11 juin 2009

Conférence de Bonn sur le climat : CARE publie un nouveau rapport alarmant.

200 millions de personnes pourraient être obligées de migrer à cause des changements environnementaux d'ici à 2050

© CARE

A moins que des mesures drastiques ne parviennent à stopper le réchauffement climatique, l’impact de ce dernier sur la migration et le déplacement de personnes pourrait atteindre une dimension largement supérieure à tout ce que nous avons pu connaître jusqu’à présent. Les changements climatiques affectent déjà la migration et les déplacements. Les estimations les plus importantes prévoient toutes que cette tendance s’accentuera et que des dizaines de millions de personnes devront migrer dans les années à venir. Au cours des prochaines décennies, les changements climatiques pourraient avoir des retombées catastrophiques sur les efforts fournis en matière de sécurité humaine. C’est l’une des conclusions principales du nouveau rapport intitulé « 

 » Ce rapport a été rédigé par CARE, l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’Université des Nations Unies (UNU-EHS) et le Centre pour un Réseau international d’information en sciences de la terre (CIESIN) de l’Université de Columbia. Il a été présenté aux médias le week-end dernier lors de la Conférence de Bonn sur le climat, placée sous l’égide de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC).

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avance l’hypothèse de 200 millions de migrants environnementaux d’ici à 2050. « Bien que de nombreux facteurs soient responsables du déplacement et de la migration des populations, le climat occupe une place de plus en plus importante dans la décision des personnes d’abandonner leurs moyens de subsistance et leur maison » déclare Charles Ehrart, Coordinateur de CARE sur les changements climatiques et coauteur du rapport.

Le Mexique et les pays d’Amérique centrale subissent déjà les retombées négatives des changements climatiques, telle la baisse des précipitations ou des phénomènes climatiques extrêmes comme les ouragans, les inondations ou les sécheresses. Dans certaines régions le niveau des précipitations devrait diminuer de 50 % d’ici à 2080, ce qui éliminerait de nombreux moyens de subsistance locaux et augmenterait considérablement le risque de famine chronique.

« L’impact potentiel de la future hausse du niveau des mers est tout aussi inquiétant. Au Vietnam par exemple, dans le delta du Mékong densément peuplé, une hausse de 2 mètres du niveau de la mer inonderait les maisons de 14,2 millions de personnes - d’après l’actuelle densité de population - et submergerait la moitié des terres agricoles de la région » ajoute Charles Ehrhart.

La majorité des personnes trouveront refuge dans leur propre pays, tandis que d’autres traverseront les frontières. Certains déplacements et migrations peuvent s’anticiper par la mise en place de mesures d’adaptation. Toutefois les pays les plus pauvres manquent d’équipement pour soutenir une large adaptation. C’est pourquoi des communautés touchées par les changements climatiques pourraient se retrouver piégées dans un cercle vicieux de dégradation écologique, où les protections assurant la sécurité des populations s’écrouleraient tandis que la violence et les tensions augmenteraient. D’après ce scénario catastrophe, tout à fait plausible, des populations entières se verraient obliger de migrer pour des questions de survie immédiate.

D’après le Dr Koko Warner, chef de section de l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’Université des Nations Unies (UNU-EHS) et auteur principal du rapport : « De nouvelles réflexions et de nouvelles pratiques sont nécessaires pour faire face aux menaces que la migration environnementale fait peser sur la sécurité et le bien–être des hommes. »

Les hommes ont toujours considéré la migration à court et à long terme comme un moyen de faire face aux changements climatiques. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes de la migration environnementale et des déplacements de populations, et d’intégrer la mobilité humaine dans le cadre de plans nationaux et internationaux afin de l’adapter aux changements climatiques.

Ce nouveau rapport fournit des témoignages concrets provenant d’une enquête inédite réalisée sur plusieurs continents. Il analyse les menaces et propose des solutions potentielles et des recommandations pour les décideurs politiques. Des cartes originales indiquent l’impact des changements climatiques et schématisent la distribution de la population. « La migration ne doit plus être considérée comme un phénomène négatif en soi, mais comme une réponse nécessaire à l’impact négatif des changement climatiques. Les mesures pratiques que nous prenons aujourd’hui détermineront si la migration sera un choix, une mesure d’adaptation proactive ou si elle sera, avec les déplacements de populations, la preuve tragique de notre échec collectif à trouver de meilleures alternatives » conclut Warner.

Le rapport a été rédigé par l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’Université des Nations Unies (UNU-EHS), CARE et le Centre pour un réseau international d’information en sciences de la terre (CIESIN) de l’Université de Columbia. Il a été financé par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et la Banque mondiale.

La reproduction des cartes est autorisée. Il est possible de les télécharger, à l’instar de ce rapport, sur le lien suivant (crédit : cartes fournies gracieusement par CARE et le CIESIN à l’Institut de la Terre de l’Université de Columbia)

http://www.care.de/exklusiv-pr.html

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Alexandra Banget-Mossaz

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