06 décembre 2010
© Mildrède Béliard / CARE

Dans la grande cour du Collège Rémy Jean Lemec, ils sont plus d’une centaine à attendre dans un joyeux brouhaha. Enfants et parents, tout le monde semble se connaître et des petits groupes se forment. On lit l’impatience sur le visage des enfants.

Agés de 6 à 12 ans, ces enfants connaissent déjà certains membres de l’équipe CARE qu’ils ont rencontrés, soit pendant les séances psychosociales, soit pendant les séances d’animation avec les clowns, deux projets menés par CARE.

Les membres de l’équipe psychosociale arrivent et les enfants s’assoient pour suivre les instructions. « On va vous appeler par votre nom. Vous devrez alors vous mettre en rang. Dès que vous recevrez votre cartable, vous pourrez allez rejoindre vos parents. »

Les filles passent en première et se mettent en rang au fur et à mesure qu’on les appelle.

Barbara Clervil a huit ans. « Je ne sais pas ce qu’il y a dans le cartable mais au moins avec le cartable, je pourrai enfin aller à l’école ».

Pour la majorité de ces enfants, le cartable est l’élément principal : « C’est le même modèle que celui vendu dans les rues et les magasins mais ma mère n’a pas les moyens de l’acheter. Je vais enfin avoir un beau sac neuf pour aller à l’école », explique Angelène Cherestal, 9 ans.

Certains de ces enfants sont retournés à l’école depuis une semaine déjà mais la plupart attend encore, faute de moyens. Les frais scolaires, les livres, les cahiers, les uniformes et le cartable d’école sont autant de dépenses que beaucoup de parents ne peuvent pas se permettre, surtout après avoir tout perdu le 12 janvier.

« Rien ne vaut le plaisir que l’on voit dans les yeux de ces enfants » affirme Mickeline Desulma, la directrice de l’établissement scolaire qui a accueilli la distribution.

Barbara, Angelène et tous les autres enfants, les yeux pleins d’espoir en arrivant, sont reparties avec un radieux sourire. Pour elles et tous les autres enfants présents ce jour-là, c’était Noël avant décembre. « Je n’ai jamais vu autant d’enfants heureux de ma vie », a confié Johnny Colt, journaliste free-lance qui assistait à cette distribution.