30 septembre 2009

Adoption de la résolution 1888 : « une avancée historique » dans la lutte contre le viol dans les conflits armés

© Nicky Lewin

Le 30 septembre 2009, CARE a applaudi l’adoption unanime du Conseil de sécurité des Nations Unies de la résolution contre les violences sexuelles dans les conflits armés.

« Cette résolution marque une avancée historique et concrète dans l’éradication de la violence contre les femmes et les filles en général », a déclaré Robert Glasser, Secrétaire général de CARE. « Nous sommes fortement soutenus par le Conseil de sécurité des Nations Unies dans cette lutte et nous espérons que cette nouvelle résolution sera à l’origine d’importants efforts en matière de prévention et de réponse aux violences sexuelles, et plus particulièrement celles perpétrées à l’encontre des femmes et des filles. »

La résolution 1888 réclame la création immédiate du poste de Haut Représentant spécial chargé de la lutte contre les violences sexuelles à l'encontre des femmes et des filles lors de conflits armés, afin de renforcer la direction de l’ONU et la coordination des efforts mondiaux qui cherchent à éradiquer cette arme de guerre. Cette résolution reconnaît également l’importance d’adopter une approche globale pour faire face aux violences sexuelles, incluant une meilleure accessibilité aux soins médicaux, au soutien psychosocial et à une assistance juridique pour les victimes d’un tel fléau. Sans oublier l’aide aux communautés pour tenter de surmonter le stigmate du viol.

CARE et d’autres organisations travaillant dans des pays touchés par la guerre demandent depuis longtemps à la communauté internationale de respecter les nombreux engagements internationaux pris des années durant pour protéger et renforcer l’autonomie des femmes pendant et après un conflit armé, y compris ceux portant sur les causes intrinsèques des violences sexistes. Néanmoins ces intentions sont davantage rhétoriques que pratiques.

« Dans de nombreux pays, CARE travaille en collaboration avec les communautés et les organisations locales pour prévenir et contrer les violences sexistes. CARE adopte une approche globale pour traiter les causes intrinsèques des violences sexistes, en améliorant les services juridiques, médicaux et de soutien consacrés aux survivants, en renforçant l’autonomie des femmes et des filles et en travaillant avec des hommes et des garçons pour combattre les violences sexuelles et sexistes. Il faut absolument investir dans de programmes à long terme qui tiennent compte d’une approche globale », déclare Janet Meyers, Conseillère technique de CARE en matière de santé sexuelle et reproductive. Ces programmes à long terme commencent par des plans de développement et se poursuivent via l’aide humanitaire mobilisée dans les situations d’urgence et après des catastrophes naturelles.

« Ces programmes prennent du temps mais sont très bénéfiques : non seulement ils préviennent le traumatisme dont souffrent les victimes de telles violences, mais aussi des maux qui en résultent, y compris le bannissement des épouses par leur mari, la rupture familiale et communautaire et la propagation du sida », ajoute Janet Meyers.

Aujourd’hui le défi consiste à s’assurer que les gouvernements, les donateurs, les agences des Nations Unies et autres intervenants agissent immédiatement pour appliquer les intentions de cette résolution historique. Pour les Nations Unies il s’agit d’une occasion unique de conserver sa suprématie en promouvant une action internationale au profit des millions de femmes et de filles dans le monde.

La résolution 1888 du Conseil de sécurité des Nations Unies demande également que

:

• D’ici à 3 mois, le Secrétaire général des Nations Unies soumette des propositions portant sur une meilleure prévention des violences sexuelles (d’après une étude chargée d’identifier les lacunes existantes dans les actions sur le terrain).

• Le Secrétaire général des Nations Unies désigne les personnes qui deviendront conseillers pour la protection de la femme, en fonction des besoins sur le terrain.

• Le Secrétaire général des Nations Unies mette en place une équipe d’experts pour travailler avec les autorités nationales afin de renforcer la loi (médiation, enquête criminelle, protection de témoin, normes de procès équitable, information au public, etc.)

• Le soutien des États « avec les support de la communauté internationale pour améliorer l’accessibilité aux services de soins médicaux, de soutien psychosocial, d’assistance juridique et de réintégration socioéconomique destinés aux victimes de violences sexuelles, en particulier dans les zones rurales. »

• Le Secrétaire général des Nations Unies garantisse une aide technique (entraînement, lignes de conduite, doctrine) aux militaires et au personnel luttant pour le maintien de la paix.

• Les Nations Unies se fixent comme objectif de mettre un terme à l’impunité des auteurs de violences sexuelles dans les conflits armés.

La résolution 1888 renouvelle également des engagements pris lors des précédentes résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies

:

• Reconnaître la nécessité de renforcer l’autonomie des femmes et de les faire participer au processus de paix.

• Reconnaître le besoin d’une plus grande participation des femmes aux opérations de maintien de la paix et autres forces de sécurité.

• Encourager la société civile à collaborer étroitement avec les autorités nationales afin de renforcer les capacités nationales des systèmes judiciaires et d’application de la loi.

• Réitérer l’intention d’inclure des critères de référence afférents au viol et aux autres formes de violences sexuelles lors de l’adoption ou du renouvellement de sanctions bien précises dans un conflit.

• Exiger que le Secrétaire général des Nations Unies soumette des rapports annuels sur la mise en place de la résolution 1820 du Conseil de sécurité des Nations Unies.