05 février 2010

Au lendemain du séisme en Haïti, CARE lutte contre les violences faites aux femmes.

© Evelyn Hockstein / CARE

Il est prouvé que les risques de violence et d’exploitation sexuelles des femmes et des petites filles augmentent en situation de crise, à l’image de celle que connaît actuellement Haïti, surtout lors de déplacements de personnes et de communautés entières. Un rapport des Nations Unies sur la coordination des affaires humanitaires a fait état de « violences sexuelles dans les campements », de « sexe en échange de nourriture » et d’autres formes d’exploitation.

« C’est la mission de CARE d’aider à protéger les femmes, les petites filles et les populations vulnérables de toute violence sexuelle, ainsi que d’assurer l’accompagnement nécessaire pour ce type de traumatisme », témoigne Janet Meyers, spécialiste santé dans les urgences pour CARE en Haïti.

L’obscurité dans les rues causée par l’absence d’électricité, les camps de fortunes surpeuplés et dépourvus de murs d’enceintes, ainsi que les espaces sanitaires sans protection rendent les femmes et les petites filles particulièrement vulnérables aux violences et au harcèlement sexuel.

« Les femmes et les petites filles courent de très grands risques de violence et de prostitution forcée en échange d’argent, de nourriture ou d’abri », confirme Sophie Perez, directrice de CARE en Haïti. « Sur le terrain, CARE s’efforce d’empêcher ces agissements. Sur le long terme, il est essentiel d’aider les femmes à devenir indépendantes économiquement car leur situation se retrouve ainsi renforcée au sein de la communauté. »

Après consultation auprès d’hommes et de femmes dans les campements, CARE a décidé d’installer des latrines et des douches séparées, situées dans des zones éclairées et proches des abris des personnes déplacées, et distinctement réservées aux hommes ou aux femmes.

Le séisme a causé beaucoup de dégâts dans les services municipaux et au sein de la police, ce qui a fortement perturbé les systèmes traditionnels d’aide et de protection des communautés. « Il est impératif d’assurer aux victimes de viols et de violences sexuelles un accès à des services de qualité leur garantissant la confidentialité, y compris dans la prise en charge des femmes victimes de viols, l’accès à une contraception d’urgence et le soutien psychologique indispensable », explique Janet Meyers.

Les femmes subissant des violences sexuelles, psychologiques ou physiques courent des risques plus élevés de grossesses imprévues et/ou non désirées, de maladies sexuellement transmissibles, et d’infections VIH que les autres femmes. Ainsi CARE fournit des préservatifs aux hommes et aux femmes.

« Une façon de prévenir la violence faite aux femmes, notamment sexuelle, est de mettre en place des activités spécifiques à l’attention de ces femmes, comme par exemple distribuer des trousses de première nécessité pour les femmes qui vont accoucher, et s’assurer qu’elles sont informées sur l’accès aux services de soins obstétriques disponibles en cas de complications», précise Janet Meyers.

Environ 37 000 femmes sont enceintes à Port-au-Prince, dont 10 000 vont accoucher au cours du prochain mois. CARE leur distribue des trousses de première nécessité pour l’accouchement et des kits pour les nouveau-nés. Les trousses contiennent une serviette, du savon, un rasoir et du fil stérile pour couper et nouer le cordon ombilical. Les kits pour nouveau-nés comprennent une couverture, une grenouillère, un bonnet et des chaussons pour garder le nourrisson au chaud, ainsi que des couches.

De nombreux centres de santé et des hôpitaux ont été détruits par la secousse, rendant très difficile l’accès aux services obstétriques d’urgence en cas de complications. « CARE prévoit de fournir aux communautés déplacées une tente exclusivement dédiée aux femmes devant accoucher », ajoute Janet Meyers.

Contacts presse :

Alexandra Banget-Mossaz (Paris)

Mail : banget-mossaz@carefrance.org

Tél : +33 1 53 19 89 92

Melanie Brooks (Port-au-Prince)

Mail : brooks@careinternational.org

Tél : +41 795 903 047