29 novembre 2010

COP16 - CARE appelle les dirigeants à s’engager plus fortement à Cancun.

© Mark Phillips / CARE

Alors que la conférence des Nations Unies sur le changement climatique va débuter à Cancun dans quelques jours, CARE appelle à une forte pression pour accélérer les négociations. « Les personnes du monde entier se demandent si le processus enclenché par les Nations Unies est mort. Nous ne le pensons pas. Mais nous avons besoin d’une impulsion et d’une volonté politique fortes pour arriver à un accord qui réduira les risques pour les plus pauvres et les pays en voie de développement », déclare Poul Erik Lauridsen, coordinateur pour le plaidoyer relatif au changement climatique de CARE. « A l’heure actuelle, cette impulsion est faible ».

Un rapport récent des Nations Unies* montre que les accords de Copenhague – issus de la conférence sur le changement climatique de l’an dernier – pourraient mener la planète à des changements catastrophiques, étant donné que les réductions sur lesquelles les Etats se sont mis d’accord ne représentent que 60% de ce qui est nécessaire pour éviter une hausse des températures mondiales au-delà de 2°C. Au COP 16, les négociateurs et les dirigeants politiques devront trouver un moyen de réduire les 40% restant d’émissions (l’équivalent de 9 gigatonnes de CO2).

« Nous sommes à un tournant historique. Le monde doit, de toute urgence, relever le défi du changement climatique. Si notre génération n’entreprend aucune action avant qu’il ne soit trop tard, les générations futures en souffriront – cela a déjà un impact sur la vie des populations les plus vulnérables. Les dirigeants politiques doivent se rendre compte que s’ils n’agissent que dans une faible mesure durant les négociations, cela ne fera que maintenir la pauvreté », affirme le Dr. Robert Glasser, Secrétaire général de CARE.

Peu d’organisations humanitaires présentes au sommet sur le climat des Nations Unies, la semaine prochaine, s’attendent à ce qu’un accord complètement juste, ambitieux et juridiquement contraignant soit adopté à Cancun. Cependant, le succès de l’accord du sommet des Nations Unies sur la Biodiversité qui a eu lieu récemment au Japon et du Protocole Nagoya, démontre que le processus enclenché par les Nations Unies peut donner des résultats, si la volonté et l’impulsion politiques répondent présent. Dans le domaine du changement climatique, CARE pense que la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est aujourd’hui la structure internationale la plus appropriée pour arriver à un accord mondial sur les changements climatiques qui sera appliqué au bénéfice des pays en voie de développement les plus pauvres.

« Les pays du G20 doivent encourager le développement et la mise en œuvre de l’accord post-2012 et la stimulation d’une économique écologique », indique Poul Erik Lauridsen. « Mais le G20 ne représente pas les pays les moins avancés et les Etats insulaires de faible altitude qui sont les plus touchés par les changements climatiques. Leur participation est cruciale, notamment quand il s’agit de la mise en place de financements pour l’adaptation et la mise en œuvre, et ils doivent être inclus dans les négociations pour arriver à un accord final juste et socialement équitable ».

CARE pense que le COP 16 doit déboucher sur des résultats concrets sur l’adaptation des pays en voie de développement et sur la protection des forêts tropicales via la réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD), ainsi que l’établissement d’un financement global lié aux changements climatiques. L’objectif principal de CARE au sommet sera de plaider en faveur des droits et besoins des populations les plus vulnérables en lien avec l’adaptation et REDD.

« Les personnes en situation de pauvreté extrême ne portent pas la responsabilité des impacts négatifs du changement climatique – et pourtant, ce sont les personnes les plus exposées à ce phénomène. » indique le Dr. Robert Glasser. « Les décisions prises à l’UNFCCC de Cancun doivent aborder la question des droits et besoins des plus vulnérables – en particulier, les femmes et les filles pauvres et autres groupes marginalisés. »


Contact médias :

Olivier braunsteffer – Directeur des programmes de CARE France – 01 53 19 89 88 - braunsteffer@carefrance.org

Plus d’information sur CARE et le changement climatique : www.careclimatechange.org

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* Rapport UNEP : http://www.rona.unep.org/