12 février 2010

Course contre la montre avant l’arrivée de la saison des pluies en Haïti.

© Evelyn Hockstein / CARE

 Un mois après le terrible tremblement de terre qui a détruit la majeure partie de la ville, CARE et les autres organisations humanitaires se sont lancées dans une course contre la montre afin de fournir à la population, avant que la saison des pluies ne commence fin mars, des abris étanches et leur assurer des conditions sanitaires décentes. La plupart des gens sont entassés dans des camps provisoires déjà surpeuplés, et sont contraints de se blottir sous des draps de lits tendus entre des mâts ou des bâtons. Ces derniers suffisent à peine pour bloquer le soleil, autant dire totalement inutiles contre les déluges prévisibles de la saison des pluies en Haïti.

« La pluie sera d’ici un mois le principal problème. Nous devons fournir à ces gens des abris étanches. Dans la mesure où ces populations dorment à même le sol, elles sont déjà confrontées à l’humidité de la rosée et développent des infections respiratoires aiguës » rapporte Lizzie Babister, consultante pour CARE en matière d’abris d’urgence. « Le drainage deviendra aussi très rapidement un autre problème. Tout d’abord en raison des toilettes improvisées tout près des camps, mais aussi à cause des eaux des rivières qui vont ruisseler. C’est un vrai challenge pour que tout soit prêt avant le début des pluies. »

Alors que la distribution de tentes pourrait apparaître comme étant la solution logique au problème, la difficulté est le manque d’espace disponible au centre ville de Port-au-Prince pour que les gens puissent les installer. Les abris de fortune qui ont été montés après le séisme sont collés les uns aux autres, et s’appuient souvent sur les mêmes poteaux.

« Une tente standard a une superficie de 16m2, ce qui correspond à 4 fois l’espace aujourd’hui occupé par les habitants dans le centre ville » selon Lizzie Babister. « Si nous commençons à en distribuer à ceux qui sont dans le centre de Port-au-Prince, nous allons déplacer les trois quarts de la population. La solution d’urgence concernant les zones surpeuplées ne sont pas les tentes mais véritablement les bâches. Il en faut beaucoup et vite ! ».

Dans les zones rurales moins engorgées, les tentes familiales sont une solution dans la mesure où il est plus facile de trouver de l’espace. Il reste qu’acheminer le nombre suffisant de tentes pour la totalité des personnes concernées prendrait des mois, ce qui est bien trop long par rapport à l’arrivée de la saison des pluies. L’acheminement de bâches plastiques, solides et réutilisables est par contre possible, elles peuvent arriver en Haïti en quelques jours ou semaines. Elles permettraient aux gens de se mettre à l’abri le temps que les organisations humanitaires mettent en place une solution plus durable d’hébergement.

« Les conditions sanitaires sont l’autre problème majeur suite au séisme. En parallèle du travail effectué par les organisations telles que CARE en matière de construction de latrines dans les camps, nous travaillons actuellement sur le triage sanitaire au sein des camps situés sur les collines ou dans les zones sans accès aux latrines » rapporte Paul Shanahan, consultant pour CARE en matière d’accès à l’eau et conditions sanitaires.

« Outre la construction de latrines, essentielle pour améliorer les conditions sanitaires, nous avons aussi commencé à aller dans les camps et à nettoyer les déchets organiques qui s’accumulent. Ce n’est pas forcément le plus attrayant mais cela doit être fait » Paul Shanahan. « A ce jour notre plus grande peur est l’apparition de foyers d’épidémies. Les gens ont déjà vu mourir la moitié de leur famille dans le tremblement de terre, et maintenant ils vont regarder l’autre moitié mourir lentement de la diarrhée. C’est intolérable ! ».

En complément de la construction de 3 000 latrines, CARE met également en place des activités de formation sur le lavage des mains, fournit des kits d'hygiène avec du savon et des produits de nettoyage. De plus CARE s’occupe de la gestion des déchets organiques dans les camps. En matière de logement, CARE prévoit de fournir des abris d'urgence à 8 500 familles, soit 42 500 personnes.

Malgré les défis qui subsistent, de grands progrès ont été accomplis par le peuple haïtien en collaboration avec la communauté humanitaire pour aider les quelques trois millions de personnes victimes du séisme. À ce jour, les activités menées par CARE ont permis à plus de 184 000 personnes de bénéficier de nourriture, d'eau potable, d’abris, d’installations sanitaires, de fournitures d'urgence et de soins adaptés aux femmes enceintes et allaitantes. Mais il faudrait faire bien plus encore... !

Dès juin, c’est la saison des ouragans qui sera la principale menace. Entourée par les montagnes la ville de Port-au-Prince est protégée des effets directs des ouragans, mais l’eau dévalant les montagnes environnantes et les coulées de boue menaceront les camps.

« Nous avons les gravats des bâtiments que nous pouvons utiliser comme moyen de protection contre les inondations, mais nous devons commencer à planifier cela dès maintenant » dit Lizzie Babister. « Ici, tout est une course contre la montre ».

Pour de plus amples renseignements ou pour organiser des entretiens avec le personnel en Haïti:
Melanie Brooks (Port-au-Prince): +41 79 590 30 47, brooks@careinternational.org  
Sabine Wilke (Port-au-Prince): +49 175 938 7731, wilke@care.de
Fabienne Pouyadou (Paris) : +33 1 53 19 89 95, pouyadou@carefrance.org

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