20 janvier 2010

Nouvelle réplique en Haïti : premiers témoignages de notre équipe sur place.

© Evelyn Hockstein / CARE

Huit jours après le tremblement de terre meurtrier qui a dévasté Port-au-Prince, une nouvelle réplique, d’une magnitude de 6,1 sur l’échelle de Richter a de nouveau fait trembler la ville à 6h03 locales. L’épicentre de ce nouveau séisme a été localisé à 59 kilomètres de Port-au-Prince.

Il est encore trop tôt pour connaître les dommages causés par cette secousse mais nous avons pu recueillir quelques témoignages de notre équipe sur place :

Bogdan Dumitru

, de l’équipe d’urgence à Port-au-Prince (par téléphone) :

« Si la prochaine secousse touche les bâtiments fragiles, j’imagine les dégâts. Je suis en ce moment sur le toit du bureau, car il n’y a qu’ici qu’on arrive à capter du réseau. Je vais vite redescendre, au cas où ça bouge encore. On a essayé de calmer le personnel, mais la dernière secousse, je l’ai vraiment sentie, et ça fait peur pour la suite. Elle était plus forte que les autres. J’étais en face, chez moi, et tout le monde est descendu en hurlant depuis le cinquième étage, à toute vitesse, et les gens me bousculaient pour passer devant. Je n’ai pas de nouvelles des collègues, des dégâts chez eux. Je n’ai pas entendu le bâtiment craquer. Il y a eu un énorme grondement, puis la terre s’est mise à bouger. Je ne crois pas que ça ait duré longtemps, j’étais en train de courir à ce moment-là. C’est arrivé du coté de Jacmel, l’impact a dû être assez fort, car je n’ai pas de retour. La liaison internet a été coupée pendant la secousse. J’ai entendu de grands cris qui venaient du camp à côté. J’imagine la terreur des gens. »


Rick Perera
, attaché de presse à Port-au-Prince (par mail) :

« Le personnel de CARE qui travaille jour et nuit, dort sous des tentes ou sur le sol dans les bureaux avait beaucoup apprécié de s’installer la veille dans des appartements des environs, partagés à plusieurs bien sûr, mais qui ressemblaient à un paradis. Il y avait même une douche ! (juste un filet d’eau froide, mais un pur bonheur quand même !). Le bonheur n’aura pas duré longtemps : réveil à 6 heures du matin avec un grondement sourd, pièces ébranlées dans tous les sens, énormes vibrations dans le sol. Au final, tout le monde va bien, mais on a tous été bien secoués. Pour oublier tout ça, le meilleur remède, c’est le boulot ! C’est vrai qu’on se sent plus en sécurité au rez-de-chaussée d’un bâtiment de trois étages que dans un appartement au quatrième étage. (2 ch., 2 sdb, vue sur la mer, gardien 24h/24, construction moderne, etc.). Et puis cette tente ira très bien pour la nuit, je préfère largement la sécurité au luxe. »

 
Loetitia Raymond, attachée de presse à Port-au-Prince (par sms) :

« Je dors encore quand je sens sur mon corps ce tremblement si familier, c’est sûr! La terre tremble! En l’espace de quelques secondes toute l’équipe de CARE qui dort en face du bureau se retrouve dans le couloir de ce 4e étage ou nous sommes logés et dévale les escaliers. J’entends un bruit quelques secondes plus tard et plus rien. Autour de nous rien n’a bougé rien ne semble être tombé. »