et des traitements fournis, il faut donner aux gens les outils nécessaires à une meilleure hygiène. Quel est l'intérêt de leur expliquer qu'il faut se laver les mains s'ils n'ont pas de savon ? De leur dire de réparer leurs puits et de purifier leur eau s'ils n'en ont pas les moyens ? Pourtant, sans toutes ces mesures, ils retomberont malades », poursuit Stephen Gwynne-Vaughan.

Selon nos experts en santé publique, l'épidémie devrait ralentir à la fin de la saison des pluies, en avril. Cependant, sans un accès durable à des installations sanitaires et à de l’eau potable, toutes les conditions seront réunies pour que la crise resurgisse l'année prochaine.

Présent au Zimbabwe depuis 1992, CARE y mène des programmes de développement économique, de gestion des ressources agricoles et naturelles, d’eau et d’assainissement, de santé et d’urgence.

Vous pouvez lire également le témoignage de Julia Newton-Howes, Directrice de CARE en Australie, de retour du Zimbabwe.

Contact presse :

Alexandra Banget-Mossaz

Mail : banget-mossaz@carefrance.org

Tel : 01 53 19 89 92