19 août 2010

Inondations au Pakistan : interview de Waleed Rauf, Directeur de CARE Pakistan.

© CARE

Par Thomas Schwarz, attaché de presse de CARE (17 août 2010)

Plus de deux semaines après les terribles inondations, comment décririez-vous la situation au Pakistan?

Il continue de pleuvoir et nous sommes en pleine deuxième phase de mousson. Et la mousson comporte toujours trois phases. La situation générale s’aggrave, au regard des déclarations de l’ONU sur les 3,5 millions d’enfants risquant d’être contaminés par les maladies transmises par l’eau.

Cela signifie-t-il que les organisations humanitaires ne sont pas en mesure d’aider ?

CARE et les autres organisations humanitaires travaillent au seuil de leurs limites. Et même en ce moment pendant la période de jeûne du Ramadan, elles travaillent 24h/24 dans le nord-ouest du pays comme dans le sud avec nos partenaires locaux, pour venir en aide aux populations.

Que fait CARE exactement ? Quel soutien apportez-vous ?

Nous travaillons dans plusieurs régions du Pakistan. CARE a mis en place des cliniques mobiles dans les provinces de Khyber Pakshtoon Kwa (KPK) et de Sindh, toujours en collaboration avec nos partenaires locaux. Nous garantissons l’accès aux médicaments de base et aux soins de première nécessité. Immédiatement après le début des inondations, nous avons distribué tous les stocks disponibles dans nos entrepôts, ceux-ci constitués d’équipements de première nécessité tels que tentes, vêtements, ustensiles de cuisine et trousses d’hygiène.

Nombreux sont ceux qui craignent que l’aide humanitaire ne parvienne pas aux victimes mais soit détournée. Qu’en pensez-vous ?

Les défis à relever sont immenses mais l’aide arrive à ceux qui en ont besoin. Je le certifie à tous les donateurs prêts à soutenir CARE : notre grande expérience du terrain et le dévouement de nos partenaires sur place nous le confirment. Nous avons des moyens rigoureux de contrôle pour vérifier que l’aide va directement aux victimes dans le besoin. Bien sûr, il y a encore énormément à faire et CARE ainsi que les organisations humanitaires sur place, continuent leur travail, conformément à leur engagement.

Finalement, qu’est-ce qui manque le plus ? Quelle est la priorité ?

Il y a trois priorités interdépendantes. La nourriture est un besoin urgent considérant le nombre croissant de survivants qui ont tout perdu. L’hygiène est également une priorité. L’eau stagnant par une température de 40°C et l’humidité sont propices au développement de maladies hydriques, ce qui fait de la santé une question cruciale. Ce sont tout particulièrement les enfants et les femmes qui sont menacés. Les Nations Unies ont annoncé cette semaine que pas moins de 3,5 millions d’enfants courent un risque de contamination. La troisième priorité est l’hébergement. La plupart des tentes envoyées à Haïti après le tremblement de terre provenaient de stocks pakistanais, et les stocks restants ne sont pas suffisants.

Qu’attendez-vous des prochaines semaines ?

Si nous, et je ne parle pas que de CARE, recevons un financement et des dons suffisants, le Pakistan pourra être plus réactif. Nous pourrions faire bien plus, élargir notre champ d’action, venir en aide plus rapidement à plus de personnes. Si la situation n’évolue pas, je n’ose imaginer ce qui pourrait arriver à ces millions de survivants qui n’ont toujours pas reçu d’assistance, et doivent lutter seuls.

 

Waleed Rauf et d’autres membres de l’équipe de CARE au Pakistan sont disponibles pour des interviews.

 

Contacts presse :

Thomas Schwarz (Islamabad) : Mobile: +92 307 50 777 31 / +49 160 745 93 61

Alexandra Banget-Mossaz (Paris) : 01 53 19 89 92 / 06 78 30 99 36, banget-mossaz@carefrance.org

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