29 mars 2009
© Juliette Seibold/CARE

Il y a trois mois, débutait le conflit de la bande de Gaza, qui allait faire près de 1 500 morts et 5 400 blessés, détruire de nombreuses maisons, infrastructures et familles. Durant les 22 jours qu’ont duré les combats, les Palestiniens ont lancé des roquettes artisanales sur les villages israéliens frontaliers, tuant trois civils et blessant des centaines d’autres personnes.

Dès les premières heures du conflit, CARE a apporté son aide en distribuant nourriture, médicaments et biens de première nécessité aux familles, aux hôpitaux et aux orphelinats, répondant ainsi aux besoins urgents de plus de 200 000 personnes. Aujourd’hui, CARE est toujours présent auprès des Gazaouis, engagé sur le long terme pour reconstruire infrastructures et moyens de subsistance et apporter un soutien au plus grand nombre parmi les 1.5 million de personnes touchées par ces combats.

Cependant, l’avenir reste incertain : le cessez-le-feu conclu le 18 janvier n’est respecté par aucune des deux parties. En outre, la bande de Gaza, toujours affectée par le blocus, ne dispose pas des matériaux nécessaires à la reconstruction. CARE et ses partenaires militent toujours en faveur d’une paix durable entre Israël et Gaza et d’un accès illimité à ce territoire afin de démarrer la reconstruction.

Sécurité alimentaire

Avant le début du conflit, les Gazaouis souffraient déjà d’un blocus depuis 18 mois, limitant les quantités de biens et de nourriture pouvant entrer ou sortir du territoire palestinien. Le conflit n’a fait qu’exacerber le problème et aujourd’hui, 88 % de la population, soit 1,2 million de personnes, dépendent de l’aide alimentaire.

CARE, dans le cadre de son projet de distribution d’aliments frais, subventionné par ECHO, apporte chaque semaine des fruits et légumes frais à 60 000 personnes. Parmi les bénéficiaires, 1 802 orphelins, personnes âgées ou souffrant de maladie chroniques reçoivent cette aide à travers les distributions effectuées aux hôpitaux, aux orphelinats, aux centres de soins et aux maisons de retraite.

Agriculture et moyens de subsistance

Les agriculteurs, qui représentent 27 % de la population active de Gaza, ont été durement touchés par le conflit. Les animaux d’élevage ont été tués et les exploitations détruites par les bombardements. De nombreux puits, systèmes d’irrigation, serres ou autres matériels agricoles ont été endommagés et ne pourront être réparés. Beaucoup de paysans ont perdu leurs récoltes entières et n’ont donc pas d’argent pour acheter les semences en vue de la prochaine saison ni pour s’occuper de leurs familles.

CARE a immédiatement distribué des semences à plus de 280 paysans pour leur permettre de replanter ce qui avait été perdu durant le conflit. Les récoltes pourront subvenir aux besoins de plus de 40 000 personnes, qui bénéficieront ainsi d’aliments frais à bas prix produits localement. Ce projet procure également un revenu à 1 400 petits agriculteurs de Gaza qui fournissent leurs produits en vue de les distribuer, soutenant à la fois l’économie locale et l’effort de reconstruction.

En outre, plus de 800 agriculteurs, éleveurs et foyers vivant en zone rurale recevront des outils et matériaux de base de CARE afin de pouvoir reprendre les activités agricoles, détruites lors du conflit.

Soins médicaux et soutien psychologique

Suite aux combats, le système médical gazaoui menace de tomber en ruines. Les hôpitaux et cliniques, en plus d’avoir été démolis ou endommagés, ont souffert de pénuries de médicaments et d’équipements essentiels, certains patients ne pouvant donc être soignés. Afin de pallier ce manque, CARE a distribué des équipements médicaux et des produits pharmaceutiques à 13 hôpitaux ou cliniques.

Une enquête de CARE réalisée pendant le conflit a révélé que dans 95 % des familles, les enfants souffraient d’un fort degré d’anxiété, traduit par des énurésies nocturnes, une nervosité et une agressivité accrues, des cauchemars et des insomnies. Il est fondamental d’apporter un soutien psychologique à ces enfants et à leurs familles afin qu’ils puissent surmonter leur traumatisme et reconstruire Gaza. À travers ses projets en cours, CARE aide les mères à trouver l’aide psychologique et le soutien nécessaires pour s’occuper de leurs enfants et d’elles-mêmes.

Eau et assainissement

Les bombardements quotidiens qui ont touché Gaza ont détruits de nombreuses canalisations de collecte des eaux usées, qui se sont répandues dans les rues et les champs des paysans. Trois mois après le début du conflit, près de 50 000 personnes ne sont toujours pas alimentées en eau et 100 000 autres n’en reçoivent que tous les cinq ou six jours. Une récente évaluation de l’eau potable a montré que 14 % de cette eau était contaminée, véhiculant des risques de maladies liées à l’eau, comme des diarrhées.

CARE approvisionne plus de 20 000 personnes en eau potable et à usage domestique et travaille avec les communautés afin de réparer les infrastructures et canalisations endommagées.

Abris

Plus de 14 000 habitations ont été détruites lors des bombardements, mais toute réparation est rendue impossible par le blocus qui dure depuis maintenant 20 mois et qui interdit l’entrée des matériaux de construction, comme le ciment ou le verre. CARE a donc distribué des kits de reconstruction d’urgence, qui permettent aux familles de réparer provisoirement les vitres brisées, et milite auprès du gouvernement israélien en faveur d’un assouplissement des restrictions pour permettre l’entrée de matériaux de construction dans la bande de Gaza, ce qui permettrait aux familles de réparer leurs habitations.

Redonner vie à Gaza n’est pas un défi insurmontable. Partout dans le monde, les promesses de dons des gouvernements et autres donateurs pour rebâtir le territoire palestinien ont atteint 3 milliards d’euros, et CARE salue le soutien de la communauté internationale pour instaurer une paix durable dans la région. CARE va continuer à travailler avec les Gazaouis pour reconstruire leurs maisons et leurs moyens de subsistance, mais aussi pour rétablir un sentiment de sécurité et de dignité pour tous ceux qui ont souffert pendant le conflit.