11 mars 2009

CARE expulsé du Soudan : craintes de répercussions au Tchad.

© CARE

CARE est très préoccupé par la situation humanitaire au Darfour, suite à l’expulsion des ONG de la région. La situation humanitaire pourrait ainsi, une fois encore, se détériorer dans les pays voisins comme le Tchad.

CARE est l’une des 13 ONG qui viennent d’être expulsées du Soudan. Grâce à l’appui de CARE, un million et demi de personnes bénéficiaient jusqu’alors de nourriture, d’eau, de soins médicaux, ainsi que d’accès à l’eau et aux moyens de subsistance, y compris 600 000 déplacés de la région du Darfour. Selon l’ONU, dans quelques semaines, 1,1 million de personnes risquent de manquer de nourriture, 1,2 millions d’eau et 1,5 millions de personnes n’auront plus accès aux services de santé. En outre, à l’approche de la saison des pluies et en raison du manque de services de santé, le risque d’épidémie augmente. Les 13 ONG expulsées représentaient plus de la moitié de la réponse humanitaire apportée au Darfour.

L’un des pires scénarii serait que ces personnes déplacées du Darfour traversent la frontière du Tchad pour y chercher de l’aide. « CARE surveille la situation de près », explique Anne Wood, directrice de CARE au Tchad. "Nous espérons sincèrement que le gouvernement soudanais reviendra sur sa décision et permettra aux ONG apolitiques comme CARE de reprendre leurs activités au Darfour." 

Le Tchad subit depuis longtemps les effets négatifs de la crise au Darfour. De plus, des préoccupations au niveau des activités de nouveaux groupes rebelles, le remplacement à la mi-mars de la force européenne de maintien de la paix (EUFOR) par une nouvelle force de l’ONU, ainsi que l’augmentation du banditisme et la réduction de l’espace humanitaire, conduisent CARE à décrire la situation comme « calme mais volatile ». CARE et les autres organisations au Tchad établissent des plans pour anticiper l’afflux possible de centaines de milliers de nouveaux réfugiés. Si les victimes du Darfour prennent la décision de se déplacer, ils le feront vraisemblablement bientôt, avant que le début de la saison des pluies ne rende les déplacements transfrontaliers encore plus difficiles.

CARE apporte une assistance alimentaire et distribue des fournitures aux populations de plusieurs camps, hébergeant près du quart des 250 000 réfugiés du Darfour au Tchad. CARE travaille auprès des populations les plus vulnérables, et se préoccupe particulièrement du bien-être des filles et des femmes qui habitent les camps. Plus de 66 % des réfugiés ont moins de 17 ans, et la majorité sont des filles. Les violences sexuelles constituent un sérieux problème, et CARE a adopté des mesures, comme fournir des foyers à énergie solaire, qui permettent de réduire le nombre de fois ou les femmes et les filles doivent sortir du camp pour aller chercher du bois. En plus des programmes d’accès à l’eau et à l’assainissement, CARE dispense aussi des formations aux réfugiés pour les aider à devenir plus autonomes, apporte une éducation pour les enfants, distribue des semences pour les agriculteurs et propose différentes activités pour les jeunes.

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