21 octobre 2010

Les plus graves inondations depuis 1963 au Bénin loin de l’attention de la communauté internationale.

© Loetitia Raymond / CARE

Depuis 5 semaines, plus de la moitié des communes béninoises sont sévèrement touchées par des inondations

dues à une pluviométrie anormalement élevée, le double des pluies habituellement attendues à cette saison. La situation alarmante des 358 621 sinistrés, chiffre officiel, sous-estimé d'après l'UNDAC1 qui, après une évaluation par hélicoptère chiffre à 680 000 les personnes affectées, ne semble pas susciter l'intérêt de la communauté internationale qui reste silencieuse.

51 des 77 communes que compte le pays sont touchées

, et même les crues de 1963, restées dans les esprits comme la pire catastrophe qu’ait connue le Bénin ces dernières 50 années, n’avait pas causé autant de dégâts. Rotimy Djossaya, Directeur de CARE Bénin raconte : « Tous les anciens s’accordent pour dire que, de mémoire d’homme, ils n’ont jamais vu de telles inondations. »

« L’information n’est pas relayée dans la communauté internationale, comme si la récurrence des crues masquait l’aspect extraordinaire de la dernière, » s’inquiète Rotimy Djossaya. Des zones qui n’étaient pas considérées inondables ont pourtant été entièrement détruites comme le village de Kopto, commune de Zangnanado au centre du pays. Dans les zones lacustres, des milliers de personnes continuent à vivre les pieds dans l’eau, dans des cases faites de matériaux fragiles, enfouis depuis des semaines consécutives, sous parfois plus de 2m d’eau.

La question sanitaire est un objet majeur de préoccupation

, et tous les regards sont portés aujourd’hui sur la courbe inquiétante du nombre de cas de choléra qui ne cesse de monter. L’occupation des postes de santé, par les populations qui y ont trouvé refuge, paralyse l’accès aux soins dans un contexte de potentielles épidémies : les latrines ont été inondées déversant des eaux noires dans l’eau qui sert à se laver, manger et cuisiner. Environ 800 cas sont répertoriés à ce jour, dont 51 à Cotonou, et le chiffre grossi de jour en jour.

La pauvreté du pays renforce la problématique de l’accès aux soins

Dans une économie majoritairement informelle, les ménages qui ont perdu leurs stocks ne peuvent plus exercer d'activités génératrices de revenus, et par conséquence, s'offrir les consultations médicales, payantes au Bénin. Situation qui entraîne des comportements à risque, puisque les femmes pratiquent l'auto médicamentation pour soigner les diarrhées et fièvres des enfants, sans compter qu'elles paient à crédit pour le faire. « Les pluies continuent à tomber, la saison des pluies se poursuit, n'attendons pas que la situation se dégrade encore pour finalement ouvrir les yeux », alerte Rotimy Djossaya.

Présente dans les communes d’Aguégué, de Dangbo, Adjohoun, Bonou, Ouinhi et Zangnanado, pour faire face aux maladies hydriques et minimiser l’impact d’une éventuelle épidémie, CARE a démarré la distribution de pastilles de purification de l’eau, de savon, des moustiquaires imbibées et anime des séances de sensibilisation à l’hygiène auprès de 10 000 personnes. 10 000 enfants de moins de 5 ans et 2000 femmes enceintes sont aussi pris en charge contre la malaria. Par ailleurs, CARE commence la distribution de nourriture auprès de 10 000 personnes, avec 200 tonnes de maïs, 4000 l d’huile et 12,5 T de soja en attendant de soutenir les populations dans la consolidation de leur habitat.

CARE a augmenté son appel aux fonds initial à 2,5 millions d’euros

pour atteindre 100 000 personnes avec la distribution de nourriture, tablettes de purification, kits de renforcement pour les abris et autres biens de première nécessité.

Des photos et des témoignages de bénéficiaires sont disponibles, et les interviews possibles avec l'équipe de CARE Bénin.

Contacts presse

Loetitia Raymond (Bénin) :

Mail : raymond@carefrance.org

Tél: +229 98122379, +33 678309936

Alexandra Banget-Mossaz (France) :

Mail : banget-mossaz@carefrance.org

Tél : +33 1 53 19 89 92

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