09 septembre 2010

Face à la stagnation de l’aide financière, CARE et 5 autres ONG mettent en garde contre une crise sanitaire grave au Pakistan.

© Bill Kotsatos / CARE

A la veille de la réunion des ministres des affaires étrangères à Bruxelles le 10 septembre 2010, CARE France, Oxfam France, ACTED, Handicap International, Première Urgence et l’Aide Médicale Internationale alertent sur le fait qu’une importante crise de santé publique pèse aujourd’hui sur le Pakistan, frappé par des inondations destructrices depuis plus d’un mois et demandent à la France d’augmenter le montant de ses contributions.

Ces organisations soulignent que les financements ont stagné ces dernières semaines, alors que le nombre de malades, de personnes déplacées et de personnes affectées par les inondations continue d’augmenter chaque jour.

L'appel initial de l'ONU lancé pour pallier les besoins immédiats des six millions de Pakistanais a été financé à hauteur de 67%, avec une augmentation de seulement 10% ces deux dernières semaines. Au cours de cette même période, le nombre de cas de diarrhée aiguë, de maladies de peau, d’infections respiratoires graves et de potentielles infections au paludisme ont tous triplé.

Les maladies de peau sont passées de 260 000 à 860 000 cas, la diarrhée aiguë de 200 000 à 610 000 cas et les infections respiratoires graves de 200 000 à 670 000 cas.

L'appel de l'ONU a été préparé dans l’urgence, au début de la catastrophe et ne reflète plus les besoins actuels. Depuis qu'il a été lancé, le nombre de personnes touchées par les inondations est passé de 14 à 21 millions, dont dix millions de déplacés et huit millions de Pakistanais nécessitant une aide immédiate, les eaux ayant atteint le Sud et inondé une grande partie des provinces du Pendjab et de Sindh.

Les organisations présentes sur place soulignent que les deux secteurs les plus importants pour la prévention des maladies et les soins sont les moins financés. Le secteur de l’eau et de l’hygiène n’a été financé qu’à hauteur de 30%, et celui de la santé à hauteur de 50%. Rien que la semaine dernière, le nombre de personnes touchées par les inondations a augmenté de trois millions, alors que les taux de financements sont restés inchangés.

Jusqu’à présent, seulement 2,5 millions de personnes ont été approvisionnées en eau potable, indispensable pour empêcher la propagation de la maladie. Le manque de financement empêche les organisations de poursuivre leur travail sur place. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avertit que si la population affectée n'a pas un accès immédiat en eau potable et a du matériel d'hygiène, plus de six millions de nouveaux cas de diarrhée aiguë peuvent apparaitre dans des régions touchées par les inondations.

L'appel de l'ONU doit être actualisé la semaine prochaine. L'appel initial est susceptible d’être triplé, ce qui le porterait à 459.7 millions de dollars.

Les ministres européens doivent discuter de la crise au Pakistan lors d’une réunion, le 10 septembre à Bruxelles. Bien que quelques pays donateurs européens aient été généreux, d'autres sont en retard. Le Royaume Uni a répondu à l’appel initial en versant une aide de plus de 50 millions d’euros, et l’Allemagne 15 millions d’euros. Aucun autre pays européen ne dépasse les 10 millions d’euros et la France a quant à elle versé moins de deux millions d'euros.

Neva Khan, représentante d’Oxfam au Pakistan, explique : « Même en comptabilisant les engagements pris en dehors de l’appel de l'ONU, l'argent de l’aide ne représente que 40 dollars par personne sinistrée. En revanche, après le tremblement de terre qui a touché le Cachemire en 2005, les promesses de dons s’élevaient à 570 dollars par personne sinistrée le premier mois. »


CARE et ses partenaires sont opérationnels dans les provinces du Khyber Pakhtunkhwa (KP), du Punjab et du Sindh. La première phase d’intervention a permis d’atteindre plus de 90 000 personnes à travers le déploiement de cliniques mobiles et de centre de santé temporaires, la mise en place de session de formation à l’hygiène et à la santé . De plus CARE a distribué des abris, des biens de première nécessité, des sachets de purifications d’eau et gère 12 camps dans le Sindh. CARE prévoit de venir en aide à 300 000 personnes sur 18 mois.

Contacts presse :


CARE France : Fabienne Pouyadou / pouyadou@carefrance.org / 01 53 19 89 89
Oxfam France : Magali Rubino : mrubino@oxfamfrance.org / 01 56 98 24 45 / 06 30 46 66 04
ACTED : Adrien Tomarchio / Responsable communication et développement / adrien.tomarchio@acted.org / 01 42 65 33 33
Handicap International : Sylvain Ogier / 04 72 76 12 64
Première Urgence : Constance Martin / 00 33 1 55 66 99 66 / cmartin@premiere-urgence.org
AMI : Frédéric Mar / communication@amifrance.org /33 (0)1 41 50 59 90

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